Des prélats impliqués jusqu’au cou dans des scandales sexuels aux Etats-Unis, à leurs homologues latinos (la corruption financière en plus), en passant par les conseillers hyperprogressistes en Italie (sans oublier « Mgr » Ricca, le Thénardier de Santa Marta): sur « La Verità », panorama (presque) complet du premier cercle bergoglien, reproduit par Marco Tosatti. Peut-on continuer à fermer les yeux?

Presque tous les épisodes et les noms évoqués ici sont documentés dans ces pages (utiliser la recherche Google du site)

Le Pape avec Mgr Ricca et le Cardinal Santos Abril y Castello

Comme très souvent, Marco Tosatti donne la parole à « Super Ex », qui introduit le roboratif dossier de La Verità.
S’il n’y avait qu’un ou deux prélats douteux parmi les proches du Pape, on pourrait dire que c’est une coïncidence, ou une simple erreur de casting dûe à l’absence d’information, bien humaine donc pardonnable.
Mais ici ce qui est troublant, c’est la répétition, la quantité, sans parler de connivences qui dépassent la simple circonstance des mœurs en commun.
Même en tenant compte d’exagérations possibles, ou de rumeurs partiellement fondées (on comprend pourquoi, notamment dans ses homélies matinales à Sainte Marthe, le Pape ne cesse de vitupérer contre la prétendue « lèpre » des pettegolezzi!!), cette quantité exclut qu’il puisse s’agir d’un simple complot ourdi par la soi-disant « nébuleuse » (c’est ainsi qu’ils l’appellent!!) anti-Bergoglio.
Ou alors, que ceux qui avancent cette explication simpliste nous prouvent par A plus B que le Pape n’est au courant de rien de ce qui se passe sous son nez, et que Ricca, Danneels, McCarrick, Wuerl et Cie sont blancs comme neige, malheureuses victimes collatérales de la haine anti-François enracinée dans les milieux conservateurs. Allons donc!

Les amitiés du Pontife

Marco Tosatti
23 juillet 2019
Ma traduction

Super Ex

La Verità du 16 juillet a publié un long article intitulé « Les copains du gang latino-américain » centré sur les collaborateurs ambigus de Bergoglio: affairistes, mis en examen, démissionnaires à cause de scandales sexuels, etc. J’ai été frappé par une photo publiée à l’appui de l’article mais non commentée.
On peut y voir Bergoglio, Mgr Ricca et le Cardinal Santos Abril y Castello liés par une bienveillance mutuelle particulière, une sorte de « correspondance des sens amoureux ».

Pourquoi est-ce que je commente cette photo en marge de cet article?
Parce qu’elle achève d’encadrer la figure de Ricca, grand chambellan de la Casa Santa Marta malgré les scandales sexuels dans lesquels il était impliqué, mais elle ne dit rien du cardinal.
Pourtant, c’est la coexistence des trois qui aide à comprendre le système d’alliances dangereuses créé par Bergoglio à partir de son passé argentin.

Voyons un peu: de 1999 à 2001, Ricca travaille auprès de la nonciature en Uruguay, à Montevideo, sur la rive nord du Rio de la Plata, face à Buenos Aires.
C’est précisément durant ces années que son comportement homosexuel crée le scandale, au point de provoquer son départ!
Le Cardinal de Buenos Aires ne sait-il rien de toute la clameur que le comportement de Ricca a engendrée? Difficile à croire.

L’autre homme sur la photo est le cardinal Santos Abril y Castello, nonce en Argentine de 2000 à 2003. Ne sait-il rien du scandale Ricca qui s’est produit ces mêmes années?
Peut-on imaginer que le cardinal de Buenos Aires et le nonce à Buenos Aires ne savent pas ce qui se passe à deux pas?

Continuons maintenant à dénouer le fil conducteur: une fois élu, le pape Bergoglio s’entoure immédiatement de divers fidèles, parmi lesquels…. RICCA et Castello ! Et tous deux acquièrent un rôle important.
Castello, par exemple, a été envoyé comme commissaire au Paraguay avec la tâche d’anéantir l’évêque Lieveres et son séminaire florissant, coupable de ne pas adhérer pleinement au mélange de foi catholique et de communisme épousés par certains confrères.
RICCA devient le majordome du quartier général de Bergoglio.
Mais surtout, ils se sont tous les deux retrouvés à l’IOR! L’un, RICCA, en tant que prélat, malgré, on le répète, les scandales qui en d’autres temps avaient provoqué son départ de la nonciature, l’autre comme membre de la commission cardinalice de vigilance.

