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18 Avr 2023 | Ecole Ratzinger

Ecole Ratzinger – Dans son dernier article (cf. François et le « munus docendi » de l’Eglise), le blog italien Silere non possum remarquait que François, interpelé directement sur ce sujet (dans le film de Disney+), en quelque sorte « bottait en touche », se limitant à des slogans et des mots destinés à faire sensation (« tueur à gages ») « faute de capacité à tenir un discours complexe expliquant qu’il faut évaluer quel droit l’emporte sur l’autre en cas de conflit ».
Exactement comme le fait ici le cardinal Ratzinger répondant aux questions volontairement provocantes de Peter Seewald en 1997.

« Le sel de la terre » (1997), Peter Seewald

Peter Seewald: L’Eglise, dit le pape, continuera à s’opposer avec véhémence à toutes les mesures « qui favorisent l’avortement, la stérilisation, et aussi la contraception ». De telles mesures blessent la dignité de l’être humain en tant qu’image de Dieu et sapent ainsi les bases de la société. Il en va fondamentalement de la protection de la vie. D’un autre côté: pourquoi alors la peine de mort, en tant que « droit de l’Etat », comme il est dit dans le catéchisme, n’est-elle pas exclue?

Dans la peine de mort, quand elle est appliquée de droit, on punit quelqu’un qui s’est rendu coupable de crimes très graves prouvés, et qui représente aussi un danger pour la paix sociale ; c’est donc un coupable qui est puni. Tandis que, dans le cas de l’avortement, la peine de mort frappe quelqu’un d’absolument innocent. Et ce sont deux choses totalement différentes, que l’on ne peut pas comparer.

Il est vrai que l’enfant non né est considéré par beaucoup comme un agresseur injuste, qui réduit mon espace vital, s’impose dans ma vie et que je dois abattre comme un agresseur qu’il est. L’enfant n’est plus considéré comme une créature de Dieu, à l’image de Dieu, avec son propre droit à la vie, mais, en tout cas tant qu’il n’est pas né, il apparaît soudain comme un ennemi ou comme une chose encombrante dont je peux disposer moi-même. Je crois qu’il s’agit simplement de faire comprendre à la conscience qu’un enfant une fois conçu est un être humain, un individu.

Peter Seewald: Mais peut-on dire que si quelqu’un, dans une extrême détresse de conscience, se décide pour une interruption de grossesse, il commet un attentat contre la vie .

La manière dont la culpabilité est répartie entre les différentes personnes, on ne peut jamais en décider de manière abstraite. Mais l’acte en tant que tel – quel que soit le responsable de la situation, ce peut être aussi la pression des hommes – reste essentiellement ceci : pour régler une situation de conflit, un être humain est tué.
Et le conflit n’est jamais réglé. Nous savons aussi par des psychologues combien un tel acte reste gravé dans l’âme de la mère, car elle sait bien qu’un être humain était en elle, que ce serait son enfant, peut-être quelqu’un dont elle serait fière à présent. Naturellement, la société doit aider, fournir d’autres moyens d’arranger la situation, faire cesser la pression sur les futures mères, afin que s’éveille un nouvel amour pour les enfants.

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