Nominations cardinalices du Pape de la tolérance zéro ou petits arrangements entre amis? (cf. Rififi au diocèse de Milan dans l’Eglise bergoglienne). L’évêque de l’obscur diocèse de Côme que François a choisi pour la barrette rouge de préférence à l’archevêque de Milan avait défendu un prêtre pédophile notoire et condamné qui avait pu de ce fait bénéficier de l’indulgence de François. Dans la série déjà bien fournie « Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais »… c’est à de tels « petits » faits ignorés du public parce que des journalistes courtisans « négligent » de les rapporter – quand ils n’affirment pas qu’ENFIN, grâce à lui, c’en est fini de la politique de couverture des actes pédophiles par le Vatican – que François doit un reste de popularité auprès du public.
Heureusement, il y a des blogs et des journalistes honnêtes et compétents qui font le job.
Malheureusement, ils sont ignorés par la majorité.

Le cardinal Cantoni voulait « sauver » le pédophile Inzoli

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Silere non possum
Via AM Valli

Alors qu’en Belgique, l’évêque salésien Van Looy a renoncé à sa nomination comme cardinal, conscient qu’une affaire aurait éclaté qui aurait créé pas mal de maux de tête au Pape, en Italie, Oscar Cantoni a été célébré par toute la presse locale et nationale comme le seul cardinal électeur italien de ce consistoire. Il suffit de parcourir les pages des journaux lombards pour voir combien d’encens a été dépensé pour un homme dont on ne sait toujours pas, pour paraphraser Mgr Delpini, pourquoi il a été élevé à la dignité de cardinal.

Il semble y avoir une réponse et cela ressemble beaucoup à l’affaire Zanchetta.

Les mêmes « fautes » que l’on pourrait reprocher à Van Looy se retrouvent dans le maigre curriculum d’Oscar Cantoni. Non seulement l’évêque de Côme a ordonné prêtre don Martinelli, un jeune connu dans tout l’État de la Cité du Vatican pour ses manières peu amènes et de lourdes accusations d’abus sur un confrère, mais, dans l’affaire de don Mauro Inzoli, Cantoni a voulu le sauver en ne lui accordant que cinq ans de « punition médicinale ».

L’affaire Inzoli

Le 29 juin 2016, don Mauro Inzoli, président du Banco Alimentare pendant quinze ans, a été condamné par le tribunal de Crémone à quatre ans et neuf mois pour avoir abusé sexuellement de cinq mineurs. Le plus jeune avait douze ans et le plus âgé seize. Dans le domaine canonique, la procédure contre le prêtre était en cours depuis un certain temps. Oscar Cantoni, alors évêque de Crema, le diocèse où le prêtre était incardiné, a joué un rôle clé.

La sentence de la Congrégation pour la doctrine de la foi (désormais Dicastère) indique clairement « le 21 juillet 2011, ce Dicastère a confié à l’évêque de Crema, en tant que son délégué, la tâche de mener à bien un processus pénal administratif ex can. 1720 CIC contre le clerc ». À la tête du diocèse de Crema se trouvait Oscar Cantoni, qui avait reçu les plaintes contre le père Mauro Inzoli dès 2010.

Le cardinal Müller (alors à la tête de la Congrégation) poursuit : « Au cours de l’enquête, les plaintes de onze hommes mineurs, de deux femmes mineures et des indications d’abus possibles sur sept autres mineurs sont apparues ». Nous parlons de vingt mineurs !

Inzoli répond aux objections en avouant. « Compte tenu de l’aveu partiel par le délinquant des faits reprochés et de son incapacité à présenter des éléments pour se disculper, ainsi que de la gravité et de l’imputabilité des crimes…, l’évêque de Crema – après avoir consulté ses assesseurs – a considéré que la certitude morale nécessaire avait été atteinte concernant la commission des abus ».

Ainsi, Inzoli a avoué et l’évêque Oscar Cantoni a admis que les abus avaient été perpétrés.

Malgré cela, Cantoni a signé un décret le 25 août 2012 condamnant Inzoli à une peine de cinq ans seulement. Il s’est même adressé aux fidèles de Crema, affirmant que le but de « l’esprit ecclésial est toujours d’accompagner maternellement ses enfants, même lorsqu’ils commettent des erreurs, plutôt que de faire prévaloir des jugements de condamnation ».

Oui, les accusations contre le prêtre ont été considérées par Cantoni comme prouvées, mais il n’a pas songé à le renvoyer de l’état clérical. Il lui a ordonné de vivre en dehors du diocèse de Crema, lui a retiré toute fonction pastorale et lui a imposé la célébration de la Sainte Messe en privé. Pour seulement cinq ans !

Heureusement, les actes du procès, comme le stipule le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela, devaient être transmis à la Congrégation pour la doctrine de la foi pour obtenir la confirmation du décret. Le 9 novembre 2012 (sous le règne de Benoît XVI), la Congrégation s’est adressée à l’évêque Oscar Cantoni et lui a dit : « Vu la gravité, la continuité et la permanence des abus perpétrés », vous devez reformuler le décret en imposant la peine de la révocation de l’état clérical et non les peines temporaires que vous avez données.

