Une passionnante réflexion du blogueur argentin « The Wanderer » , qui compare les obsessions du pontificat de François (migrants, environnement, pauvres, accueil sans discrimination de ”tous”) à des planètes qui gravitent autour de l’unique soleil, qui est le Christ. En obscurcissant le soleil, les 12 années de Bergoglio leur ont fait quitter la juste orbite (l’auteur utilise un néologisme éloquent, « désorbitaliser ») . Pourtant, preuves à l’appui, elles ont toujours été au coeur du message chrétien, il est donc inutile de s’affoler dès que le pape prononcera ces mots, dépréciés par François, puisqu’ils appartiennent à l’orthopraxie.
A Léon XIV, désormais de les remette sur la bonne orbite, en replaçant à nouveau le Christ au centre.
Nous sommes tous tellement sensibles à certaines questions (l’immigration, le respect de l’environnement, l’attention prioritaire aux pauvres, l’accueil de tous, de tous, de tous, etc.) que toute allusion à ces questions nous fait classer celui qui la fait comme franciscain, et cette étiquette suscite l’aversion de tous les catholiques. Mais nous devons veiller à distinguer que le problème n’est pas les thèmes, mais que le problème était François.
Comme le dit très justement Chesterton dans Orthodoxie, « les hérésies sont des vérités qui sont devenues folles ». Et c’est ce qu’a fait le pape argentin : il a non seulement rendu fous les catholiques, mais aussi une bonne partie des vérités de la foi.

Une tâche pour Léon XIV: « réorbilaliser » l’orthopraxie
Il y a quelques jours, un lecteur régulier du blog qui signe sous le nom de El marqués de Godoy, a laissé une réflexion intéressante dans un commentaire :
« Je pense que tout est une question de gravitation : quand le centre du système solaire est bien fondé, les autres planètes gravitent correctement, sans prendre la tangente, sans s’effondrer les unes contre les autres ou contre l’astre solaire lui-même. Quand le Christ, Lumière du monde et Soleil de justice, est reconnu et prêché comme tel, les autres planètes – migrants, sauvegarde de la création, pauvreté et misère matérielle – retrouvent naturellement leur orbite, l’importance et la dimension qu’elles ont. Et c’est le cas ! Nous en avions juste assez de les caricaturer et de les idéologiser ».
Je crois que c’est effectivement le cas. Nous sommes tous tellement sensibles à certaines questions (l’immigration, le respect de l’environnement, l’attention prioritaire aux pauvres, l’accueil de tous, de tous, de tous, etc.) que toute allusion à ces questions nous fait classer celui qui la fait comme franciscain, et cette étiquette suscite l’aversion de tous les catholiques. Mais nous devons veiller à distinguer que le problème n’est pas les thèmes, mais que le problème était François. Comme le dit très justement Chesterton dans Orthodoxie, « les hérésies sont des vérités qui sont devenues folles ». Et c’est ce qu’a fait le pape argentin : il a non seulement rendu fous les catholiques, mais aussi une bonne partie des vérités de la foi. Ou, pour reprendre l’image du commentaire du marqués de Godoy , il a désorbitalisé les vérités de la foi, simplement parce qu’il a caché ou déplacé le Christ Seigneur comme centre gravitationnel.
Ce n’est pas une surprise, du moins pour nous. Nous l’avons dit dès le début du pontificat de François, et nous l’avons répété à plusieurs reprises : Bergoglio allait brûler les bonnes causes, dont il fallait s’occuper, et ensuite, elles seraient si chaudes que tous ceux qui les toucheraient seraient également brûlés.
Mais le problème ici n’est pas tant de savoir qui doit les toucher – dans notre cas, le pape Léon XIV – mais ceux d’entre nous qui observent ses moindres gestes à la loupe pour voir s’il suit la voie franciscaine ou s’il revient à l’orthodoxie catholique. Je ne dis pas que c’est mal de le faire, surtout dans les premiers mois de son pontificat, mais il me semble que nous devons veiller à reconnaître qu’il s’agit de vérités qui font partie de la praxis de l’Église ; en d’autres termes, l’orthopraxie est aussi importante que l’orthodoxie.
Examinons quelques vérités désorbitalisées par François.
- L’Église s’est toujours préoccupée des migrants. Et il est très facile de le prouver : il suffit de nommer sainte Frances Xavier Cabrini ou le bienheureux Jean-Baptiste Scalabrini, tous deux fondateurs de congrégations religieuses dédiées exclusivement à l’assistance aux immigrés. L’Argentine est un pays d’immigrants et si nous parcourons, par exemple, la province de Santa Fe, où se sont installés de nombreux immigrants d’origine allemande et suisse, nous verrons les nombreuses fondations de congrégations de ces origines (comme celles fondées par saint Arnold Janssen) qui ont suivi à juste titre ceux qui ont quitté leur patrie. En bref, la nécessité et l’opportunité pour l’Église de s’occuper des migrants sont incontestables.
