Une « installation » profanatoire à Saint-Eustache

11 Août 2026 | Actualités

Du 10 juillet au 29 septembre 2026, une installation monumentale conçue par une certaine Lydie Arickx, et intitulée Le Souffle, transforme l’église Saint-Eustache dans le quartier des Halles, au coeur de Paris (une église connue comme « la paroisse du showbiz », car c’est là que sont célébrées les funérailles des stars qui professent, en théorie du moins, la foi catholique) en sanctuaire écolo.

Sur son blog Hiraeth in exile, le podcaster américain catholique traditionaliste Chris Jackson (que j’ai découvert chez AM Valli) dénonce une profana­tion par substitution, où la symbolique chrétienne est détournée au profit d’un nouveau culte, celui de l’environnement. Le tout avec la « bénédiction » du curé du lieu.

Une église parisienne accroche des affiches de propagande écologique au-dessus de la nef…

(…) ou comment la hiérarchie postconciliaire transpose les priorités laïques dans la vie catholique par le biais de l’art puis consacre ces résultats comme des précédents.

Chris Jackson
Hiraeth In Exile
10 août 2026

La nef de Saint-Eustache

Saint-Eustache transforme sa nef en temple de l’écologie

Chris Jackson

L’œuvre de Lydie Arickx, intitulée « Le Souffle », est sculptée dans de l’aluminium, prend la forme d’un corail ramifié et devrait rester exposée à Saint-Eustache jusqu’au 29 septembre. Ses commanditaires la présentent comme un corail, une feuille, un cœur et l’Arbre de Vie.

Leur communication évoque les écosystèmes menacés, la fertilité, la résilience et un « espace partagé de méditation ». Arickx qualifie Saint-Eustache d’« église verte ». Elle compare l’église gothique à une forêt et le corail à une cathédrale.

Ce langage pille le christianisme tout en rejetant ses enseignements.

L’Arbre de Vie appartient à l’histoire du salut et trouve son accomplissement dans la Croix. Le « souffle » à l’intérieur d’une église évoque l’Esprit de Dieu, et le cœur humain rappelle le Sacré-Cœur transpercé pour les pécheurs. Même le mot « cathédrale » revêt une signification catholique spécifique : l’église où se trouve le siège de l’évêque.

Le Souffle pille ce trésor d’associations et les réoriente vers la fragilité écologique.

L’installation prêche, donc. La Création est présentée sans le Créateur qui lui donne vie. Les dommages écologiques constituent une version laïque de la Chute; la résilience, une rédemption ; la responsabilité planétaire, une loi morale. Le drame du péché et du salut est supplanté par un credo environnemental suffisamment large pour satisfaire les touristes, les donateurs, les responsables culturels et les ecclésiastiques qui préfèrent la transcendance sans dogme.

L’échelle gigantesque de la sculpture n’est pas le fruit du hasard. Les églises catéchisent à travers l’espace avant même que le sermon ne commence. L’axe de la nef, l’élan ascendant des voûtes, les images sacrées, l’autel et le tabernacle orientent le regard vers le sacrifice et la présence divine. Suspendre un objet de sept mètres au centre de cette architecture sape son pouvoir d’enseignement. Saint-Eustache a permis à une installation environnementale d’interpréter l’Église plutôt que de laisser la foi catholique interpréter la création.

Même les règles postconciliaires condamnent cet abus. Le canon 1210 réserve les lieux sacrés au culte, à la piété et à la religion, n’admettant d’autres usages que s’ils s’accordent avec la sainteté du lieu. Sacrosanctum Concilium affirme que l’art sacré remplit sa fonction en orientant l’esprit avec dévotion vers Dieu.

La justification publiée pour Le Souffle oriente l’esprit vers « la fragilité des êtres vivants », la méditation et le devoir planétaire. Le Christ, le Saint-Esprit, le sacrifice, la grâce, le jugement et la vie éternelle disparaissent de cette explication.

Il s’agit là d’une profanation par substitution.

Saint-Eustache a fourni l’encens de la mémoire catholique à une croyance qui refuse de confesser Dieu. Le message environnemental acquiert une aura qu’il ne pourrait jamais dégager dans une galerie aux murs blancs, tandis que l’église est réduite à une coquille atmosphérique au service de toute cause, peu importe laquelle, qui serait approuvée par le responsable des lieux.

La profanation moderne laisse souvent les statues en place et le tabernacle intact. Elle vide l’édifice en modifiant sa vocation. Les responsables de Saint-Eustache ont traité une église consacrée comme un bien culturel et ont mis son pouvoir sacré en location.

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