L’extraordinaire plaidoyer/réquisitoire d’un dominicain qui a toujours défendu le Pape, le Père Cavalcoli. Il fallait que quelqu’un le fît, et il fallait que ce fût quelqu’un qui ne puisse pas être classé comme « anti-Bergoglio primaire » (!!) On n’est pas forcé d’être d’accord avec tout. Mais avec ses limites et ses défauts, c’est la plus forte prise de position à ce jour, non pas exactement « contre » mais « à propos de » François et son exercice de la papauté (mis à jour le 13)

Un ami m’a envoyé le lien vers le blog du Père Giovanni Cavalcoli, que je vous recommande d’aller lire dans son intégralité… Ceux qui connaissent la prudence et la fidélité à l’Église et au rôle du Pontife du théologien peuvent évaluer son degré de préoccupation et la gravité de la situation comme il la décrit.

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Marco Tosatti


Non habemus Papam

Le drame du Pape François

8 novembre 2019
padrecavalcoli.blogspot.com
Ma traduction (les caractères gras sont de moi)

L’Eglise est-elle finie?

Le titre sensationnel ne doit pas faire peur au lecteur. Je ne suis pas sédivacantiste ou don-minutellien, mais un ancien « ufficiale » de la Secrétairerie d’État de Saint Jean Paul II et un académicien pontifical. Je dis donc tout de suite que le Pape François connaît bien son devoir de Pape et le pratique. Et pourtant le titre de l’article, aussi choquant soit-il, je ne l’ai pas choisi au hasard. Le lecteur ne doit pas interrompre la lecture immédiatement et me laisser m’expliquer.

Depuis quelque temps, en indiquant comment nous devons nous comporter avec le Pape et comment mettre d’accord les factions opposées qui déchirent l’Église, je me retrouve sur une route presque solitaire, avec très peu d’amis; mais c’est celle qui indique le chemin de la paix sous la conduite du pasteur commun, qui est le Pape, Vicaire du Christ. Mais les modernistes me méprisent et m’ignorent, me prenant pour un lefevriste. Ces derniers, pour leur part, puisqu’ils critiquent le Pape, s’approchent de moi en espérant m’attraper, mais quand ils réalisent que leur truc ne marche pas avec moi, ils se retournent contre moi avec toutes sortes d’imprécations.

Que se passe-t-il en effet depuis des années? Que beaucoup d’observateurs et d’érudits informés, objectifs et impartiaux, mais aussi de fidèles ordinaires, sensibles au bien de la foi, des âmes et de l’Église, constatent aujourd’hui qu’en ces années de pontificat, le Pape François, qui ne manque pas de dons, mais par désir, semble-t-il, de succès, attiré par le réformisme moderniste et par un dialogue mal compris avec le monde, s’est laissé aller, adulé par ses collaborateurs et par les foules mondaines, à une telle imprudence pastorale, qu’il se trouve à présent coincé, au point de devoir gérer, apparemment, une situation ecclésiale tellement chaotique qu’elle se présente comme presque ingérable.

Certes, le Pape est là. Mais pour nous, ses enfants anxieux, il semble qu’ils soient en quelque sorte privés de leur père. C’est le sens de mon article. Ce n’est donc pas le ton du juge, comme certains pharisiens venimeux, de ceux qui savent tout, mais le ton sincère et franc du fils affectueux, suppliant, souffrant et confiant. Et pour cette raison, la conclusion sera, comme il se doit, optimiste.

En attendant, regardons la réalité en face. François se donne certainement beaucoup de mal, d’une manière même prodigieuse, vu son âge avancé, avec ses voyages, ses documents, ses rencontres, ses discours continus, ses décisions pastorales.

Il prêche l’ouverture vers les pauvres, les immigrés et les marginalisés, mais en pratique, il entretient des contacts amicaux avec toutes les grandes puissances internationales traditionnelles ennemies de l’Eglise catholique, sans les critiquer: le monde protestant, le monde communiste, le monde juif, le monde islamique, la franc-maçonnerie. Et avec quel résultat? Serait-ce là le Pape de tous?

Les fanatiques du Pape le présentent comme un grand rénovateur et un prophète, tandis que dans la pratique il laisse courir toutes les vieilles hérésies repeintes, christologiques, trinitaires, ecclésiologiques, anthropologiques et morales.

Dans l’Église, il fait de la place aux modernistes et tolère les corruptions de toutes sortes, tandis qu’il fustige les conservateurs. Peu d’attention est portée au milieu des catholiques normaux, lesquels toutefois, étant donné la conduite du Pape, se sentent perdus et ne se sentent pas aidés par lui, de sorte que certains sont tentés de se déplacer vers la gauche, d’autres sont tentés de passer parmi les disciples de Mgr Lefebvre ou don Minutella ou de Mgr Viganò.

