Selon cet article du magazine de news italien Panorama (équivalent français de Paris Match, donc pas forcément fiable à 100%, mais l’article est ici étayé par des faits, même difficiles d’accès), des millions de documents des Epstein Files contiendraient des références au Vatican, en particulier à la banque vaticane, considérée comme un point stratégique, potentiellement utilisé pour des opérations financières discrètes (lire: opaques), notamment en raison de son statut particulier (ce à quoi Léon XIV tente de remédier avec le motu proprio de septembre 2025 Coniuncta cura qui met fin au monopole de l’IOR voulu par Bergoglio).
Ce serait donc moins la politique que l’intérêt financier qui motivait Epstein, ici dans son rôle, taillé avec la complicité de Steve Bannon, de marionnettiste du pouvoir politique et de la sphère financière.
C’est Steve Bannon qui transformera le Vatican en terre promise pour Epstein grâce à une stratégie d’aumônes et de chantages. On pourrait dire que c’était la marque de fabrique.
À tel point qu’en 2018, le cardinal américain Raymond Burke, initialement rallié à Bannon, rompt tout lien avec lui.

L’IOR et les Epstein Files :
Léon XIV remédie au chaos et sécurise 3,5 millions de documents
Carlo Cambi
www.panorama.it/attualita/politica/papa-leone-xiv-riforma-ior-epstein-files
16 mars 2026
Le pape Léon XIV intervient sur l’IOR avec le motu proprio Coniuncta cura.
Voilà les liens entre la banque du Vatican et les dossiers Epstein qui ressortent des documents.
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Pour comprendre, il faut commencer par la fin. Depuis le 29 septembre dernier, lorsque Léon XIV a publié le motu proprio Coniuncta cura qui « excommunie » le monopole financier de l’IOR imposé par Bergoglio, qui avait un œil attentif sur l’argent.
Sous la forme d’une recommandation apostolique, le pape américain, qui connaît bien les méandres du pouvoir financier, abroge le pouvoir exclusif d’investissement de l’institut dirigé par Jean-Baptiste de Franssu. Et il a envoyé à l’Institut, il y a deux semaines, le cardinal Giuseppe Petrocchi – qui fait déjà partie du Conseil pour l’économie et du Dicastère pour le clergé – en tant que nouveau président de la Commission cardinalice de la banque vaticane.
Le pape Léon XIV met fin au monopole de l’IOR
À quoi servent et à quoi préludent les mesures prises par Prevost ? À rendre plus « démocratique » le processus décisionnel d’investissement du Vatican et à mettre sous contrôle les choix de la banque qui siège dans la tour austère Niccolò V, devenue au fil des décennies – depuis l’affaire Marcinkus–Roberto Calvi – le coffre légendaire des secrets du Saint-Siège.
L’IOR est à nouveau l’objet d’attention car il s’agit d’un des nœuds des Epstein Files : peut-être le chapitre le plus emblématique de l’horrible saga du pédofinancier.
Léon XIV sait combien la réputation compte en économie et a donc mis à l’abri dans la « collégialité » la gestion de l’argent, en misant sur une transparence maximale avec le fractionnement des investissements et des responsabilités. Sur les 3,5 millions de « documents » attribuables à « le diable s’habille en Jeffrey », une part non négligeable est consacrée à la Cité du Vatican et reconduit à différents domaines d’intérêt pour le Saint-Siège, qu’il s’agisse de l’Epstein, qui finançait les démocrates et entretenait des relations très étroites avec le couple Bill et Hillary Clinton, de celui qui exploitait chaque occasion pour faire de l’argent, ou enfin le dernier : l’Epstein qui se sert de Steve Bannon pour se présenter comme le marionnettiste du pouvoir politique, de la sphère financière et des habitudes malsaines de la jet set.
L’obsession de Jeffrey Epstein pour le contrôle de l’Église
Il est surprenant de constater que tandis que Bannon lui envoie en juin 2019 – quelques jours avant son arrestation – un e-mail avec l’impératif « Will take down Francis » (on va faire tomber François), Epstein dialogue avec Joichi Ito, directeur de ce MIT Media Lab [MIT School of Architecture and Planning, laboratoire d’un des départements du Massachusetts Institute of Technology, dédié aux projets de recherche mêlant design, multimédia et technologie] mis sur pied par Nicholas Negroponte, le gourou de l’avenir technologique selon les démocrates qu’il a largement financés.
Le pédofinancier veut savoir du Japonais, très habile sur les tables de jeu de Wall Street, tout ce qui concerne les rencontres au sommet que les dirigeants des Big Tech américaines, « amis » d’Epstein, tiennent au Vatican avec la bénédiction et l’intérêt de Bergoglio et l’organisation très active du dominicain Eric Salobir.

