Préparation du synode: une analyse lexicométrique (édifiante) du document d’accompagnement

30 Juil 2026 | Actualités

AM Valli reprend ici une étude intéressante du site Radical Fidelity sur le document préparant la prochaine phase du Synode sur la synodalité (L’Eglise synodale « en sortie ).

Le décompte des « occurrences dominantes » ne laisse guère de place au doute et illustre les priorités théologiques qui guident les membres du synode: elles sont bien peu catholiques.

Au point de poser légitimement la question: ne sommes-nous pas face à une tentative de créer une nouvelle religion ?

De quoi le cœur des membres du synode est-il rempli ?

Quelques indications tirées de l’analyse des mots les plus fréquents

    Le Secrétariat général du synode a publié « Faire mémoire. Accompagner la préparation de l’Assemblée d’évaluation de l’Église locale », document destiné à guider les évêques et les groupes synodaux dans la préparation des « assemblées d’évaluation diocésaines » de 2027 [cf. L’Eglise synodale « en sortie ». Ou plutôt « qui a perdu la tête »]. 

    . . .

    Les auteurs du document expliquent que l’objectif est de permettre aux participants au synode de « discerner » si le cheminement synodal transforme véritablement leur vie et leur mission.

    Six questions sont au cœur du texte :

    1. si une Église plus missionnaire et synodale est en train de voir le jour ;
    2. comment les relations au sein de l’Église ont évolué ;
    3. si les processus de discernement et de prise de décision se sont améliorés ;
    4. si les relations de l’Église avec le monde extérieur se sont élargies ;
    5. si la coresponsabilité et la participation de tout le Peuple de Dieu se sont renforcées ;
    6. si l’Église est devenue plus apte à annoncer l’Évangile.

    Parmi les propositions figure celle d’élargir encore davantage la synodalité en y intégrant d’autres confessions et religions, et cela mérite déjà réflexion : le mécanisme synodal vise-t-il uniquement à actualiser les processus internes ou à fonder de fait une nouvelle religion ?

    Le site Radical Fidelity a mené une étude intéressante sur ce document : il a analysé les occurrences dominantes, c’est-à-dire les mots et expressions qui reviennent le plus souvent, et le résultat, d’une certaine manière, parle de lui-même.

    Le vocabulaire utilisé dans ce document illustre les priorités théologiques qui guident les membres du synode, et s’il est vrai, comme on peut le lire dans Matthieu 12, que « la bouche exprime ce dont le cœur est rempli », ces priorités semblent bien peu catholiques. 

    Les thèmes dominants ne sont pas la doctrine, la révélation, la Personne du  Christ ou la liturgie, mais bien ces mots-talismans habituels, comme les appelait Plinio Corrêa de Oliveira, vagues et ambigus, tels que « voyage », « expérience », « écoute », « discernement ».

    Le motif ou thème qui revient le plus souvent est celui du « chemin », mot qui apparaît 57 fois au cours des dix-neuf pages, présentant l’Église synodale comme une communauté en mouvement constant le long d’un parcours synodal.

    En deuxième position, on trouve le thème de l‘expérience, avec les mots « expérience », « expériences » et « expérimenté » qui reviennent pas moins de 43 fois.

    Et puis, il y a bien sûr l’écoute. Les mots « écouter » et « écoute » apparaissent en effet 31 fois, tandis que les mots « entendre » et « ouïr » n’apparaissent pas du tout.

    À cela s’ajoutent 21 occurrences de variantes de la famille du verbe « discerner », 10 occurrences du mot « conversation » (presque toujours dans l’expression « conversation dans l’Esprit ») et 30 références à l’Esprit ou au discernement spirituel.

    L’utilisation des termes « voies » (27 occurrences), « parcours » (14 occurrences) et « accompagnement » (12 occurrences) est tout aussi fréquente. Vers où ?

    Certains affirment qu’il n’est pas vrai que nous soyons face à une nouvelle religion. Cependant, le mot « nouveau » apparaît 11 fois, et des termes connexes tels que « renouveler », « renouveau » et « renouvelé » reviennent pas moins de 18 fois. Les références à des « nouvelles voies », des « nouvelles formes » et des « nouveaux départs » sont fréquentes.

    Dans les dix-neuf pages de ce document, le nom de Jésus n’apparaît qu’une seule fois, et celui de Christ n’apparaît jamais.

    Et les mots « catholique », « Église catholique » ou « catholicisme » ? Rien. Absents. Rien du tout.

    Et la Sainte Vierge ? Rien. Il n’y a pas la moindre référence à la Bienheureuse Vierge Marie sous aucun de ses titres traditionnels : Marie, Vierge, Bienheureuse Vierge, Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame, Theotokos, Immaculée. Je le répète : zéro.

    Certes, la fréquence d’utilisation d’un mot n’est pas nécessairement, en soi, un indicateur d’adhésion à la doctrine officielle, mais nous connaissons le contexte dans lequel ces documents voient le jour (et que, probablement, personne ne lit, à part les bureaucrates synodaux chargés de les rédiger).

    Alors : êtes-vous vraiment sûrs que nous ne sommes pas face à une tentative de créer une nouvelle religion ?

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