C’est de gens de ce type, en plus de ceux mentionnés dans l’article de La Verità, que s’entoure notre homme


Ignazio Mangrano
La Verità
16 juillet 2019

Tous les hommes de Bergoglio

Après six ans de pontificat, après des mois et des mois de silence sur le « dossier Viganò », il est utile de faire un tableau aussi complet que possible de l’entourage de Bergoglio.

Commençons par le défunt cardinal Goffried Daneels, connu pour avoir été l’un de ses grands électeurs et membre de ce qu’il appelait lui-même « la mafia de Saint-Gall ». Du point de vue des idées, Daneels a représenté pendant des années l’opposition idéologique à Jean-Paul II et Benoît XVI, surtout en matière de morale.

Il était en effet favorable aux lois sur les unions civiles entre homosexuels, ainsi qu’à l’idée d’accorder aussi la communion aux personnes divorcées remariés (Paolo Rodari, Repubblica, 16/10/2014).

Surtout, le cardinal belge a été accusé à plusieurs reprises d’être un ‘serial-dissimulateur’, qui a protégé des clercs homosexuels et des pédophiles: en 1998, il a été condamné à une amende de 500 mille francs pour avoir protégé un curé gay coupable d’abus; puis il a été accusé par un ancien prêtre, Rik Devillé, et par une vingtaine d’autres personnes; il a par la suite été soupçonné de couvrir l’évêque de Bruges, qui a avoué avoir commis des abus sur son propre neveu! En 2010, on a été jusqu’à fouiller la maison du cardinal et saisir son ordinateur !

Il Post du 30 août 2010 : « Ces derniers jours, la presse belge a publié des enregistrements audio de deux rencontres d’avril dernier entre le cardinal Godfried Daneels – ex-archevêque de Bruxelles – et l’une des victimes d’actes de pédophilie commis par l’ex-évêque de Bruges Roger Vangheluwe, forcé à démissionner en juin dernier après avoir demandé pardon. Dans les enregistrements, Danneels essayait de convaincre la victime, aujourd’hui âgée de 42 ans, de ne pas révéler son cas, à tellement d’années de distance, ou du moins d’attendre que le prélat parte en retraite: « Il se retirera l’année prochaine, et pour vous il vaut mieux attendre », rapportent les interceptions publiées par De Standaard et Het Nieuwsblad… » .

Le journaliste Emiliano Fittipaldi, dans son livre “Lussuria: Peccati, scandali e tradimenti di una Chiesa fatta di uomini” (Luxure: Péchés, scandales et trahisons d’une Église composée d’hommes), consacre plusieurs pages aux intrigues du cardinal belge, rappelle les excuses publiques du cardinal lui-même et conclut par cette phrase: « Le 13 mars 2013, il sera un des grands sponsors de Bergoglio. Il sera un fidèle parmi les fidèles (convoqué personnellement par le Pape, ndr) qui tentera de pousser les demandes progressistes au Synode sur la famille. Tout est pardonné ».

Daneels meurt le 15 mars 2019: les journaux du moment rappellent sa vieille amitié avec Bergoglio, ses batailles contre le nationalisme, l’islamophobie et en faveur des migrants, et les accords entre le Vatican et la Chine, mais aussi les scandales qui font de lui, aux yeux du peuple, un « dissimulateur ». Dans le télégramme de condoléances, Bergoglio préfère l’éloge inconditionnel, le qualifiant de « pasteur zélé, attentif aux défis de l’Église contemporaine » (cf. benoit-et-moi.fr/2019)


Le deuxième cardinal sur lequel s’attarder est Donald Wuerl, défini par les vaticanistes américains comme « pope maker » (faiseur de papes), autrement dit grand électeur de Bergoglio: « Mais en même temps que les Italiens, les Américains poussent eux aussi Bergoglio avec leur principal pope maker: l’archevêque de Washington Donald Wuerl » (Paolo Rodari, Repubblica, 15/3/2013).
Wuerl est, idéalement parlant, l’opposant aux États-Unis du cardinal Raymond Leo Burke, dont il est venu demander publiquement la démission, et il est très proche, politiquement, des positions des libéraux. Il est surtout intimement lié, comme trois autres ecclésiastiques élevés à la pourpre cardinalice par Bergoglio lui-même (Kevin Farrell, Joseph William Tobin et Blase Cupich), au cardinal Theodore Edgar McCarrick: un prélat puissant, que Bergoglio, après avoir promu tous ses disciples et ignoré les mesures prises précédemment contre lui a dû démettre de l’état clérical après la preuve éclatante de ses crimes (violence homosexuelle contre des séminaristes et pédophilie).

