Ce qui suit n’apprendra certainement rien aux lecteurs de ce blog, et plus largement à ceux qui suivent de près les affaires de l’Eglise, mais il fallait que cela fût dit, et bien dit: tout y est.
Il faut donc se rendre à l’évidence. Le pontificat de Léon XIV n’est pas un pontificat de restauration.
En réalité, loin de restaurer (en dehors de quelques retouches purement cosmétiques), il poursuit, et il consolide. Un peu plus d’un an an après son élection, qui avait suscité de grands espoirs parmi tous ceux que le cauchemar argentin avaient traumatisés, son positionnement « centriste » mou, ses gestes ambigus, ses tergiversations, ses nominations et ses confirmations (Tucho…). font naître un malaise croissant – perceptible dans de nombreux blogs catholiques -, chez tous les fidèles qui espéraient un guide sûr et courageux n’ayant pas peur de déplaire au monde en faisant entendre la voix de la vérité, et qui n’ont trouvé qu’un habile (certes sympathique) communicant.,
Le pontificat de Léon et ce mécontentement croissant de ceux qui ont soif de Vérité
Il suffit de parcourir quelques minutes les sections de commentaires des principaux blogs catholiques ou d’observer les discussions qui animent les réseaux sociaux pour constater un phénomène aussi évident que silencieux : un mécontentement généralisé, profond et parfois rageur à l’égard du pontife régnant, Léon XIV.
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À peine un an après son élection, la curiosité initiale ou l’optimisme de façade semblent avoir cédé la place, dans de larges couches du laïcat et du clergé le plus attentif, à un profond sentiment de désarroi et de perte de repères. Il ne s’agit pas de simples polémiques virtuelles soulevées pour attirer des clics. Il y a quelque chose de bien plus grave qui creuse un fossé entre la chaire de Pierre et le peuple des fidèles. Essayons d’analyser lucidement les causes de cette fracture.
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- La première cause, et la plus importante, de ce mécontentement réside dans l’effondrement d’une grande illusion.
Au lendemain de l’élection du pape Prevost, une grande partie du monde conservateur et traditionaliste avait espéré un revirement radical par rapport au pontificat précédent, rêvant d’une restauration de la dignité papale. Cet espoir avait été nourri par quelques changements de style significatifs : l’abandon de la Maison Sainte-Marthe au profit d’un retour dans les palais sacrés, le rétablissement des vacances d’été à Castel Gandolfo, et même des détails formels tels que la remise directe du pallium aux métropolites. Cependant, comme l’ont amèrement fait remarquer de nombreux commentateurs, il s’agissait d’une révolution purement esthétique et de façade. Derrière ces gestes teintés d’antiquité, la substance du gouvernement ecclésial est restée inchangée. Léon XIV a confirmé à des postes clés des personnalités fortement contestées telles que le cardinal Fernández ou le cardinal Zuppi, et n’a montré aucune réelle volonté d’endiguer les dérives doctrinales perturbatrices, comme le controversé « chemin synodal » allemand. C’est précisément là que naît la dissidence : les fidèles perçoivent l’incohérence d’une papauté qui se drape dans la Tradition mais continue, dans les faits, de tolérer le démantèlement de la doctrine.
Si la continuité administrative déconcerte, ce sont les gestes concrets et les omissions de Léon XIV qui enflamment les commentaires des fidèles. Le web n’a pas pardonné au pontife certaines déclarations publiques et diplomatiques perçues comme de véritables légitimations de l’erreur. Le cas le plus frappant a été le message officiel envoyé en mars dernier à Sarah Mullally, nouvellement intronisée comme primat de l’Église anglicane à Canterbury. S’adresser à une femme en l’appelant «Reverendissima » dans un rôle épiscopal – en contradiction flagrante avec le magistère définitif d’« Ordinatio sacerdotalis » – et manifester une telle déférence envers une personnalité publiquement favorable à l’avortement et aux unions homosexuelles a suscité une immense indignation. De nombreux commentateurs ont ouvertement parlé de trahison de la mission pétrinienne et d’une « protestantisation » progressive de l’Église.
À cela s’ajoutent des extravagances liturgiques et pastorales qui laissent perplexes, comme la bénédiction bizarre d’un bloc de glace ou l’absence de réaction face à la décision de récompenser des politiciens favorables à l’avortement. Lorsque le pape choisit le silence ou décide de se retirer à Castel Gandolfo alors qu’à Rome se succèdent des événements ambigus et ouvertement éloignés de la morale catholique, les fidèles éprouvent un sentiment d’abandon pastoral et d’orphelinage (on m’excusera ce barbarisme).
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- Il existe ensuite une cause de nature plus sociologique et communicative.
Léon XIV s’est présenté dès le début comme un pontife « du juste milieu », un modéré qui tente de jeter des ponts entre les factions opposées. Sa devise papale elle-même, In Illo uno unum (« En l’Un, nous sommes un »), exprime cette volonté de conciliation. Mais à une époque d’extrême polarisation, la position centriste risque de mécontenter tout le monde. Pour les progressistes, Léon XIV est un nostalgique du passé qui freine les réformes nécessaires (ordination des femmes, célibat, morale sexuelle) ; pour les traditionalistes, il est un continuateur déguisé du modernisme qui n’a pas le courage de défendre la Vérité objective. En cherchant à ne mécontenter personne, le pape finit par paraître ambigu, voire indifférent au sort de la Foi.
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- Enfin, la plaie liturgique ouverte par « Traditionis custodes » continue de saigner.
Beaucoup espéraient que Léon XIV révoquerait les restrictions de François, rendant ainsi toute sa liberté à la messe traditionnelle. Son silence et sa discrétion sur ce sujet, associés au bras de fer avec la Fraternité Saint-Pie X – désormais poussée vers la rupture définitive avec l’excommunication proclamée pour les nouvelles consécrations épiscopales – exaspèrent les esprits. Les fidèles attachés à l’ancien rite se sentent traités comme des parias et exilés par une hiérarchie qui se dit inclusive envers tous, sauf envers ses propres enfants les plus fidèles.
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En conclusion, le mécontentement qui déborde des blogs n’est pas le caprice de quelques fanatiques de l’opposition anti-romaine. C’est le cri de douleur d’un peuple qui réclame du pain doctrinal et reçoit des pierres bureaucratiques ou des compromis diplomatiques.
Tant que la hiérarchie se bercera de l’illusion de pouvoir résoudre cette crise profonde par des ajustements stylistiques ou des formules politiques « de compromis », le web continuera de bouillonner, témoignant que la soif de Vérité des fidèles ne peut être apaisée par le silence.
Carlo Foresti

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