Vers le conclave: plaidoyer pour un pape italien

23 Avr 2025 | Actualités

C’est un Italien, bien sûr (!!) qui le dit, mais indépendamment de toute considération chauvine, remettre le centre… au centre, après 12 années de promotion à marche forcée des « périphéries », serait plus que légitime. Après tout, le pape est évêque de Rome. Et après un pape « venu du bout du monde », instable, cyclothymique, colérique et incapable de suivre une ligne définie, un pape italien, avec sa sagesse, sa connaissance des arcanes du pouvoir et son expérience de gestion (qualités qui, paraît-il, ne sont pas rares chez les porporati italiens) serait, pour les catholiques, spécialement les clercs qui sont appelés à travailler avec lui, un soulagement et une libération.

Cela peut paraître étrange, mais les cardinaux qui, à Rome, commencent à discuter du profil du nouveau pape prennent aussi en considération la question du caractère.

Un pape comme Bergoglio, psychologiquement compliqué et fortement contradictoire, a épuisé tout le monde. Ses choix à l’improviste, et ses foucades non motivées, souvent suivies de punitions soudaines et tout aussi non motivées; ses discours sur la synodalité et la collégialité pour agir ensuite sous le signe de l’absolutisme ; son ambiguïté systématique ; sa propension à rejeter la réalité pour en construire une à l’image et à la ressemblance de son idéologie : tout cela a mis à rude épreuve non seulement ses collaborateurs les plus directs au Vatican, mais aussi l’ensemble de la machine ecclésiastique.

En ces heures, nombreux sont ceux qui vivent la mort de Bergoglio comme une libération, la fin d’un cauchemar. Jamais, au grand jamais, on ne voudrait retomber dans l’erreur d’élire une personnalité aussi instable. D’où la recherche d’un profil équilibré, d’une personne qui permettra à la machine de fonctionner sans la soumettre à un stress insupportable. D’où la mise en avant de quelques cardinaux italiens, non seulement parce qu’ils sont italiens (il y a d’ailleurs un certain désir de revenir à un pape italien) mais surtout parce qu’ils sont dotés d’une expérience de gestion et de ces traits de caractère dont on a tellement besoin.

Il est évident que les noms peuvent être nombreux. Reste l’exigence de fond, qui concerne aussi l’unité de l’Église. Dans un cadre marqué par de nombreuses déchirures, il faut quelqu’un qui, avec équilibre et sagesse, garantisse au moins une trêve et soit capable de raccommoder.

La confrontation entre les cardinaux, qui sont extrêmement nombreux et qui viennent de tous les coins du monde, ne sera pas facile, mais au moins, il y a une exigence commune.

(…)

AM Valli

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