Le père Santiago Martin, l’un des « influenceurs » (les vrais) dont notre curé de la Pampa fait l’éloge, explique comment les ennemis du pape Léon, sous couvert de bonnes intentions, sèment des chausse-trappe sous ses pieds pour le faire trébucher. Dernière en date, une vraie-fausse interview informelle d’un cardinal ayant participé au dernier conclave (j’ai traduit l’article ici: Les (fausses?) confidences d’un cardinal-électeur)
Des bombes sur le chemin de Léon
par le Père Santiago Martín
La mission que s’est imposée le pape Léon XIV n’est pas seulement nécessaire et difficile, mais elle frise le miracle. Il a hérité d’une Église divisée, déchirée par des haines profondes, et s’est donné pour tâche de tout mettre en œuvre pour la réunir.
Depuis plusieurs semaines, je souligne les obstacles que lui opposent ceux qui ne veulent pas que cette unité se réalise, ceux qui veulent que le pape échoue dans sa mission parce qu’en réalité, ce qu’ils veulent, c’est que l’Église se brise en mille morceaux pour se partager la partie la plus juteuse de ce qui reste d’elle. Semaine après semaine, je me consacre à mettre en évidence les bombes qu’ils posent et qui, comme des mines qui pavent une route, explosent sous ses pieds.
La semaine dernière, je faisais référence, entre autres, à la publication par la Conférence épiscopale allemande d’un benedicite pour les couples irréguliers, que le cardinal de Cologne [Woelki] a rejeté, affirmant que cela allait à l’encontre de ce que l’Église permet, mais que ses auteurs ont défendu en disant qu’il avait l’approbation du cardinal Fernández, préfet de la Doctrine de la foi.
Ils placent le Pape dans la position difficile de donner raison à son ministre chargé de préserver la fidélité au dogme ou à un cardinal qui rejette ce que ce dernier a approuvé parce qu’il le considère comme hérétique. Ils lui demandent donc de se prononcer en faveur de l’un ou l’autre, sans lui laisser le temps de mûrir les nominations qu’il doit faire pour s’entourer d’une équipe qui le soutiendra dans la recherche de l’unité souhaitée. C’est ce que j’appelle une bombe.
Cette semaine, une autre a explosé, différente, mais tout aussi dangereuse. Un article signé par Helder Red, publié dans « Rome Today » et largement diffusé, raconte ce qui s’est passé lors du conclave.
Selon l’auteur, qui cite comme source un cardinal qui a assisté au conclave, sans le nommer, le cardinal Prevost serait le candidat choisi par le pape François pour lui succéder. Il affirme que le pape était conscient qu’on était au bord du schisme et qu’il était nécessaire que quelqu’un de libéral mais plus modéré lui succède, quelqu’un qui consoliderait les progrès accomplis, quelqu’un qui apaiserait les conservateurs et ouvrirait la voie au prochain pape qui conduirait l’Église vers un synodalisme plus radical, l’ordination des femmes ou la légitimation morale de tous les types de relations sexuelles.
L’auteur affirme que le candidat de la gauche libérale était le cardinal Parolin et que, face à la division, c’est le cardinal Hollerich – qu’il qualifie de « créature de Bergoglio » – qui a demandé à la majorité libérale de s’unir autour de Prevost, qui a donc été facilement élu.
Deux cardinaux qui ont participé au conclave m’ont assuré, sans fournir d’autres détails qui pourraient compromettre leur obligation de secret papal, que ce récit est une pure fiction et qu’il a un but malveillant. Il est facile de comprendre quel est cet objectif : apaiser les libéraux, déconcertés par le pape Léon, et semer le doute parmi les conservateurs qui lui ont fait confiance et lui apportent tout leur soutien.
C’est une nouvelle bombe pour le pontife, car elle sème la méfiance à son égard, en le présentant comme faisant partie d’un prétendu plan ourdi par François pour amener l’Église à rompre avec les enseignements de la Parole de Dieu et de la Tradition. Ils cherchent à lui nuire, à lui aliéner les conservateurs et à rendre aussi difficile que possible la tâche de réaliser l’unité que le Christ lui a demandé d’atteindre.
Heureusement, le pape Léon suit sa propre voie, en tendant la main au cardinal Burke – qu’il a récemment félicité et loué – et au cardinal Maradiaga – qu’il a reçu en audience cette semaine.
Et, surtout, il insiste sur le fait que nous ne devons pas nous tourner vers lui, en tombant dans une sorte de « papolâtrie », mais que nous devons nous tourner vers le Christ, qui est celui que nous devons tous suivre. C’est ce qu’il a dit aux milliers de jeunes qui ont afflué au Jubilé, lors de la première rencontre qu’il a eue avec eux, avant les actes finaux du Jubilé, qui se tiendront ce week-end. L’enthousiasme de ces jeunes et leur soutien au Pape ont été spectaculaires et ont donné un avant-goût de ce que devrait être une Église unie, car parmi eux se trouvaient aussi bien des jeunes issus de milieux conservateurs que des jeunes qui avaient répondu à l’appel d’institutions ou de diocèses plus libéraux. Ils ont applaudi le pape comme jamais depuis l’époque de saint Jean-Paul II [le père Santiago a-t-il oublié les JMJ de Madrid et l’extaordinaire veillée de prières sur l’aéroport des 4 Vents??], et celui-ci a répondu en montrant le Christ, comme il se doit.
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