Wuerl s’est retrouvé dans le collimateur de la justice américaine, car selon le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie alors qu’il était évêque de Pittsburgh, « il a déplacé des prêtres qui avaient abusé d’adolescents, cachant les nouvelles aux autorités civiles et payant même l’un d’eux pour qu’il se taise ».

Néanmoins, il a été soutenu pendant des mois par Bergoglio, jusqu’à ce que, en raison des protestations de la communauté catholique américaine et de grands journaux tels que le Washington Post et le New York Times (qui ont exprimé leur mécontentement face au comportement du couple Wuerl-Bergoglio), il juge opportun de quitter ses fonctions d’archevêque de la capitale.

Avvenire du 12 octobre 2018 : « Le Pape accepte la démission de l’archevêque de Washington, Wuerl. Dans l’enquête sur les abus sexuels de mineurs menée dans l’État américain de Pennsylvanie, le cardinal a été accusé d’avoir couvert de nombreux prêtres pédophiles quand il était évêque de Pittsburgh ».

Dans le même article, cependant, on lit les louanges de Bergoglio à la prétendue « noblesse » du cardinal mis en examen et contraint à la démission.

Jusqu’à présent, cela fait donc six cardinaux de stricte observance bergoglienne qui ont déjà été impliqués dans de vilains scandales, probablement destinés à augmenter en raison d’éventuelles enquêtes de la justice américaine contre la triade des amis de McCarrick (les déjà cités cardinaux Farrell, Cupich et Tobin).

Mais cela ne s’arrête pas là.

Si nous faisons un tour dans la terre d’origine de Bergoglio, nous sommes confrontés aux sombres histoires de Gustavo Óscar Zanchetta: ce prélat argentin est très proche du pontife argentin qui, en juillet 2013, c’est-à-dire peu après son élection, le promut évêque d’Oràn. Le 19 décembre 2017, toujours le Pape François le voulut comme Conseiller pour l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique (APSA), l’appelant à Rome. La promotion semble suspecte, surtout quand le monsignore se retrouve sous les enquêtes de la justice argentine.

Salvatore Cernuzio dans La Stampa du 8 juin 2019: « Abus sexuels continuels aggravés. Avec cette accusation du procureur de la province argentine de Salta, Monica Viazzi, Mgr Gustavo Zanchetta, 54 ans, évêque protagoniste d’un étrange cas de démission du diocèse d’Oran il y a trois ans, nommé par le pape assesseur de l’APSA, finit devant les tribunaux d’Argentine. Le juge Claudio Parisi a formellement accusé hier le prélat d’avoir harcelé sexuellement deux séminaristes alors qu’il était ordinaire diocésain et donc avant de quitter ses fonctions et d’être transféré au Vatican dans l’importante charge d’administrer le patrimoine du Saint Siège ».

Cette affaire, poursuit le journaliste, a commencé le 29 juillet 2017 lorsqu’il a soudainement démissionné d’Oran, un diocèse du nord de l’Argentine caractérisé par la pauvreté, les menaces constantes des narcos et d’autres problèmes, où Bergoglio l’avait placé en 2013 parmi ses premières nominations comme évêque. Le choix de sa démission a été motivé par un « problème de santé » qui ne lui permettait pas « d’exercer pleinement son ministère pastoral ». Après quelques mois au cours desquels il a, de fait, disparu de la circulation, il est réapparu à Rome dans le nouveau rôle de conseiller de l’APSA « en raison de sa capacité de gestion administrative ». Un poste qui n’apparaissait pas auparavant dans l’organigramme du Dicastère et qui n’a jamais impliqué de responsabilité de gouvernement… ».

Interrogé par la vaticaniste Valentina Alazraki, en mai 2019, sur la raison pour laquelle un prélat avec de telles accusations en suspens avait été appelé à Rome, par ailleurs avec un poste économique aussi prestigieux créé ad hoc pour lui, Bergoglio, plutôt en difficulté, répond entre autres choses: « Il avait certainement une façon de traiter, selon certains, despotique, autoritaire, une gestion économique des choses pas tout à fait claire, semble-t-il, mais cela n’a pas été démontré. Il ne fait aucun doute que le clergé ne se sentait pas bien traité par lui… Economiquement, il était désordonné, mais il n’a pas mal géré économiquement les travaux qu’il faisait. Il était désordonné mais la vision est bonne » (La Stampa, 28/5/2109).

Une défense qui, dans sa contorsion et sa contradiction maladroite, se commente d’elle-même.
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