Le 15 mai dernier, le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi révélait qu’il préparait d’un nouveau document sur la transmission de la foi, sans toutefois fixer de date (cf. ZENIT – Français).
La première réaction est de craindre le pire. Car quelle crédibilité accorder à l’homme (confirmé par Léon XIV, hélas) dont le CV, les actes, les déclarations et les écrits témoignent depuis sa nomination par Bergoglio en juillet 2023 qu’il est indigne de la fonction qu’il exerce et qui occupe pourtant au Palais du Saint-Office le fauteuil qui fut celui de Joseph Ratzinger?
Le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi n’est pas un commentateur ecclésiastique comme les autres. Il occupe une fonction qui exige une immense autorité et exerce un rôle qui repose aussi sur la confiance : une confiance qui se construit lentement mais qui, une fois érodée, est difficile à regagner.
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Pendant des années, Fernández a été associé — par ses propres déclarations, par des livres inopportuns et des documents controversés — à une approche ambiguë (au mieux) et contraire à ce qui nous a été transmis (au pire).
Avec pour effet paradoxal que même une affirmation orthodoxe risquerait d’être accueillie avec suspicion.
Le cardinal Fernández, le document sur la transmission de la foi et la crédibilité perdue
Vincenzo Rizza
21 mai 2026
On dit que même une montre cassée donne l’heure exacte deux fois par jour. C’est vrai, mais à une condition : qu’elle soit à l’arrêt. Car si la montre ne fonctionne pas parce qu’elle avance ou recule ne serait-ce que de cinq minutes, elle ne donnera jamais l’heure juste. Elle pourra s’en approcher, la frôler, mais elle ne coïncidera jamais avec elle.
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L’exemple de la montre cassée m’est venu à l’esprit en pensant au cardinal Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, et à l’annonce récente de la préparation d’un document sur la transmission de la foi.
Que ce soit clair : je ne dis pas que Fernández ne puisse pas rédiger un document contenant des choses correctes, voire impeccablement catholiques. Cela peut arriver. Le problème, cependant, ne réside pas seulement dans ce qui est dit, mais dans la manière dont cela est dit et par qui.
En effet, si celui qui véhicule un message, même très catholique, manque de crédibilité, ce message risque de se perdre.
La doctrine catholique, en effet, n’est pas une matière pour les improvisateurs, ni un laboratoire expérimental où l’on suggère une chose aujourd’hui, son contraire demain et où l’on explique après-demain qu’au fond, c’est nous qui avions mal compris.
Celui qui dirige l’organisme chargé de la sauvegarde de la Foi devrait être, par sa formation, sa prudence, sa clarté et sa fiabilité, un point d’ancrage, une référence. Et c’est là qu’apparaît la véritable problématique de l’affaire Fernández. Le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi n’est pas un commentateur ecclésiastique comme les autres. Il occupe une fonction qui exige une immense autorité et exerce un rôle qui repose aussi sur la confiance : une confiance qui se construit lentement mais qui, une fois érodée, est difficile à regagner.
Pendant des années, Fernández a été associé — par ses propres déclarations, par des livres inopportuns et des documents controversés — à une approche ambiguë (au mieux) et contraire à ce qui nous a été transmis (au pire). Avec pour effet paradoxal que même une affirmation orthodoxe risquerait d’être accueillie avec suspicion.
Cela, à mon avis, porte un préjudice énorme à l’institution qu’il préside.
On dit que la femme de César ne doit pas seulement être honnête : elle doit paraître au-dessus de tout soupçon. Dans notre cas, malheureusement, le problème est presque inversé : aux yeux de nombreux fidèles, le préfet du plus important dicastère du Vatican n’apparaît pas au-dessus de tout soupçon, mais en dessous. Et lorsque celui qui devrait dissiper les doutes, a fortiori en matière de foi, devient lui-même source de méfiance, il y a un problème évident de crédibilité.
Sur certains points, le préfet pourrait même avoir raison, et la vérité reste telle quelle même si elle est prononcée par une voix peu autoritaire. Le fait est, cependant, que le préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi ne peut se contenter d’avoir raison de temps à autre et doit surtout être toujours perçu comme fiable, comme un point de référence pour les catholiques.
Il ne suffit donc pas qu’une horloge donne l’heure par hasard : elle doit fonctionner et, surtout, elle doit être crédible. Car dans l’Église, on n’a pas besoin d’instruments qui ne rassurent qu’occasionnellement : on a besoin de guides qui aident les fidèles à s’orienter en ces temps de confusion, pas d’horloges qui obligent sans cesse à se demander si elles indiquent vraiment l’heure juste, et surtout, on a besoin de guides qui ne font pas regretter le silence.

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