Un prêtre maronite a été tué par un char israélien dans un village chrétien du sud Liban, alors qu’il secourait des blessés. Ce n’est pas une fake new, un produit de l’IA, et la rapporter ne relève pas de l’antisémitisme bas du front, ni même de la politique. On est loin des savantes considérations géopolitiques ou stratégiques des généraux d’opérette et autres « spécialistes » qui se succèdent sur les plateaux TV. C’est juste la vérité, le vécu. Le pape a réagi timidement, se contentant d’une condamnation générique et lénifiante. Et, allez savoir pourquoi, la nouvelle est loin de faire les gros titres chez nous.
Dormez, braves gens, on vous informe…

Voici l’information issue d’un compte Instagram, et reprise par Marco Tosatti:
Un char israélien a écrasé le père Pierre Al-Rahi, curé de Qlayaa, un village chrétien du sud du Liban.
Le père Pierre courait vers une maison de ses paroissiens qui venait d’être touchée par ce même char, afin d’extraire les blessés des décombres. Il était parfaitement visible dans la ligne de tir. L’équipage l’avait dans son champ de vision, net, continu, sans marge d’erreur : un prêtre maronite, en habit religieux, désarmé, se dirigeant vers les blessés. Il n’avançait pas pour combattre. Il avançait pour secourir.
Le char a tiré à nouveau. Sur le secouriste.
Le blog Silere non possum rapporte également les faits de façon relativement neutre, et avec plus de détails:
Liban : le père Pierre El Raii tué sous les bombes alors qu’il portait secours à un blessé

Le père Pierre El Raii, curé maronite de Qlayaa, dans le sud du Liban, a été tué aujourd’hui lors d’un bombardement alors qu’il tentait de porter secours à un paroissien blessé lors d’une première attaque. Le prêtre, âgé de cinquante ans, a été touché par un nouveau bombardement qui a frappé la même maison. Transporté d’urgence à l’hôpital, il est décédé « après quinze minutes ».
La nouvelle a été confirmée par le père Toufic Bou Merhi, franciscain de la Custodie de Terre Sainte et curé des Latins dans les communautés de Tyr et Deirmimas, qui a appris la mort de son confrère avec une profonde consternation.
Selon son récit, l’attaque a eu lieu à 14 (heure de Beyrouth), une semaine après le début de l’offensive israélienne sur le pays du cèdre.
Le père Pierre s’était précipité avec des dizaines de jeunes pour secourir un homme blessé lors du premier bombardement. Alors que le groupe tentait d’intervenir, une deuxième attaque a frappé la même maison. Le curé a été grièvement blessé et est décédé peu après. Sa mort a durement touché une région déjà éprouvée par des jours de violence et des avis d’évacuation incessants.
Le témoignage du père Toufic dresse le portrait d’un prêtre qui avait choisi de rester aux côtés de sa communauté. Le père Pierre El Raii était considéré comme une référence pour les chrétiens de la région, surtout à un moment où de nombreuses familles vivent dans l’incertitude de devoir tout quitter. Sa présence avait représenté un soutien concret dans un contexte marqué par la peur, la précarité et l’isolement croissant. La nouvelle de son assassinat a provoqué douleur et désarroi dans les villages du sud.
Jusqu’à présent, de nombreux habitants avaient décidé de résister, malgré la menace des raids. Mais aujourd’hui, leur perception a radicalement changé. Rester signifie s’exposer chaque jour au risque des bombes ; partir signifie abandonner sa maison, sa terre, sa mémoire familiale, souvent sans avoir les ressources suffisantes pour trouver un refuge.
Le couvent de Tyr, confié aux franciscains, accueille environ deux cents personnes, toutes musulmanes. La priorité reste d’offrir un refuge à ceux qui arrivent, sans distinction, dans une région où la cohabitation est touchée au même titre que les maisons et les personnes.
Dans ce contexte de dévastation, les paroles qui viennent des communautés ecclésiales insistent sur la nécessité de ne pas céder au désespoir. Il reste la demande de pouvoir vivre dans la dignité, d’arrêter la guerre et la violence, d’interrompre une spirale qui continue de produire des morts, de la haine et de la destruction.
La mort du père Pierre El Raii montre le visage concret de cette crise : celui d’un prêtre qui est resté avec son peuple jusqu’à la fin, tué alors qu’il tentait de sauver une vie.
Le Pape a réagi:
Le pape Léon XIV exprime « sa profonde douleur pour toutes les victimes des bombardements de ces derniers jours au Moyen-Orient, pour les nombreux innocents, dont beaucoup d’enfants, et pour ceux qui leur portaient secours, comme le père Pierre Al-Rahi, prêtre maronite tué cet après-midi à Qlayaa. Il suit avec inquiétude ce qui se passe et prie pour que toutes les hostilités cessent au plus vite », a fait savoir la salle de presse du Vatican.
Une réaction lapidaire, le service minimum, il ne pouvait pas faire moins, comme le souligne le quotidien (de gauche, et bien sûr anti-Israël) Il Fatto quotidiano
La phrase banale prononcée par le pape Léon XIV à propos de l’assassinat d’Al-Rahi est un soutien politique à Israël. Il s’est limité à une phrase générique, sans condamner Israël.

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