Eglise apostolique ou Eglise synodale; un « ou » exclusif

30 Mai 2025 | Nouveau pape

Le Wanderer, qui assume de plus en plus résolument son soutien à Léon XIV dans le monde des catholiques fidèles à la tradition, s’efforce de rassurer ceux qui s’inquièteraient des premiers gestes de gouvernement du pape (tout en reconnaissant que certaines de ses projections relèvent de la futurologie!).
En premier lieu, il y a la nomination d’une religieuse comme secrétaire du synode, qui contredit toutes les règles du droit canonique en vigueur. Et n’oublions pas que Léon XIV est canoniste.
Mais il y a aussi, son intention (ou pas) de poursuivre la voie synodale sous la forme indiquée par son prédécesseur: en réalité, dit le Wanderer, les synodes ont toujours fait partie de la vie de l’Eglise, et c’est l’interprétation de François qui est toxique

Continuer avec l’ « Église synodale » franciscaine et allemande, c’est tout simplement dénaturer l’Église catholique.

Celle-ci a été établie par Notre Seigneur sur le fondement des apôtres et de leurs successeurs qui sont les évêques. Ce sont eux qui ont le munus ou pouvoir de gouvernement, qu’ils peuvent déléguer aux prêtres qui participent au sacrement de l’ordre.

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Mais ni les religieuses ni les laïcs n’ont reçu ce munus, ils ne peuvent pas gouverner l’Église.

Ceci est établi par la théologie et le droit. 

Église apostolique, ou bien synodale

L’une des questions les plus urgentes et certainement les plus complexes que le pape Léon devra résoudre est celle de la fameuse synodalité
Il est canoniste et homme de gouvernement et sait donc que poursuivre sur la voie d’une église synodale que François avait ouverte de manière irresponsable conduirait à la catastrophe.

(…)

Le ius regendi, ou le pouvoir de gouverner, est donné par le sacrement de l’ordre. Autrement dit, seuls ceux qui ont reçu ce sacrement peuvent accomplir des actes de gouvernement valides au sein de l’Église. Par conséquent, ni les laïcs ni les religieuses ne peuvent gouverner. Et ce n’est pas une question de mode, c’est une question profondément théologique qui a été réaffirmée avec force par le Concile Vatican II.

La poursuite de la synodalité « franciscaine » signifiera la démocratisation de l’Église à tous les niveaux. Par exemple, ce seront les laïcs, ou les dames de la paroisse, qui détermineront ce que le prêtre doit prêcher à la messe et à qui il peut ou ne peut pas donner la communion ; ce seront les laïcs engagés qui détermineront, avec un groupe d’évêques et de prêtres progressistes et effrayés, ce qui est un péché et ce qui ne l’est pas, et ainsi de suite, nous pouvons ajouter un bon nombre d’exemples.

Le Pape Léon le sait bien mieux que nous tous et je sens que la correction de ce “lío” que nous a laissé Bergoglio sera l’une de ses priorités immédiates.

Et je me base sur certains signes qui, bien sûr, peuvent être mal interprétés, mais je me permets de donner mon avis.

Bien qu’au cours des trois semaines qui ont suivi son élection, le Saint-Père ait fait quelques allusions à la synodalité, celles-ci ont été peu nombreuses et beaucoup moins intenses que ce à quoi beaucoup s’attendaient.

N’oublions pas non plus un fait important. Il a été élu le jeudi 8 mai ; le lundi 12, il avait déjà sur son bureau une lettre [ndt: voir Les « meneurs » du Synode veulent apprendre au Pape à faire le Pape] – d’ailleurs ouverte – du Secrétariat du Synode dans laquelle on lui « demandait » en termes obséquieux de continuer avec l’« Église synodale ». Il s’agissait manifestement d’une forte pression publique.

Cependant, le dimanche suivant, dans son homélie de la Messe du début de son ministère pétrinien, qui était en quelque sorte un sermon programmatique, il n’a jamais mentionné le mot « synodalité ». Il l’a fait le lendemain, il est vrai, dans une réunion beaucoup plus restreinte et dans un contexte différent – il devait jeter un os aux synodaux – mais il est très significatif qu’aucune référence n’apparaisse dans l’homélie.