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller et son dicastère disaient en substance à Cantoni : si le crime est prouvé, s’il a avoué, s’il a même recommencé, pour quelle raison absurde devrait-on être indulgent ? La question est donc la suivante : pourquoi Cantoni a-t-il voulu sauver don Mauro Inzoli alors qu’il était certain qu’il avait abusé de mineurs ?

Ce n’est qu’après que la Congrégation lui ait ordonné de le faire que Cantoni a publié le décret renvoyant don Mauro Inzoli à l’état laïc. Le prêtre a fait appel devant la session ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi le 30 janvier 2013, et les membres l’ont rejeté le 29 mai 2013 avec 14 voix pour, une abstention et une contre.

L’appel au Pape

Inzoli ne s’est pas découragé et, grâce aussi à son évêque, a réussi à se rendre auprès du pape. François, qui venait d’être élu, a décidé de ne pas se soucier de la décision de la Congrégation et a pris l’affaire à son compte. En outre, il a même décidé d’accorder la grâce à Inzoli, comme le souhaitait Cantoni, et « compte tenu de la gravité du comportement et du scandale qui en a résulté », il a invité Mgr Inzoli « à une vie de prière et d’humble réserve, en signe de conversion et de pénitence ». Le Pontife n’a donc pas infligé la peine la plus sévère à un prêtre pédophile, mais l’a même sauvé « des griffes » de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

L’ex Saint-Office en est resté sous le choc. Avec tout ce qui émergeait concernant les abus sexuels commis par des prêtres, le pape nouvellement élu graciait un prêtre qui avait abusé d’une vingtaine d’enfants… « Nous avons été stupéfaits lorsque nous avons reçu la demande du pape de publier le décret 665/2010. A l’évidence, quelqu’un avait un accès privilégié à Santa Marta », nous a affirmé l’un des quatorze membres votants de la Congrégation.

« Quiconque est condamné pour des abus sexuels sur des mineurs peut se tourner vers le pape pour obtenir un pardon, mais je n’en ai jamais signé un et ne le ferai jamais. J’espère que c’est clair », a déclaré François à la Commission pontificale pour la protection des mineurs en 2017. Pourtant, le 6 juin 2014, le pape a mandaté la Congrégation pour la doctrine de la foi pour publier un décret sauvant don Inzoli et ne lui imposant que des sanctions temporaires, comme le lui avait demandé l’évêque Oscar Cantoni, désormais promu cardinal de la Sainte Église romaine.

François a mis sa signature dessus. En 2014, le pape s’est appuyé sur le jugement de ses amis et non sur celui de ceux qui ont tenté avec compétence de mettre un terme aux abus commis sur des enfants par un homme puissant.

Contraint de faire marche arrière

François avait été informé que don Inzoli avait une passion pour le luxe – son surnom était « don Mercedes » – mais il a néanmoins décidé de sauver le prêtre qui avait sur la conscience la vie de nombreux jeunes dont il avait abusé, ruinant leur vie à jamais. Le juge italien a écrit qu’Inzoli abusait des mineurs en « profitant sans scrupule de sa position de force et de son prestige, trahissant la confiance que les jeunes lui accordaient dans les moments où ils lui confiaient leurs problèmes personnels et aussi pendant le sacrement de la confession, en revêtant parfois sa conduite d’une signification religieuse, ce qui ne faisait qu’accroître la confusion des jeunes ».

Ce n’est qu’après le départ de l’évêque Oscar Cantoni que d’autres témoignages ont été recueillis et qu’il est apparu qu’Inzoli avait répété les abus malgré les sanctions qui lui avaient été infligées. En substance, grâce aux mesures que François lui avait accordées, Inzoli a pu continuer à abuser de mineurs. Le nouvel évêque de Crema, Daniele Gianotti, a recueilli les témoignages et les a envoyés à Rome. À ce moment-là, le pape n’a eu d’autre choix que de renvoyer Inzoli de l’état clérical. Mais sur sa conscience, le pape a la vie de ces jeunes qui, entre 2014 et 2017, ont été victimes d’Inzoli.

En Cassation, don Mauro Inzoli a été condamné à quatre ans, sept mois et dix jours de prison. En Italie, le procès avait été réduit à la contestation de l’abus de cinq garçons, en raison de la prescription : le plus jeune avait douze ans, le plus âgé seize, tous survenus entre 2004 et 2008.

Malgré cet épisode, qui s’ajoute à l’affaire du Petit Séminaire Saint Pie X, où Cantoni a fait preuve d’une incompétence totale, François a élevé l’évêque de Côme à la dignité de cardinal.

Une fois encore, le Pontife montre qu’il y a un océan entre le dire et le faire.

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