Le 4 juillet, à l’instar de son prédécesseur et mentor argentin – dont ce fut le 1er déplacement hors du Vatican, il y a tout juste 13 ans, dans les jours immédiats suivant son élection -, dans une démarche hautement symbolique (et, forcément, très applaudie par les médias, comme si Léon XIV peaufinait sa « cape d’impunité »), le Pape s’est rendu dans la petite île italienne de Lampedusa, « devenue le symbole du drame des migrants qui meurent en tentant de traverser la mer Méditerranée » (Le Monde)
Voilà comment l’Église conciliaire s’est progressivement réduite à une grande ONG mondialiste, et l’homme vêtu de blanc – en dénaturant la papauté – au rôle de porte-parole suprême du déracinement anarchique, planétaire, antichrétien et antihumain.

Léon XIV dépose une gerbe de fleurs dans un cimetière de migrants à Lampedusa
(AFP)
Prevost, ou l’apologie du déracinement
www.aldomariavalli.it/2026/07/04/prevost-ovvero-lapologia-dello-sradicamento/
Martino Mora
4 juillet 2026
« Les migrants ont fondé l’Amérique », a déclaré Francis Robert Prevost, aujourd’hui la figure la plus en vue, à l’échelle mondiale, de l’immigration anarchique, du cosmopolitisme sans racines, du « droit à » sans frontières et du déracinement planétaire.
Avant de s’envoler pour Lampedusa afin de soutenir une nouvelle fois l’invasion migratoire clandestine, donc illégale, Prevost a fait l’éloge de son pays, les États-Unis d’Amérique, en le qualifiant de « terre d’immigration ».
Après s’être attardé sur la « noble vision des pères fondateurs » (qui étaient tous des disciples des Lumières et presque tous des francs-maçons) et avoir loué la « liberté religieuse » à l’américaine (celle-là même qui reconnaît à la sorcellerie wicca et aux satanistes le privilège d’être considérés comme des religions au même titre que les autres), Prevost a insisté sur l’Amérique, « nation façonnée par les immigrés ».
Quel bonheur, le déracinement ! On peut en voir toutes les conséquences précisément aux États-Unis. Le résultat, c’est la « barbarie climatisée », comme la définit Geminello Alvi [économiste et opinioniste italien, 1955-].
La ploutocratie la plus matérialiste, la plus uniformisée et la plus belliciste de l’histoire. L’argent et la consommation, voire le gaspillage, comme idéaux suprêmes de la vie, associés à l’instinctualisme tribal de masse. Le système orgiaque-mercantile, en somme.
Qu’est-ce qui aurait pu naître d’autre de l’absence de racines, en effet, si ce n’est l’anti-civilisation née pour infester et corrompre toutes les autres ?
Si Prevost incarnait le catholicisme authentique, au lieu de sa parodie funeste et caricaturale, on serait vraiment tenté de penser, ne serait-ce qu’un instant, que Friedrich Nietzsche avait raison de définir le christianisme comme une haine de la vie et de la civilisation.
Mais Max Scheler [philosophe allemand, 1874-1928], dans son essai magistral sur « Le ressentiment dans l’édification des morales » (1912), a amplement démontré que Nietzsche a confondu les valeurs antivitales du protestantisme bourgeois de sa famille d’origine avec le christianisme authentique.
C’est en réalité l’esprit bourgeois de l’homo oeconomicus qui a introduit le ressentiment individualiste et égalitaire dans la morale. Et certainement pas le christianisme, qui rejette la rancœur car il se fonde sur le devoir du pardon, enseigné par son fondateur divin.
Mais le texte de Scheler est aussi un avertissement : malheur au catholicisme (c’est-à-dire au christianisme authentique) s’il cède à l’esprit séculier et bourgeois. Dans ce cas, il peut véritablement devenir non seulement la parodie de lui-même, mais aussi l’arme la plus acérée de la subversion.
Malheureusement, c’est justement ce passage que le Concile Vatican II a marqué: l’intériorisation, dans la mentalité catholique, de l’esprit bourgeois et laïc à travers ses principes subversifs et mortifères (esprit profane, individualisme, égalitarisme, subjectivisme anthropocentrique).
Voilà comment l’Église conciliaire s’est progressivement réduite à une grande ONG mondialiste, et l’homme vêtu de blanc – en dénaturant la papauté – au rôle de porte-parole suprême du déracinement anarchique, planétaire, antichrétien et antihumain.
Nous vivons plongés dans la nuit du monde.

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