En parcourant ce matin les blogs italiens inclus dans ma « revue de presse » quotidienne, j’apprends qu’en Italie aussi, cela bouillonne:
À Milan, Turin, Bologne et dans d’autres villes, les manifestations contre la hausse des prix et les difficultés économiques ont été accompagnées de moments de tension, d’affrontements avec les forces de l’ordre et de dégradations. Une mobilisation qui a mêlé revendications sociales, manifestations étudiantes et opposition à la politique du gouvernement, mais qui, dans certains cas, a dégénéré en épisodes de violence inacceptables.
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https://lanuovabq.it/it/la-follia-delle-piazze-e-la-sfida-di-landini-per-andare-al-governo
Dans la foulée, le secrétaire national de la CGIL (sorte de CGT version transalpine), pressé de prendre le train en marche, n’a rien trouvé de mieux que de décréter une grève générale pour samedi prochain. Laquelle ne manquera pas d’engendrer de nouvelles violences.
Et apparemment, il n’y a pas que la France et l’Italie: d’autres pays européens voient s’agiter les frémissement annonciateurs d’une explosion.
Le soupçon naît alors – et j’espère me tromper – que nous soyons en train en train de vivre les prémisses d’une déflagration destinée à s’étendre à toute l’Europe – voire à l’ensemble de l’Occident. Une sorte de Soixante-huit, en plus effrayant au vu de la sauvagerie inédite des agresseurs et de la nullité des gouvernants.
Pour comprendre ce qui se passe, et surtout réaliser à quel point sont dérisoires les mesures préconisées par l’opposition, du genre « faire payer les casseurs » (qui doivent se tordre de rire), voici une formidable réflexion issue d’un blog que je découvre (donc je ne sais rien de son auteur, je laisse les lecteurs faire leurs recherches), reprise par AM Valli. Attention, elle fait flipper. Mais mieux craindre le pire et s’y préparer, avec un peu (ou plutôt beaucoup, beaucoup) de chance, il n’arrivera pas
Se contenter de faire la morale sur les voitures incendiées et les vitrines brisées, sans aller plus loin, ne fait que révéler que l’on n’a pas encore saisi la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Attachez vos ceintures

Andrea Zhok
INFOSANNIO
18 octobre 2026
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Les images des flammes qui ravagent la mairie de Limoges, en France, ainsi que l’effondrement du clocher, font le tour du monde. On ne peut que condamner de tels incidents, tout comme on ne peut que condamner les actes de saccage qui ont accompagné les manifestations dans de nombreuses régions de France.
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Cependant, si nous nous limitions à ce niveau de réflexion, nous ne ferions qu’adopter une attitude conservatrice petite-bourgeoise classique, qui a certes ses raisons d’être mais qui est aussi d’une myopie dramatique. Se contenter de faire la morale sur les voitures incendiées et les vitrines brisées, sans aller plus loin, ne fait que révéler que l’on n’a pas encore saisi la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Ce à quoi nous assistons en France, mais sous des formes différentes désormais dans de nombreux pays européens (Espagne, Portugal, Albanie, Belgique, et depuis hier également en Italie), est tout sauf un événement irrationnel. Il existe en effet des événements historiques qui ne sont irrationnels que d’un point de vue local, mais qui revêtent une rationalité évidente lorsqu’on les observe avec suffisamment de recul.
Rationnel ne signifie pas indolore, ni exempt d’injustices.
Il faut s’entraîner à maintenir simultanément deux niveaux d’analyse : celui où l’on peut qualifier certains actes et certains sujets de barbares, d’incivils ou de vandales, et celui où l’on peut (et où l’on doit) comprendre que l’histoire est toujours un fleuve où flottent des débris et des cadavres, mais qu’elle ne s’arrête pas aux sermons.
Ce qui se passe obéit à une logique collective implacable, même si ceux qui y participent n’en ont souvent qu’une compréhension limitée, voire aucune.
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Depuis de nombreuses années déjà, les populations européennes perçoivent leurs classes dirigeantes comme un organisme technocratique anonyme, un mur de caoutchouc mobile, qui avance en « pilote automatique », totalement indifférent aux besoins de la population. Le pari de ces classes technocratiques liées à la finance a été de parvenir à endormir les consciences avec l’opium des peuples d’aujourd’hui que sont les médias (divertissement et infodivertissement), et d’apprivoiser les récalcitrants par des mesures répressives (un coup de matraque par-ci, une fermeture de comptes par-là, une petite loi électorale par-ci, une annulation d’élections par-là, etc.).
Le principe général, tacite et incontesté, des dirigeants européens est qu’on ne discute pas avec le peuple, mais qu’il suffit simplement d’alterner la carotte et le bâton.
Tout ce qui est dit publiquement est toujours un mensonge instrumental, sans exception, sauf dans les rares cas où une vérité peut elle-même être instrumentalisée. Le discours public est devenu une comédie sans fin qui se soucie de moins en moins de préserver un semblant de crédibilité.
Ainsi, personne de sensé ne pense vraiment que la Russie soit sur le point de nous envahir, mais cela n’empêche pas des hordes de charlatans institutionnels de répéter ces conneries chaque jour, l’air sérieux. Et bien sûr, tout le monde sait que dans ce jeu de contes de fées colportés par les journaux à sensation, le seul élément pertinent, le pivot immuable face aux aléas de la situation, c’est la volonté de gérer arbitrairement les ressources publiques afin de les détourner au profit d’intérêts privés.
En substance, depuis longtemps, les classes dirigeantes se sont habituées à traiter la population comme une bête stupide, à l’égard de laquelle toute motivation rationnelle est exclue et qu’il faut traiter, d’une part, par des flatteries sélectives et des privilèges ciblés, et, d’autre part, en la réduisant à l’impuissance.
Et ce mécanisme peut fonctionner, et fonctionne effectivement sur le long terme.
Jusqu’à ce que ça ne fonctionne plus.
Et cela ne fonctionne plus le jour où trop de gens ont trop à perdre pour pouvoir se permettre de rester dans un état de torpeur.
Ici, il ne faut pas associer l’expression « perdre trop » à des situations telles que la « mort par inanition ».
Dans une société moderne, les gens se retrouvent dans une situation de privation insupportable bien avant de « mourir de faim ».
Aujourd’hui, par exemple, ne pas avoir les moyens d’utiliser une voiture ou d’accéder à Internet pour la majorité de la population revient à être coupé du monde, du travail, de la vie sociale, de la vie tout court. Et le fait que les voitures et les téléphones portables aient autrefois été des biens de luxe n’a aucune importance : c’est désormais ce nouveau niveau de « participation à la vie en société » qui fait la différence entre la vie et la non-vie.
Des plébéiens élevés comme des bêtes de somme auxquelles on distribue de temps à autre du « panem et circenses », des petits boulots de merde [sic!] et des promesses creuses à la télévision : le jour où ce jeu s’enrayera, ils ne seront pas – et ne seront jamais – sensibles aux impératifs de la décence publique, du respect de la propriété, de la vénération des monuments, etc.
Ce sont des individus culturellement et moralement défavorisés qui incendient des voitures, des bâtiments historiques et des magasins. Mais les véritables coupables, ceux qui devraient être tenus pour responsables, ce sont ces classes dirigeantes qui ont entretenu et favorisé cette privation, pensant qu’elle leur était utile.
Aujourd’hui, la cocotte-minute est sur le point d’exploser. Même si cette vague venait à s’apaiser, ce ne serait qu’un début, car les classes dirigeantes européennes ne sont pas en mesure, ni matériellement ni culturellement, de corriger le cap. Alors attachez vos ceintures, car nous allons nous écraser.
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