Je trouve sur le blog MIL un lien vers un billet assez étonnant, en tout cas différent de ce que l’on entend ou lit ailleurs. Etonnant surtout par sa signature, qui n’est autre que celle du vaticaniste « émérite » de La Repubblica, Marco Politi, en son temps infatigable contempteur de Benoît XVI, et depuis lors devenu très probablement tout aussi infatigable défenseur de François (du moins, j’imagine, car je ne le suis plus depuis longtemps).

Petite remarque personnelle: il y a presque douze ans jour pour jour, on nous parlait des conversions en masse, de l’affluence dans les églises pour assister à la messe, des longues files d’attente devant les confessionnaux. C’était l’effet Bergoglio, nous disait-on. On respirait enfin, après la parenthèse de la chape de plomb ratzingérienne.
Et douze ans plus tard, voilà tout ce qu’il en reste.
Ce n’est peut-être pas le moment d’être cruel mais…
Sic transit gloria mundi…

Le pape François est entré dans un tunnel, mais les croyants ne veulent pas le croire

il Fatto quotidiano
Marco Politi
25 février 2025

(…)

C’est un jour de tension extrême. … A 11 heures du soir, pas une âme n’est visible sous les fenêtres de Bergoglio. Un seul fidèle est assis devant la statue de Jean-Paul II, regardant vers le dixième étage où François se repose peut-être. Il est venu avec un groupe de ses paroissiens du sud de Rome, mais ils sont partis. Il est maintenant seul. Il est le seul à veiller sur le pape de 88 ans, à prier ou simplement à méditer. Cet homme d’une quarantaine d’années avoue qu’il s’attendait à ce qu’il y ait plus de monde.

À l’époque de Jean-Paul II, dit-il, il avait tout suivi sur les écrans de télévision et ce n’est qu’au moment de sa mort qu’il s’était précipité sur la place Saint-Pierre. « Aujourd’hui, comme je vis dans le coin et que l’état du pape François n’est pas très bon, j’ai ressenti le besoin d’être ici pour au moins dire une prière ». À 23h30, deux jeunes femmes arrivent également. L’une prend des photos, tandis que l’autre va s’asseoir à côté du croyant solitaire. Tous méditent en silence.

Même dans la journée, les groupes de croyants venus exprimer leur proximité avec François – rapportent les journaux – ne se comptent qu’en dizaines.

Où sont les homosexuels qu’il a accueillis pour la première fois dans l’Église en tant que citoyens à part entière ? Où sont les femmes qui (malgré les nombreux zigzags de la ligne bergoglienne) ont obtenu le droit de vote lors d’un synode des évêques pour la première fois en 1700 ans et ont été nommées par le pape argentin à des postes de premier plan au sein de la Curie ? Où sont les pauvres, les migrants, les marginaux auxquels il a consacré son pontificat ? Où sont les couples d’hommes et de femmes croyants, divorcés et remariés, qui ont enfin pu s’approcher de l’autel pour prendre la communion que Wojtyla et Ratzinger leur avaient refusée ?

Peut-être est-ce l’amnésie d’un tissu social, prêt à exprimer son consentement par un « like » plutôt qu’en se bougeant les jambes. Ou peut-être est-ce le signe d’un grand éloignement temporaire. On ne veut pas croire ce mot glacial : « pronostic réservé ». Ce qui laisse ouverte n’importe quelle issue au tunnel. Entre-temps, des histoires empoisonnées fleurissent : « Il est déjà mort depuis une semaine et ils ne veulent pas le dire ». Et de fausses images circulent sur internet : Bergoglio tout de blanc vêtu, zucchetto sur la tête, allongé sur un fauteuil, le visage recouvert d’un masque à oxygène.

(…)

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