Giuseppe Nardi a écrit cet article juste avant le sommet mondial sur le climat convoqué virtuellement par le « président » (si l’on peut dire) des Etats-Unis, et auquel François a apporté son soutien, se plaçant ainsi aux côtés des Merkel, Macron, Draghi et cie…, mais surtout de Bill Gates. Le fantoche Biden, en attendant, s’empresse de détricoter toutes les lois pro-vie promulguées par son prédécesseur. François n’a-t-il vraiment rien à dire à ce sujet?

Le sommet du Président Biden sur le climat : avec le pape François et Bill Gates

Sauver le climat : oui ! Sauver la vie : non !

Giuseppe Nardi
katholisches.info/2021/04/22
22 avril 2021
Traduction d’Isabelle

(Rome/Washington) Le président américain Joe Biden organise un sommet sur le climat auquel participe Bill Gates, mais aussi le pape François. Fin mars, la Maison Blanche annonçait que Biden invitait au Climat Leaders Summit quelque 40 chefs d’état et de gouvernement du monde entier. Ce sommet virtuel a commencé ses travaux ce midi et les terminera demain.

À côté du pape François, Bill Gates figure parmi les orateurs de cette table ronde prestigieuse. Sans être chef d’état ni chef de gouvernement, il est pourtant traité comme tel. A la séance d’ouverture participent aussi le président russe Vladimir Poutine ainsi que Xi Jingpin, le président et chef du parti communiste chinois. François parle aujourd’hui ; Bill Gates prendra la parole demain.

Avec ce sommet, Biden entend répondre à la « nécessité urgente » d’un engagement ferme dans la lutte contre le changement climatique. Il veut aussi renforcer cet engagement. En arrière-plan se profile l’intention de limiter le réchauffement global à 1,5° Celsius, dont doit décider la conférence de l’ONU sur le climat (COP 26) prévue du 1er au 12 novembre prochain à Glasgow. Depuis la COP 21 de 2015 à Paris, François soutient l’agenda globaliste climatique: on se rappellera, par exemple, la projection controversée sur la façade de la Basilique Saint-Pierre, en la fête de l’Immaculée-Conception, le 8 décembre 2015.

Le pape François siège aujourd’hui virtuellement dans le cercle de Joe Biden, du président français Emmanuel Macron, du premier ministre anglais Boris Johnson, du président du Conseil italien et ex-directeur de la BCE Mario Draghi et de la chancelière allemande Angela Merkel. L’Amérique latine est représentée par les présidents de la Colombie, du Brésil, de l’Argentine, du Mexique et du Chili. Sont également invités le président turc Erdogan, les présidents de l’Afrique du Sud et de la Corée du Sud, ainsi que les premiers ministres du Japon et du Canada.

Parmi les personnalités présentes, on trouve encore le secrétaire général des Nations-Unies, António Gutteres, le roi Salman bin Abdulaziz d’Arabie Saoudite et les présidents-directeurs de grandes multinationales comme Allianz, Citigroup et Bank of America, mais aussi les dirigeants du FMI, de la Banque Mondiale et de l’OTAN.

Si on lit les dépêches des agences, on voit que Bill Gates y est mentionné de manière furtive et seulement tout à la fin. Par exemple, l’agence hispanophone EFE, une des plus grandes du monde, l’introduit par ces mots : « Au sommet participera aussi, entre autres, le fondateur de Breakthrough-Energy, Bill Gates ». Cela semble insignifiant, presque discret ; mais les apparences sont trompeuses. Gates mène le jeu partout et est placé sur le même pied que les plus puissants chefs d’état et de gouvernement. Par la grâce de Joe Biden.

Protection du climat : oui ! Protection de la vie : non !