Je dirais au Pape François: François, cela ne te fait rien que ces choses arrivent? Tu ne te soucies pas de tes enfants ? Avant l’Église « sortante », il y a une Église dans sa propre maison. Une famille dont les membres se disputent, qu’est-ce qu’elle enseigne aux autres familles? Arrête-toi un instant et réfléchis. Fais moins et fais mieux. Nous, tes enfants, nous te demandons: est-ce que tu résous les questions? Est-ce que tu clarifies nos doutes? Est-ce que tu dissipes les malentendus? Est-ce que tu réfutes les erreurs? Est-ce que tu punis les rebelles? Est-ce que tu convertis les cœurs? Est-ce que tu fais grandir l’Église? La défends-tu contre ses ennemis? Réconfortes-tu et consoles-tu nos âmes souffrantes, déconcertées et scandalisées?

En disant cela, nous n’ignorons pas tout le bien que tu fais.

Mais ta miséricorde est-elle vraie ou s’agit-il de faiblesse négligente? Ton humilité est-elle vraie ou est-elle mépris de ton autorité apostolique et renoncement à ta responsabilité de Vicaire du Christ? Ton ouverture à tous est-elle vraie largesse de cœur, vraie universalité franche et évangélique, ou est-ce une manière opportuniste de louvoyer entre des positions opposées? Le changement que tu prêches est-il une conversion, une métanoïa ou un changement de cap en suivant le vent? Sais-tu distinguer la rigidité du conservatisme, de la stabilité et de l’immuabilité des principes? Le moderne du modernisme? Nous voulons le croire, mais on ne le voit pas toujours.

Qu’arrive-t-il au Pape François ?

Essayons de nous demander si nous pouvons appliquer au Pape François ces paroles que nous trouvons dans l’office divin du bréviaire romain dans l’hymne pour les Saints Pasteurs: « Maître de sagesse et père dans la foi, tu brilles comme une lampe dans l’Église de Dieu« . Y reconnaît-on François?

Il faudrait comprendre ce qui se passe dans l’âme de cet homme. Après des années de réflexion, je suis arrivé à cette conclusion: Selon moi, quatre facteurs jouent dans l’âme de François, qui perturbent et rendent son action apostolique, même intense, contre-productive ou illusoire.

1- Il y a un facteur moral qui, à mon avis, pourrait constituer une faute: il est trop préoccupé d’entrer en contact avec n’importe qui, de plaire au monde, et trop peu d’accepter l’échec et de plaire à Dieu. François devrait se demander: quels fruits est-ce que je récolte de tout cela en me donnant tout ce mal? Est-ce que j’améliore ou empire l’Église? Tous ces gens qui m’applaudissent et m’exaltent, qui voient-ils en moi? Le Christ ou Bergoglio?

2- Il y a un facteur culturel. On note une préparation théologique insuffisante. Mais ce serait encore peu, si l’on ne remarquait pas une répugnance déraisonnable, authentique, envers l’activité abstraite, unificatrice, universalisante et spéculative de la pensée. Il n’y a pas une fois où François, faisant allusion à l’abstraction, n’en parle pas mal, oubliant que le concret est l’application de l’abstrait et est un cas particulier de l’abstrait. Ce sont les animaux qui ne savent pas comment s’élever à l’abstrait.

Il n’argumente pas, ne définit pas, n’explique pas, ne précise pas, ne clarifie pas, de distingue pas, ne dément pas, ne réfute pas, mais il se limite à la simple affirmation, à l’appel, au slogan, à la phrase efficace, à l’élan émotionnel, à l’ironie, à la moquerie, à la plaisanterie, à la farce, à l’anecdote, à la répétition jusqu’à la blague, tout cela par ailleurs astucieux et intelligent, mais insuffisant pour un enseignement pastoral complet et persuasif.

3- Certains se demandent si on ne peut pas évoquer un facteur psychologique de manque d’équilibre psychique. Deux symptômes.

¤ D’abord, au milieu d’une conduite de maîtrise de soi normale, on remarque parfois l’excès de rire, avant de retrouver ensuite un regard renfrogné ou un froncement de sourcils, comme s’il en avait après quelqu’un. Pourquoi ces sautes d’humeur? Avez-vous déjà vu de telles choses chez le bienheureux Pie IX? Ou Léon XIII? Ou saint Pie X? Ou Benoît XV? Ou Pie XI? Ou Pie XII? Ou chez saint Jean XXIII? Ou chez saint Paul VI? Ou saint Jean Paul II? Ou Benoît XVI?

On a l’impression que ce rire est la réaction à un fort malaise intérieur. Un tel rire, en effet, ne sent pas la spontanéité, mais l’exagératiion. Laissons les acteurs de la télévision faire rire les foules. Un Pape, comme le Christ, doit attirer par sa charité et sa compassion ouvertes à tous, spécialement aux plus souffrants et aux perdus de cœur.

¤¤ Deuxième symptôme. Le soupçon ou la crainte naît que le pape François surmonte par intermittences des moments d’égarements mentaux occasionnels, lui faisant prononcer des phrases qui, prises littéralement, seraient matériellement des hérésies ou proches de l’hérésie. Or, étant donné qu’un Pape ne peut pas être formellement et intentionnellement hérétique, il ne semble pas y avoir d’autre moyen de s’en sortir ou d’autre explication que celle-là: il s’agit de défaillances mentales involontaires occasionnelles, qui s’emparent de lui et lui font dire des phrases imprudentes, lunatiques et impulsives, qui sont ensuite, à l’occasion mais pas toujours, corrigées.

