Les temps changent… même au Vatican

3 Juin 2026 | Actualités

C’est du moins ce qu’affirme le blogueur « vagabond » argentin, qui voit une bonne nouvelle dans la nomination de la présidente d’EWTN News (une chaîne religieuse d’audience mondiale) comme nouvelle responsable du dicastère pour la communication du Vatican, en remplacement du très progressiste Paolo Ruffini. Une femme, certes, et une laïque, mais aussi représentant un courant résolument conservateur au sein de l’Eglise.

Une nomination révélatrice au sein de la Curie romaine

Aujourd’hui, les médias catholiques ne parlent tous que de cela : la nomination surprise, par le pape Léon XIV, de la nouvelle préfète du dicastère pour la communication, Mme María Montserrat Alvarado, présidente et directrice des opérations d’EWTN News. La surprise ne vient pas du remplacement de l’actuel préfet, Paolo Ruffini, nommé à ce poste par François, qui, en plus d’être progressiste, était un incapable total, comme l’ont déclaré publiquement ses collègues.

La surprise vient de l’identité de la personne nommée : rien de moins que la présidente d’EWTN, la chaîne de télévision catholique la plus importante de la planète, qui, de surcroît, est clairement et ostensiblement conservatrice. C’est la chaîne fondée par la mythique Mère Angélique et qui a donné une voix à une position fortement conservatrice au sein de l’Église, position qui est systématiquement réduite au silence par l’establishment épiscopal. Et il n’est pas nécessaire d’en dire beaucoup plus sur le caractère conservateur d’EWTN et de son personnel : il suffit de regarder la photo qui illustre cet article. Mme Alvarado assiste à l’audience pontificale vêtue de noir, en jupe et mantille.

Mais le fait encore plus choquant est que le prédécesseur, le pape François, avait qualifié publiquement EWTN de

grande chaîne de télévision catholique qui ne cesse de dire du mal du pape sans aucun scrupule. Peut-être que je mérite personnellement ces attaques et ces insultes, car je suis un pécheur, mais l’Église ne mérite pas cela : c’est l’œuvre du diable. Je l’ai même dit à certains d’entre eux.

Une situation analogue à ce qui se passerait si par exemple :

  • l’épiscopat argentin renvoyait son porte-parole et me nommait à sa place. En effet, j’ai moi-même été accusé publiquement – tout comme l’a été EWTN en son temps – par le président de l’épiscopat d’être un pécheur qui nuit à l’Église en critiquant le Pape, les évêques et les prêtres.
  • Ou bien si, dans quelques mois, Léon XIV destituait le cardinal Tucho Fernández et nommait à sa place le cardinal Willhem Eijk ou Mgr Salvatore Cordileone.

Comme nous le répétons avec insistance depuis quelques semaines, les temps ont changé et certains, dont beaucoup portent la mitre, ne s’en sont pas encore rendu compte.

Il faudra voir si, par exemple, Elisabetta Piqué, lorsqu’elle se sera remise du choc qu’elle a dû subir en apprenant la nouvelle, continuera à parler de « continuité absolue » entre les deux pontificats. Ou ce qu’en dit Massimo Faggioli, l’intellectuel italo-américain ultra-franciscain, qui a récemment montré des signes évidents de nervosité dans un article où il s’alarme du fait que le pape Léon comprend la synodalité comme une collégialité, et non comme François la comprenait et prétendait l’imposer.

Il fallait attendre un an, avions-nous dit. Et il semble que nous ne nous soyons pas trompés. Les temps changent ; que ceux qui sont concernés en prennent bonne note.

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