Le même Joe Biden vient de soumettre, par l’intermédiaire de son ministre de la santé, une proposition qui vise à annuler deux dispositions importantes de son prédécesseur Donald Trump en matière de protection de la vie : le financement de l’avortement avec des fonds publics doit être étendu et les entreprises pharmaceutiques doivent pouvoir utiliser les fœtus avortés à des fins de recherches et d’expérimentation. C’est l’agenda de Planned Parenthood, le plus grand lobby pro- avortement au monde, avec lequel la vice-présidente Kamala Harris entretient des relations étroites et privilégiées.

Cela concerne en fait le Title X Family Planning Program introduit en 1970 par Richard Nixon. Les fonds de ce programme fédéral, unique dans ce domaine, ne peuvent être utilisés aux fins de pratiquer ou soutenir l’avortement. Celui-ci ne peut être un instrument de planning familial et c’est pour cette raison qu’une ligne de démarcation très nette avait été tracée. Le 28 janvier dernier, quelques jours après sa prestation de serment, Joe Biden a donné au ministre de la santé la tâche de revoir les « limitations » imposées par le Title X, dans l’intention de les supprimer.

En février 2019, Trump introduisait spécialement la Protect Life Rule pour mieux assurer l’interdiction du financement de l’avortement. Ainsi fut-il interdit à tous ceux qui reçoivent des subsides du Title X Program de diriger des patients vers des médecins avorteurs ou vers des institutions et organisations qui soutiennent l’avortement. Une cour d’appel fédérale a confirmé cette disposition le 24 février 2020. Des obligations supplémentaires sont imposées à ceux qui pratiquent l’avortement.

Mgr Joseph Naumann, archevêque de Kansas City et président du Comité Pro-Life de la Conférence épiscopale américaine a parlé des plans de Biden comme d’« une politique effrayante» : l’avortement, dit-il, se trouve ainsi introduit dans un programme qui concerne en réalité le temps qui précède la grossesse.

Conformément aux instructions de Biden, le ministère de la santé a publié, le 15 avril, une proposition. Pendant 30 jours à partir de cette date, il est possible d’émettre un avis sur cette proposition. Mgr Naumann a fait usage de cette possibilité le 16 avril et a « instamment » demandé à Biden de retirer sa proposition et de laisser le Title X Program tel qu’il avait été voulu par le législateur au moment de son introduction, c’est à dire comme une mesure « totalement distincte de l’avortement ».

Vendredi dernier, le National Institute for Health a fait savoir que, suite à une injonction du ministère de la santé, toutes les demandes d’expérimentations qui prévoient l’utilisation de tissus de fœtus avortés seront à nouveau examinées. Ainsi pourraient être quand même accordées des autorisations déjà refusées durant l’ère Trump.

Marjorie Dannenfelser, présidente de l’organisation pour le droit à la vie Susan B. Anthony List, a accusé Joe Biden de « se dépêcher de récompenser ainsi ses alliés de l’industrie de l’avortement et de réduire à néant les avancées dans la protection de la vie qui avaient été engrangées sous le gouvernement Trump-Pence ».

Tara Sander Lee du Charlotte Lozier Institute a fait remarquer que, pour aucun vaccin ou médicament important, l’avancée décisive n’a été atteinte grâce à l’utilisation de cellules souches fœtales. « Il existe des alternatives raisonnables et éthiquement irréprochables qui sont utilisées par les savants du monde entier et qui n’impliquent pas d’exploiter une vie innocente. Tous les savants devraient rejeter la proposition du gouvernement qui essaie d’exploiter l’angoisse générale provoquée par la pandémie pour étendre l’utilisation tissus fœtaux issus de l’avortement. »

Dans le sillage de l’élection présidentielle et de la prestation de serment de Biden, on a insisté beaucoup sur le fait que le nouveau président est de confession catholique. Dans son bureau, il se présente lui-même aux caméras avec en arrière-fond une image qui le montre en compagnie du pape François. Comment concilier cela avec des actes hostiles à la vie ? Tandis que Joe Biden, côte à côte avec le pape François, combat des moulins à vent (il veut empêcher le changement climatique !), il promeut le massacre d’enfants innocents. François n’a-t-il rien à dire à ce propos ?

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