Je crois intéressant de reproduire ici cette réflexion de Marco Tosatti: ex-vaticaniste de La Stampa, en retraite depuis quelques années (ce qui lui confère une certaine liberté), c’est un habitué des « Palais sacrés », un initié de longue date, il connaît bien le pape (qu’il ne ménage pas!) et j’imagine qu’il dispose d’ « entrées » dans les milieux de la Curie. Bref, son avis est autorisé, comme on dit.
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Il confirme en particulier l’intuition que l’heure est très grave, et la situation inquiétante – pour François, mais surtout pour l’Eglise.
Et aussi qu’un voile opaque de dissimulation recouvre le 10ème étage de la polyclinique Gemelli, au point que même les médecins, même les cardinaux (qui devraient pourtant être les premiers informés) NE SAVENT RIEN.
Etrange situation, au terme d’un pontificat qui avait fait de la parésie son mot d’ordre et son étendard.

Les inconnues de l’après-Gemelli.

Quel pape, quel gouvernement pour l’Eglise?

Plus d’un mois après l’hospitalisation de Jorge Mario Bergoglio, les interrogations sur sa personne et sur l’avenir de l’Eglise se multiplient.

Certaines questions sont d’importance primordiale: quel pape sortira de l’hôpital Gemelli et quand ? Et quel type de gestion de l’Église sera possible pour lui ?

Les médecins de Gemelli, à ce jour, n’ont tenu qu’une seule conférence de presse en quatre semaines. Depuis, les informations se limitent à des bulletins – maigres et répétitifs – publiés tous les deux jours.  Le pauvre porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni, a la tâche peu aisée de présenter aux journalistes ce qu’on lui dit au dixième étage.
Un collègue admet:

« C’est toujours la même chose , la nuit, oxygène avec un masque, le jour, oxygène à haut débit avec des canules. Son état s’améliore, l’image reste complexe, il ne voit personne ».

Ou presque. L’opinion dominante parmi les collègues qui suivent la situation au quotidien est que cette bulle d’impénétrabilité est une volonté expresse de Bergoglio. Le silence n’a été rompu que par les brèves paroles en espagnol, – une voix étrange et méconnaissable – et la photo d’il y a quelques jours..

Connaissant le pontife en titre, on peut facilement imaginer sa mauvaise humeur face à cette situation. Ceux qui le connaissent savent qu’il était facilement sujet à des accès de colère et à des sautes d’humeur lorsqu’il allait bien. Imaginons aujourd’hui! Donc, silence complet ou presque.

Mais ce qui est singulier, c’est que c’est un silence qui concerne tout le monde, aussi bien à l’intérieur de Gemelli, où même des personnalités médicales de premier plan professent une ignorance totale de ce qui se passe au sommet de l’édifice, qu’au sein du Collège des cardinaux. Des sources très fiables me signalent que des cardinaux de la Curie tentent de s’informer en s’adressant aux journalistes. Et dans une situation de crise comme celle-ci, le Collège des cardinaux devrait – en théorie – être habilité et informé.

Certaines rumeurs faisaient état de l’intention des médecins – si tout se passait bien – de permettre au pape Bergoglio de quitter l’hôpital avant Pâques. Mais ces derniers jours, cette possibilité semble s’être évanouie.

La grande question est celle des suites. Si les difficultés respiratoires autonomes persistent, il n’est pas exclu que le pape soit terrorisé par la possibilité d’être condamné à une forme d’invalidité permanente..

On en revient donc aux deux questions fondamentales : quel pape, et quel gouvernement ? 

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