Aujourd’hui, 140 pères synodaux ont signé un nouveau pacte des catacombes, « pour donner vie à cette Église ‘servante et pauvre’ voulue à l’époque par Jean XXIII et, cinquante ans plus tard, par son successeur François ». Malheureusement, cela ressemble à des vœux pieux. La réalité est bien différente. Un correspondant d’AM Valli, qui connaît bien la situation de l’intérieur nous explique à son tour pourquoi les finances du Vatican sont dans une situation catastrophique et pourquoi les scandales succèdent aux scandales – dernier en date, le « départ » précipité de Domenico Giani.

Comme je voudrais une Eglise pauvre pour les pauvres…

Vatican. Voilà pourquoi les comptes ne tombent jamais juste.

J’ai reçu de RCB (Revisore dei Conti Bergogliani, pseudonyme derrière lequel se cache une personne bien informée) un article utile pour comprendre pourquoi, sous l’angle économico-financier, entre réformes bloquées, d’autres qui ne se sont jamais produites, enquêtes et soupçons, la situation au Vatican semble proche de la faillite et il n’existe aucune issue à cette crise.

AMV


Je vais essayer de m’expliquer de façon concise et simple. Partons d’une prémisse. Là où il y a beaucoup de bien, le mal essaie de pénétrer pour le contrer et l’argent est une bonne excuse et un excellent moyen. Là où il y a beaucoup d’argent, tout le monde voudrait s’en occuper, en prétendant évidemment le faire pour le bien commun. En confirmation de cela, au Vatican, ceux qui s’occupent d’argent ont souvent peu de compétence et s’entourent de personnes qui, tout en parlant d’un « esprit de service » pour l’Église, s’avèrent être avides.

C’est complexe à expliquer et peut-être difficile à croire, mais derrière les murs du Vatican, il semble y avoir plus de bureaucrates que de saints. Il ne faut pas s’en étonner puisque trois papes en ont parlé : de Léon XIII à Paul VI et à Benoît XVI. Et les quelques saints qui sont là semblent bloqués par la peur, ils ressemblent plus à des lapins qu’à des lions. Le bienheureux Rosmini l’avait déjà expliqué au milieu du XIXe siècle dans son livre dénonçant Les Cinq Plaies de l’Église catholique, ce qui lui coûta censure et suspension. Mais les blessures n’ont jamais vraiment été guéries, au contraire. Récemment, Mgr Carlo Maria Viganò l’a reconfirmé, ce qui lui a valu l’exil, la marginalisation, la diffamation.

Benoît XVI a tenté de moraliser les finances du Vatican en appelant Ettore Gotti Tedeschi à présider l’IOR et le Cardinal Attilio Nicora à présider l’organe de contrôle financier (l’AIF), leur demandant de faire preuve de transparence d’une manière « exemplaire ». Sitôt dit sitôt fait, Gotti Tedeschi et Nicora, tous deux motivés et compétents, se sont mis au travail, mais dès que le projet de « transparence exemplaire » (loi anti-blanchiment et systèmes de contrôle) a été sérieusement lancé, tous deux ont été la cible de tirs amis et ennemis, puis isolés et éliminés.

Comme le premier était un banquier intransigeant et le second un saint homme intransigeant, juriste et expert en finance, chacun a agi selon son style et ses compétences, et tous deux, Gotti Tedeschi et Nicora, après avoir été criblés de balles, ont demandé que la lumière soit faite, c’est-à-dire qu’il y ait une enquête.

Benoît XVI ordonna alors une commission d’enquête (la fameuse commission formée par les cardinaux Herranz, Tomko et De Giorgi) et le résultat fut qu’après quelques mois le pape régnant annonça rien de moins que la renonciation au pontificat.

Il n’a jamais été possible de savoir ce qui s’est réellement passé entre fin 2011 et début 2012, lorsque certaines personnes à l’intérieur de la curie, aidées par d’autres à l’extérieur, ont modifié la loi anti-blanchiment, ainsi que les procédures et le rôle de l’autorité de contrôle, et ont tout fait sans informer le pape et en utilisant des systèmes d’intimidation jamais vus auparavant.

Et que s’est-il passé jusqu’en février 2013, jusqu’à la démission du pape Ratzinger? Benoît a transmis à son successeur tous les papiers nécessaires pour comprendre, mais ces papiers n’ont probablement jamais été lus. Et en fait, même si l’image que l’on voulait donner au monde extérieur était celle de la rigueur, les choses se sont progressivement dégradées.

Si les comptes ne tombent pas juste, si les scandales se succèdent et ne font pas signe de diminuer, qui peut croire aux prétendues réformes faites ou à la volonté de les faire ?

A partir de mars 2013, le nouveau pape, personnellement et directement, nomme les nouveaux responsables et organise de nouvelles structures opérationnelles. Le premier nommé est le cardinal Pell, à qui le pape confie le ministère des finances. Pell enquête alors et demande une analyse approfondie, mais lui aussi, tout comme Gotti Tedeschi et Nicora, se retrouve dans la ligne de mire de quelqu’un: même si les accusations de pédophilie portées contre lui ne tiennent pas debout, il est renvoyé en Australie pour y être jugé et ainsi il est éliminé.

Mais cela ne suffit pas. Le nouveau président Ior (nommé en 2013) démissionne après quelques mois, et le nouveau directeur général adjoint de l’institut est chassé au bout d’une petite année en même temps que le responsable du responsable du contrôle des comptes, à son tour démis de ses fonctions et même faisant l’objet d’enquêtes et de rapports.

Les titres des journaux pro-Bergoglio expliquent ces événements ainsi: « Pauvre pape, ils ne le laissent pas faire les réformes, ces méchants de catholiques traditionalistes… », mais est-ce vraiment le cas ?

J’ai promis d’être bref et je vais donc aller droit au but. Les institutions économiques et financières du Saint-Siège (Ior, Apsa, Secrétairerie d’État, fondations vaticanes et du Saint-Siège) peuvent faire fonction de paradis fiscaux. Pour que cela ne se produise pas, ils doivent se soumettre à des lois précises, garanties par des procédures adéquates et soumises à une autorité de contrôle indépendante et qualifiée. Dans notre cas, il s’agit de l’AIF, dont le directeur général, comme vous le savez, a récemment fait l’objet d’une enquête, dans le cadre d’une affaire qui a également coûté son poste au commandant de la gendarmerie Domenico Giani.

Maintenant, je vous invite à réfléchir. Même si l’on suppose qu’une institution de l’Église, en tant que telle, a à son sommet des personnes ayant la plus haute éthique personnelle, capables de s’entourer de professionnels de la plus haute moralité, la réalité est malheureusement toute autre. Et le pontificat actuel ne fait pas exception. Au contraire, comme on l’a écrit, le pape a essayé de soigner les finances en les faisant opérer dans des « cliniques » en Suisse, au Luxembourg et au Liechtenstein. C’est-à-dire, en revenant aux anciennes méthodes.

Venons-en au fait. Le pontife actuel veut-il vraiment rendre l’Église exemplaire du point de vue éthique? Malheureusement, les faits disent non. Aujourd’hui, c’est la confusion qui règne, pas l’efficacité. Le soupçon, pas la transparence.

Et comment une Église, dans ces conditions, peut-elle évangéliser? Ils disent: nous voulons une Église pauvre. Mais en dehors du fait qu’une Église pauvre en ressources ne peut aider personne, il y a ici une pauvreté de crédibilité.

A Naples, on dit : le poisson pue de la tête. Il me semble qu’il s’agit d’une synthèse efficace.

Réviseur des comptes bergogliens

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