Le tournage de « The two Popes » est apparemment terminé, le film, distribué par Netflix, sera présenté au festival international de Toronto, en septembre 2019. Le rôle de Benoît XVI sera joué par… Anthony Hopkins. Bof…

Anthony Hopkins et Jonathan Pryce

Pour commencer, il convient de relever l’incongruité de faire un film à partir d’une histoire dont personne ne connaît ni les tenants ni les aboutissants, sauf les protagonistes, tous deux encore en vie (alors que le moindre people protège jalousement l’utilisation de son « image », sanctions judiciaires à l’appui), interprétés par des stars du grand écran dont la ressemblance physique avec les figures qu’ils sont censés incarner est tout sauf évidente.

Cette anomalie dûment notée, on peut s’interroger: le film se contentera-t-il de surfer sur l’étrange vague de bergogliophilie qui traverse actuellement le cinéma (où «le pape était resté jusqu’à l’élection de François une figure plutôt rare», La Croix, 11 mai 2018) – une vague du reste circonscrite côté « création » et production, directement proportionnelle à la cathophobie persistante des médias, et à la bergogliophobie croissante côté public?
Ou bien présentera-t-il au grand public, sans sacrifier au sensationnel ni au politiquement correct, un tableau qui soit le plus objectif possible de l’événement extra-ordinaire du 11 février 2013, évoquant honnêtement les zones d’ombre qui entourent la démission de Benoît XVI?

On espère la seconde option, mais on peut avoir des doutes à la lecture du synopsis officiel, publié avant-hier par Netflix, et qui laisse présager une resucée de ces innombrables « thrillers vaticans » très à la mode il y a une dizaine d’années (et totalement sortis des radars aujourd’hui… mais qu’y a-t-il donc de changé depuis lors??) surfant sur le succès de « Da Vinci Code« , et dont le principal ressort était justement la révélation d’un secret propre à « ébranler les fondements de l’Eglise » – une Eglise présentée systématiquement sous son jour le plus sombre, dans laquelle le Pape et les catholiques fidèles jouaient le rôle des méchants de service?

«Frustré par la direction de l’église, en 2012, le cardinal Bergoglio (Jonathan Pryce) demande au Pape Benoît XVI (Anthony Hopkins) la permission de se retirer. A la place, confronté au scandale et au doute de soi, l’introspectif Pape Benoît XVI somme son plus rude opposant et futur successeur à Rome de révéler un secret qui ébranlerait les fondations de l’Église catholique.
Derrière les murs du Vatican, une lutte s’engage entre tradition et progrès, culpabilité et pardon, alors que ces deux hommes très différents affrontent leur passé pour trouver un terrain d’entente et forger un avenir pour un milliard de fidèles dans le monde.»

(Texte en anglais ici)

Bref, on peut s’attendre au pire… mais je suis une irréductible optimiste, et après tout, une bonne surprise n’est pas exclue. Enfin, pas totalement.