En principe, on ne devrait rien savoir, puisqu’elles sont par nécessité secrètes. Un cardinal qui veut profondément le bien de l’Eglise ne va pas se répandre (sans même la précaution de l’anonymat, comme le cardinal Bustillo, très bavard -il me semble) en confidences auprès de journalistes souvent hostiles à l’Eglise,uniquement en quête de scoop, quand ce n’est pas de scandales.
Mais il y a le Bureau de presse, qui diffuse chaque jour un bulletin, pour résumer les débats. Et ces communiqués « officiels » sont tout sauf neutres. C’est ce que dénonce ici un des rédacteurs de Silere non possum, qui parle même de « censure ».

Onzième Congrégation.

La censure du Bureau de presse

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Image Silere non possum

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Les congrégations générales

La dixième Congrégation générale s’est tenue ce matin [lundi] à 9 heures. L’après-midi, à 17 heures, la onzième Congrégation générale s’est déroulée, toujours dans la Nouvelle Salle du Synode. Les cardinaux, réunis sous la conduite du cardinal doyen, ont poursuivi leur discussion fraternelle et confidentielle sur l’état de l’Église universelle et le profil du futur pontife.

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La censure continue

Dans la soirée, des cardinaux ont confié à Silere non possum un mécontentement grandissant : le Bureau de presse du Saint-Siège continue de sélectionner de manière ciblée et partiale les sujets à communiquer au public.

Les communiqués officiels, en effet, rapportent exclusivement les thèmes chers à un certain courant ecclésial, ceux-là mêmes qui ont marqué et orienté la dernière décennie du pontificat, et qui sont systématiquement reproposés par un petit groupe de cardinaux.

Un tout autre traitement est réservé à des questions bien plus dérangeantes et urgentes, soulevées dans la Salle mais régulièrement censurées dans les rapports officiels : la doctrine, la dérive relativiste, les graves ambiguïtés du pontificat précédent, les risques concrets que l’Église court dans un avenir proche.

Comme le constate avec amertume un cardinal : 

« Nous sommes désormais confrontés à une véritable censure. Même dans les régimes dictatoriaux les plus éhontés, l’information n’est pas manipulée de la sorte ».

À cela s’ajoutent des épisodes déconcertants qui signalent un climat de superficialité et de mépris. Lors du discours du Cardinal Joseph Zen, témoin des souffrances de l’Eglise en Chine, certaines personnes présentes ont ri ouvertement. En particulier, l’archevêque [de Naples] Domenico Battaglia s’est fait remarquer en ricanant avec nonchalance [en français dans le texte]. Une attitude jugée par beaucoup comme totalement déplacée, surtout quand on considère l’état dramatique du diocèse napolitain qu’il dirige. 

Un autre cardinal, écœuré, commente:

« Il faudrait lui demander de quoi il rit, vu que Naples coule aussi à cause de lui »

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