Le problème est que François a rendu la vérité folle ; il l’a rendue folle en se positionnant politiquement – ce qui était la seule chose qui l’intéressait – et en balayant les distinctions les plus fondamentales et les plus élémentaires que tout le monde peut voir. L’invasion, et non l’immigration, d’Africains musulmans en Europe n’est pas la même chose que l’immigration de Latinos chrétiens aux États-Unis.
Comme l’a dit un autre lecteur du blog, il ne s’agit pas d’ouvrir les frontières sans discernement, mais il ne s’agit pas non plus de construire un mur d’Hadrien. Et l’Église doit s’occuper des migrants, comme elle l’a toujours fait, parce que c’est une réalité qui s’impose, mais elle doit le faire en se positionnant dans ce qu’elle est : l’Épouse du Christ, et non une branche politique de Georges Soros.
- La simple mention de Laudato sì et de tout le charabia bergoglien sur la protection de la « terre mère » me donne la chair de poule. Cependant, nous devons reconnaître une fois de plus que le problème n’est pas le sujet, mais la désorbitalisation opérée par le Porteño sur le sujet. Rappelons que le souci de l’environnement a été pendant des décennies un thème du monde catholique conservateur, car il faisait partie de l’opposition au capitalisme sauvage qui, au nom du profit, n’hésite pas à saccager la flore et la faune de toute la planète. Il suffit de penser à J.R.R. Tolkien et à l’ensemble de son œuvre littéraire. Certes, dans Le Seigneur des Anneaux, il y a une forte critique de la négligence ou de la destruction de la planète, et Roger Scruton s’exprime de la même manière, et d’un point de vue philosophique.
Mais remontons plus loin. Pour les Pères de l’Église, ainsi que pour saint François d’Assise, chaque créature, chaque arbre et chaque baleine, n’a pas seulement été voulue par Dieu, mais elle porte en elle les « raisons » divines (logoi) qui peuvent être vues par ceux qui ont progressé dans la vie spirituelle et qui sont capables de contempler ces merveilles de Dieu. Si l’homme a été placé comme roi de la Création pour en faire usage afin de répondre à ses besoins, il ne peut pas la détruire et en faire ce qui lui plaît et sert ses intérêts, car la Création, et chaque créature, est et possède un reflet sacré.
- Lorsqu’un prêtre ou un évêque parle des pauvres, je suis déjà sur mes gardes parce que des décennies d’expérience me disent que dans la grande majorité des cas, ce sont des opérateurs sociaux qui utilisent l’Église pour leurs intérêts philanthropiques et dénaturent la foi, qu’ils ne possèdent probablement pas.
Mais il est facile de prouver que le souci des plus pauvres et des plus démunis a toujours été une priorité dans l’Église. Nous le voyons dans les Actes des Apôtres, dans les lettres de saint Paul, dans les œuvres de tous les Pères et dans le témoignage de milliers de saints. Soigner et protéger les plus pauvres est un devoir pour tous les catholiques. Le problème est la désorbitalisation de cette mission depuis Vatican II, que Bergoglio a portée à son paroxysme.
- Accueillir « todos, todos, todos » est aussi très mauvais pour nous, mais regardons quelques exemples qui nous montrent que, lorsque ces initiatives sont bien en orbite, elles sont nécessaires.
Saint Vital, moine et ermite de Gaza (VIIe siècle), est reconnu comme le patron des prostituées. À l’âge de 60 ans, il s’installe à Alexandrie, où il travaille comme ouvrier et utilise son salaire pour rendre visite aux prostituées, non pas pour les exploiter, mais pour leur parler de leur dignité et les encourager à quitter cette vie. Il passait ses nuits à prier pour elles, ce qui a suscité la controverse parmi les chrétiens locaux. Après sa mort, de nombreuses femmes qu’il avait aidées ont assisté à ses funérailles, témoignant de son travail.
Autre exemple : Saint Jean François Régis (XVIIe siècle) a travaillé sans relâche dans les régions rurales de France, où la pauvreté poussait de nombreuses femmes à se prostituer. Il a risqué sa vie pour les sauver, en leur offrant un soutien matériel et spirituel.
Marie Euphrasie Pelletier (XIXe siècle) a fondé la congrégation des Sœurs du Bon Pasteur, dont l’objectif était de prendre soin, de réhabiliter et d’éduquer les femmes et les jeunes filles en situation de vulnérabilité, en particulier celles confrontées à la pauvreté, à l’exploitation ou à la prostitution.
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En bref, l’une des tâches, et l’une des plus difficiles, à laquelle Léon XIV devra faire face, s’il en a la volonté et la capacité, est de remettre en orbite les éléments les plus fondamentaux de l’orthopraxie catholique qui ont été dénaturalisés, rendus fous ou désorbitalisés par François.
Même si les expériences traumatisantes que nous avons vécues nous conduisent à être sur nos gardes chaque fois que nous entendons parler de ces questions, il serait prudent que, sans baisser la garde, nous fassions tous l’effort de ne pas préjuger mais, au contraire, de donner aux planètes une chance de retrouver une orbite.

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