AM Valli présente, sous forme de dialogue avec un contradicteur fictif, les objections que peut avoir un catholique sincère attaché à la Tradition, et les réponses qu’on peut donner. Léon XIV est forcément un pape qui s’inscrit (comme Benoît XVI du reste, mais avec des nuances) dans la continuité de Vatican II. Une page est définitivement tournée (et Bergoglio a sans doute mis le point final), il faut l’accepter, et éventuellement s’y résigner. Compte tenu de la composition du collège cardinalice, Léon XIV est le meilleur choix que l’on pouvait avoir. C’est ce qu’il faut retenir.
Réponses à un ami au sujet du pape Léon
Mais en fin de compte, cher Aldo Maria, peux-tu nous dire ce que tu penses du pape Léon après presque quatre mois de pontificat ?
L’ami qui me pose cette question ne fait pas dans la dentelle. Il va droit au but.
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D’abord, tu dis que tu l’aimes, puis tu le critiques. Ensuite, tu dis qu’il ne faut pas tirer sur lui, puis tu publies dans ton blog des articles de commentateurs qui le critiquent…
Il est encore trop tôt pour porter un jugement global, nous ne devons pas être impatients. Quoi qu’il en soit, cela me semble clair : le pape Prevost est le fruit de l’Église post-conciliaire.
Et alors ?
Il ne peut donc pas être différent de ce qu’il est. Dialogue, œcuménisme, « Nostra aetate », « chemin commun », synodalité, Concile Vatican II, Déclaration universelle des droits de l’homme, ONU, don Milani et don Mazzolari « prophètes de paix et de justice », etc. Tel est son horizon, et il ne peut en être autrement.
Recalé ?
Il ne s’agit pas ici de recaler ou de promouvoir. Il s’agit de faire face à la réalité. Léon XIV ne peut être un nouveau Pie X, mais pas non plus un Pie XII.
Conséquences ?
Nous avons un autre pape dans la lignée de Vatican II. Plus instruit, plus préparé, plus sensible que François et certes pas aussi brutal que son prédécesseur. Un pape qui, dans une certaine mesure, semble aussi aimer la Tradition et est conscient des divisions au sein de l’Église. Mais l’horizon reste le même.
Déçu ?
Mais non. Je l’ai dit et je le répète : vu le collège cardinalice dans son ensemble, nous avons eu de la chance. Cela ne signifie pas que nous devons penser que nous avons désormais tourné la page. Cette page est toujours là, devant nous.
Que faire ?
Continuer à veiller et à témoigner. Avec un grand respect pour le successeur de Pierre, mais sans concession. Nous avons eu assez de papolâtrie. Passons au crible et conservons ce qui est bon, mais en sachant bien que nous sommes toujours sous le régime Vatican II.
Tu as perdu la verve que tu avais quand tu t’en prenais à François…
Ce n’est pas vrai. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a différentes saisons. Face à Bergoglio, il fallait un bazooka, surtout contre son ambiguïté. Avec Léon, c’est une autre histoire. Mais la vigilance ne faiblit pas. C’est notre devoir, à nous qui sommes baptisés.
Espérais-tu mieux ?
Je n’ai jamais imaginé que le nouveau pape dirait : je désavoue Vatican II. Je suis heureux quand Léon remet Jésus au centre. Je suis heureux quand il dit que seul Jésus nous sauve. C’est bien qu’il cite Augustin. C’est bien qu’il défende le mariage chrétien et le droit naturel. C’est bien, la dévotion mariale. C’est bien que dans son message aux évêques amazoniens, il ait condamné l’adoration de la nature, mettant fin au scandale de la pachamama. C’est moins bien qu’il laisse entendre que le chemin synodal se poursuivra.
Nous verrons également ce qu’il dira le 6 septembre au Jubilé LGBTQ, s’il dit quelque chose. Et ce qu’il décidera au sujet de la messe traditionnelle. S’il décide quelque chose. Le fait que la troisième rencontre sur la fraternité humaine, dans le sillage de Bergoglio, se tiendra bientôt au Vatican est très négatif. Espérons qu’il n’y en aura pas de quatrième l’année prochaine.
Bref, tu t’en contentes
Non, loin de là. J’ai apprécié, par exemple, qu’il ait reçu le cardinal Burke et nommé le cardinal Sarah comme son envoyé spécial au sanctuaire de Sainte Anne d’Auray. Mais, je le répète, la vigilance continue. Sans prétendre en savoir plus que les autres.
Que souhaites-tu ?
Je ne souhaite rien. Je prie plutôt. Pour que le pape me confirme dans la foi. Tant par ce qu’il dit et fait que par ce qu’il ne dit pas et ne fait pas.