Les temps changent au Vatican (suite). Vraiment? Et si oui, est-ce en bien?

6 Juin 2026 | Actualités

Peut-être la nomination de la mexicaine Maria Montserrat Alvarado, directrice d’EWTN n’était-elle pas la bonne nouvelle annoncée par The Wanderer (cf. Les temps changent… même au Vatican), et ne pas voir les problèmes, disons, d’ordre canonique, que soulève le fait qu’elle soit une femme, de surcroît non consacrée, relèverait de l’aveuglement. C’est justement parce qu’elle est une femme (même pas si conservatrice que cela), que le pape a pu, fort habilement, « vendre » à l’aile conservatrice de l’Eglise comme une concession une nomination qui s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur:

Ce choix s’inscrit parfaitement dans la stratégie de Bergoglio et son exaltation du monde féminin, ses ouvertures à des rôles ecclésiaux importants pour elles.

La révolution au sein de l’Église se poursuit

Remarques sur l’importance de la nomination, dans le plus pur style bergoglien, de la première femme laïque nommée préfète d’un dicastère pontifical

Vaticano,12 maggio 2025. Papa Leone XIV incontra Maria Montserrat Alvarado, nuovo Prefetto della Comunicazione Vaticana, durante l'Udienza agli operatori dei media che avevano seguito il Conclave / SICILIANI

Matteo D’Amico
Vitis Vera (via le blog de Maurizio Blondet)
(extraits)

Comme on le sait, le Pape a nommé, à compter de novembre 2026, une femme, Maria Montserrat Alvarado, une Mexicaine dans la quarantaine (née en 1986), qui a fait ses études universitaires aux États-Unis et qui possède la nationalité américaine depuis 2008, au poste de préfète du Dicastère de la communication du Vatican, organisme qui supervise Vatican News,  Radio VaticanL’Osservatore Romano et, en bref, l’ensemble de l’appareil de communication du Saint-Siège.

Il est intéressant de noter que de 2009 à 2023, Alvarado a travaillé au Becket Fund for Religious Liberty, une organisation à but non lucratif qui organise des actions en justice (notamment devant la Cour suprême) en faveur de la liberté religieuse, sur la base d’une vision œcuménique radicale. Voici comment cet important organisme définit sa mission sur son site officiel :

« Becket est un institut juridique et éducatif à but non lucratif, d’utilité publique, dont la mission est  de protéger la liberté d’expression de toutes les confessions religieuses. Becket a pour vocation de défendre un principe simple mais souvent négligé : puisque la dimension religieuse est naturelle chez les êtres humains, l’expression religieuse est naturelle dans la culture humaine. Nous promouvons ce principe dans trois domaines : les tribunaux, l’opinion publique et le monde universitaire, tant aux États-Unis qu’à l’étranger.

Chez Becket, nous aimons dire que nous avons défendu les droits religieux de personnes de toutes confessions, des anglicans aux zoroastriens. Nos sympathisants représentent une multitude de religions, mais tous partagent notre vision commune d’un monde où la liberté religieuse est respectée comme un droit humain fondamental dont chacun a le droit de jouir et d’exercer ». .

Difficile de trouver des définitions plus modernistes, sur le plan théologique, que celle qui vient d’être citée.

Tel est le contexte culturel dans lequel Alvarado a grandi.

Il y a toutefois d’autres remarques à faire : c’est la première femme non ordonnée à être nommée préfète d’un dicastère du Vatican. Si le fait qu’une femme soit préfète est déjà un scandale, cela l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une laïque. Il existe également des craintes fondées quant au fait qu’il ne soit ni théologiquement défendable, ni légitime en termes canoniques, qu’une femme (ordonnée ou non) dirige, en tant que chef de dicastère, des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses. Nous pourrions avoir des cardinaux et des évêques subordonnés à une laïque de quarante ans et tenus de recevoir d’elle des ordres et des directives : c’est une situation objectivement abominable et totalement contraire à la Tradition de l’Église.

Il est évident que le choix d’une femme répond à une décision idéologique précise prise par Prevost, qui montre ainsi qu’il se plie aux exigences d’un monde qui réclame de plus en plus férocement des « femmes-diacres » et des « femmes-prêtres ».

Il convient par ailleurs de noter qu’il est tout simplement absurde de penser que, dans toute l’Église catholique, avec ses centaines de milliers de prêtres, de religieux et de laïcs engagés dans le monde de la communication, il n’y avait pas d’autre choix possible. Il est évident que le choix d’une femme répond à une décision idéologique précise prise par Prevost, qui montre ainsi qu’il se plie aux exigences d’un monde qui réclame de plus en plus férocement des « femmes-diacres » et des « femmes-prêtres ».

Ce choix s’inscrit parfaitement dans la stratégie de Bergoglio et son exaltation du monde féminin, ses ouvertures à des rôles ecclésiaux importants pour elles. Prevost se révèle désormais comme un Bergoglio aimable, au visage humain, doux et rassurant, qui devrait, par son élégance et sa modération, pénétrer et séduire même le monde conservateur (et, peut-être, traditionaliste). Mais derrière les apparences du « gentil carabinier », il confirme le modernisme radical de son prédécesseur ; il semble presque démentir la devise qui décrit le processus révolutionnaire : « deux pas en avant, un pas en arrière ». Ici, on ne fait que des pas en avant.

En tant que préfet, elle sera l’une des proches collaboratrices du pape, ce qui implique des rencontres fréquentes, voire quotidiennes, avec Prevost. Cela va certainement à l’encontre de la prudence qui devrait guider chaque décision du pape. Pendant des siècles, il a été d’usage qu’aucune femme ne s’assoie à la table papale, et voilà qu’une jeune et jolie Mexicaine pourrait rencontrer le Pape quotidiennement, voire de manière informelle : cela ne peut que contribuer à détruire le peu qui reste de l’aura de sacralité qui devrait toujours entourer le Souverain Pontife.

(…)

Souhaitons bien du plaisir aux cardinaux et aux évêques (et au Pape) qui devront recevoir leurs ordres de cette sympathique jeune femme qui contribuera sans aucun doute à redresser le sort de l’Église en cette époque malsaine et dévastée de sa lente Apocalypse.

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