L’autre fait, qui relève plutôt de la futurologie, est ce qui s’est passé avec la nomination de Sœur Tiziana Merletti [ndt: le Wanderer l’appelle ironiquement « la religieuse de l’énnéagramme », explication ici, par le même Wanderer: Léon XIV, deux semaines après] comme secrétaire du dicastère pour les religieux.

Ce qui est étrange, très étrange, c’est que dans ce corps, le « préfet » est déjà une religieuse. Et la question est très grave : si le droit établit au canon 129 que:

§ 1. Au pouvoir de gouvernement qui dans l’Église est vraiment d’institution divine et est encore appelé pouvoir de juridiction, sont aptes, selon les dispositions du droit, ceux qui ont reçu l’ordre sacré. 

www.vatican.va/archive/cod-iuris-canonici

et que Vatican II dans Lumen gentium (constitution dogmatique) affirme que

La consécration épiscopale, avec la charge de sanctifier, confère aussi les charges d’enseigner et de gouverner…. « .

… il s’ensuit que tous les actes de gouvernement exercés par Sœur Simona Brambilla, « préfète » du dicastère, sont nuls et non avenus. Et quiconque s’en estimerait lésé peut recourir aux tribunaux canoniques.

Un vrai désastre, un “lío” dans lequel François s’est vautré de manière irresponsable.

Face à cette situation, il est possible que Léon XIV ait décidé de nommer Sœur Tiziana Merletti comme secrétaire parce qu’il va bientôt démettre Bambrilla de son poste de « préfet » et qu’il ne pourrait évidemment pas la rétrograder à un poste inférieur au sein du même dicastère. Peut-être la nommera-t-il « intendante » des cuisines du Vatican, ou « gouverneur » de la confection liturgique pontificale [!!!]. Et sa place sera prise par celui qui est maintenant pro-préfet, le salésien Ángel Fernández Artime.

Si un scandale n’éclate pas avant, car il ne me semble pas que le pape procède à des changements brusques, encore moins à des postes aussi élevés de la Curie. Nous verrons bien. Ce n’est qu’une question de temps.

Cela ne signifie pas, bien sûr, que le pontife va dissoudre le synode, et il n’a pas besoin de le faire. Les synodes et la synodalité ont toujours fait partie de la pratique de l’Église ; c’est seulement qu’ils doivent être compris à la lumière de la Tradition et non selon les fantasmes bergogliens et germaniques.

Nous pouvons nous tourner, bien sûr, vers les exemples des Églises orientales qui, toutes, y compris celles en communion avec Rome, ont leurs « saints synodes » qui les gouvernent ; nous pouvons nous tourner vers les exemples historiques du premier millénaire, où la tenue de synodes provinciaux était une pratique courante, et l’était particulièrement dans les Églises espagnoles jusqu’à l’invasion musulmane.

Mais pour ceux qui craignent ce qu’ils appellent à tort « l’archéologie », revenons à ce que le Concile de Trente a prescrit : la tenue de synodes provinciaux tous les trois ans. qui établirent, parmi beaucoup d’autres dispositions, l’imposition de la résidence obligatoire pour le clergé, l’établissement de normes liturgiques et disciplinaires claires, la réorganisation des paroisses et la limitation des abus, et la création de séminaires selon les nouvelles normes tridentines. Bref, les synodes, en plus d’être très catholiques, sont aussi très tridentins. Mais, comme chacun peut le deviner, dans ces cas-là, il s’agissait d’affaires sérieuses, et non de la confrérie que Bergoglio a transformée.

Continuer avec l’ « Église synodale » franciscaine et allemande, c’est tout simplement dénaturer l’Église catholique. Celle-ci a été établie par Notre Seigneur sur le fondement des apôtres et de leurs successeurs qui sont les évêques. Ce sont eux qui ont le munus ou pouvoir de gouvernement, qu’ils peuvent déléguer aux prêtres qui participent au sacrement de l’ordre.

Mais ni les religieuses ni les laïcs n’ont reçu ce munus et donc, au-delà du cléricalisme que les progressistes peuvent revendiquer, ils ne peuvent pas gouverner l’Église. Ceci est établi par la théologie et le droit. 

C’est pourquoi la question se résume au fait que, si l’ « église synodale » de François continue, l’ « église apostolique » de Jésus-Christ disparaîtra.

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