C’est un double jeu que Jeffrey mène avec l’Église depuis au moins trente ans. Ceux qui tentent par tous les moyens de le présenter comme l’homme de la droite mondiale rappellent qu’Epstein, avec sa compagne et complice Ghislaine Maxwell, s’était fait bénir par Karol Wojtyla et conservait la photo au panthéon de son bunker new-yorkais, mais rares sont ceux qui parcourent tous les dossiers Epstein dont il ressort que l’Ogre de St. James avait une obsession pour l’Église. Ce qui se traduit par la volonté d’attaquer l’IOR pour s’en servir en impliquant des cercles de l’administration de Barak Obama.
La démission de Ratzinger et le changement à la tête de l’IOR
Le courriel le plus « brûlant » est celui que l’éditorialiste et professeur d’histoire à Harvard, Edward Jay Epstein (jamais un homonyme n’a été plus révélateur !), envoie le 21 février 2013 au financier en réponse à la question de ce dernier :
« Qu’est-ce qui se cache derrière la démission du pape ? ».
En effet, Ratzinger venait de prononcer, deux semaines plus tôt, ces mots historiques : « perveni vires meas ingravescente aetate non iam aptas esse ad munus Petrinum » (j’en suis venu à la conviction que mes forces, en raison de l’avancée de l’âge, ne sont plus adaptées à l’exercice du ministère pétrinien) et Epstein voulait en savoir plus.
La réponse qu’il reçoit lui ouvre un nouveau monde. L’autre Epstein écrit :
« Le changement le plus important au Vatican n’est peut-être pas la démission soudaine du pape Benoît XVI, mais le changement à la tête de l’Institut pour les œuvres religieuses ».
Et il ajoute qu’étant donné que la banque du Vatican est l’expression d’un État souverain et qu’elle échappe à la juridiction italienne, elle n’est pas soumise aux règles européennes de transparence, ce qui permet à ceux qui y opèrent de « transférer de l’argent dans le plus grand anonymat et sans aucun contrôle ».
De la musique aux oreilles de Jeffrey, qui ne prête guère attention à la suite du courriel expliquant pourquoi Ettore Gotti Tedeschi est écarté de la présidence de l’Institut. Epstein comprend que la banque du Vatican est en difficulté et qu’il y a des affaires à faire. Mais il n’agit pas seul ; il fait appel au plus grand économiste des démocrates : Larry Summers. Il a été secrétaire au Trésor (ministre de l’Économie) sous Bill Clinton, conseiller économique de Barack Obama, l’homme qui pouvait tout à Harvard, et il a démissionné le 26 février après la publication des fameux « fichiers ».
Le blocage du système Swift et la gestion de la Deutsche Bank
Le 22 février 2013, Epstein transmet à Summers l’e-mail qu’il avait reçu de l’autre Epstein en écrivant :
« Le changement le plus important au Vatican n’est peut-être pas le retrait soudain du pape Benoît XVI, mais le changement de direction à l’Institut pour les œuvres de religion, la banque du Vatican. Grâce à son statut d’État souverain, le Vatican est exempté des règles de transparence non seulement de l’Italie, mais aussi de l’Union européenne. Ce statut permet à ses clients d’élite d’échapper à tout contrôle sur leurs transferts d’argent ».
Le courriel résume également l’ « affaire » du licenciement de Gotti Tedeschi, survenu à la suite d’une des nombreuses intrigues vaticanes dont le banquier sortira comme partie lésée.
Et c’est là que se produit quelque chose d’imprévisible, qui explique comment l’homme d’affaires, avec le soutien plus ou moins explicite des démocrates, a amassé des montagnes d’argent.
Après l’attentat du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles, les États-Unis obtiennent le pouvoir d’exclure du système Swift (le réseau d’échange bancaire par lequel transitent tous les paiements : l’exclusion de Swift a été la première sanction contre la Russie de Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine). Et c’est ce qu’ils feront avec l’IOR : juste avant la renonciation de Benoît XVI et immédiatement après l’affaire Gotti Tedeschi, l’institut du Vatican est déconnecté de force du système Swift.
C’était le 1er janvier 2013. C’est exactement à ce moment-là que JP Morgan, la grande banque américaine qui a toujours financé Epstein, clôture les comptes du pédofinancier. Il les transfère à la Deutsche Bank (les comptes resteront actifs jusqu’à quelques jours avant qu’Epstein ne soit retrouvé mort dans la prison de New York, le 10 août 2019), qui est la banque chargée de gérer les paiements du Saint-Siège. Et comme par enchantement, le 12 février 2013, le Vatican, qui a confié la gestion des cartes bancaires et de crédit à la société suisse Aduno, est réadmis dans le circuit Swift.
L’élection de Bergoglio et les stratégies finales de Léon XIV
Que s’est-il passé au cours de ces six semaines ?
Une chose est sûre : l’administration Obama reçoit des dizaines d’e-mails annonçant un tournant radical à Rome. Peu après, le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio est élu pape. Et il est très probable qu’Epstein tente de s’immiscer dans l’IOR et de tirer profit des informations qu’il a recueillies sur l’institut du Vatican en investissant, par l’intermédiaire de la Deutsche Bank, dans les titres qui plaisent à la banque du Pape.
C’est là que commence un autre épisode de l’attention que l’ogre de St. James porte au Saint-Siège. En parcourant les dossiers Epstein, on constate qu’il s’intéresse au scandale de pédophilie qui secoue l’Église américaine et touche également François, accusé d’avoir toléré les abus du cardinal Theodore McCarrik, qui sera ensuite défroqué par le pape.
C’est à partir de ce moment qu’Epstein commence à faire d’importants dons à des institutions catholiques et cherche par tous les moyens à entrer en contact avec les hiérarchies du Saint-Siège et avec les investissements de l’IOR. C’est Steve Bannon qui transformera le Vatican en terre promise pour Epstein grâce à une stratégie d’aumônes et de chantages. On pourrait dire que c’était la marque de fabrique. À tel point qu’en 2018, le cardinal conservateur américain Raymond Burke, initialement rallié à Bannon, rompt tout lien avec lui.
Léon XIV connaît très bien cette histoire. Nous voici revenus au point de départ : l’IOR n’est plus le seul à faire de la finance au nom de Dieu.

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