Le Pape François est tenté par le diable

4- Contrairement aux Papes précédents, François parle souvent du diable et non d’un point de vue doctrinal, mais purement pastoral, dans la ligne de la spiritualité ignatienne du discernement des esprits et de la lutte personnelle contre Satan. Il semble que le Pape parle d’expérience. Il nous donne donc des indications utiles et concrètes sur la façon dont le diable agit, s’insinue dans notre esprit, nous effraie, nous séduit, nous tente de pécher et sur la façon de le reconnaître et de le chasser. Mais il semble que François cède parfois lui-même. Et là est le tragique, qui fait que certaines personnes le prennent calomnieusement pour l’Antichrist. Ici, il faut que nous appliquions ses propres enseignements contre le diable.

Ces facteurs expliquent probablement pourquoi François ne parvient pas à tenir les rênes de l’Église. Il semble débordé, mais en même temps, il semble qu’il n’en fait pas assez pour arrêter la catastrophe. Il ne parvient pas à guérir les conflits internes, mais par sa partialité, il les exacerbe. On a l’impression que la conversion ne concerne que les catholiques, mais pas les non-catholiques. Il insiste trop sur la diversité et trop peu sur l’unité. Il prêche la miséricorde et le dialogue, sauf à se déchaîner avec un ton offensant contre les traditionalistes. Il prêche la communion, la charité et la fraternité, mais ne précise pas sur la base de quelles vérités communes ces valeurs doivent être fondées.

Il réussit non pas en tant que Pape, mais en tant que personnage brillant qui sait satisfaire les goûts, les idées et les intérêts des foules influencées par les modernistes, par les mondains, par les rahnériens, les freudiens, les communistes, les francs-maçons, les luthériens, les musulmans et les agnostiques et – dernière découverte – les magiciens, les sorciers et les idolâtres d’Amazonie.

On a l’impression que l’Église du Pape François, sous prétexte d’ « accueil », de dialogue et de construction de ponts, n’est pas une société hiérarchique et ordonnée, qui requiert des conditions précises; ce n’est pas une cité bien défendue par les remparts, mais elle coïncide avec le monde lui-même, où peuvent entrer tout et le contraire de tout. Sauf ensuite à marginaliser ceux qui rappellent les conditions minimales et nécessaires pour appartenir à l’Église.

François disait récemment que l’Église « n’est pas une forteresse, mais une tente ». Or, tout le monde sait que la clôture d’une maison n’est pas utilisée pour rester enfermé dans la maison, mais pour la défendre des voleurs; les fortifications d’une cité ne servent pas à interdire l’entrée des personnes bien intentionnées, mais à la défendre des troupes ennemies.

Il est clair que l’Église est prête à accueillir tous, parce que tous sont appelés au salut et qu’on ne peut être sauvé que si on appartient consciemment ou inconsciemment à l’Église. Mais à une condition: que ceux qui entrent veuillent vraiment se sauver eux-mêmes et ne veuillent pas la détruire de l’intérieur, comme c’est malheureusement le cas depuis quelque temps déjà. Aujourd’hui, le catholique éveillé ne peut que faire sienne la complainte du psalmiste sur la vigne du Seigneur: « Pourquoi as-tu percé sa clôture? Tous les passants y grappillent en chemin; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent. » (Ps 79, 13-14).

En outre, l’Église du Pape François ne semble pas avoir de buts religieux, spirituels, surnaturels, ou célestes de vie éternelle, mais seulement des buts économiques, sociaux, politiques, populistes, écologiques, terrestres, humanistes, complètement immergés dans le devenir de l’histoire.

Elle ne semble pas offrir au monde un message divin verbal et conceptuel, révélé, gardé infailliblement par l’Église, universel, absolument et immuablement vrai, formulé en dogmes ou articles de foi, obligatoire pour tous en vue du salut éternel, mais elle doit seulement « écouter » le monde, se rendre attrayant au monde, apprécier le monde ou, comme ils disent, la « modernité », se mélanger au monde, prendre et recevoir du monde, vivre avec les autres religions sans prétention d’être supérieurs, de les corriger et de conduire leurs fidèles au catholicisme.

Il nous manquait encore l’Amazonie.

Pour le Pape François, il ne semble pas y avoir de culture ou de philosophie rationnelle, certaine, universelle, éternellement vraie, compréhensible par tous, éminente sur les autres pour la sagesse, particulièrement apte parmi les autres à interpréter l’Evangile et le dogme, mais pour lui toutes les cultures sont du même niveau; la culture gréco-romaine n’a rien de plus que la sagesse ancestrale des peuples indigènes d’Amazonie, il ne convient donc pas de les initier à la culture gréco-romaine, qui n’est pas universelle, mais n’appartient qu’à l’Occident, de sorte qu’ils peuvent très bien et encore mieux vivre l’Evangile par leurs mythes, leurs dieux, le « dialogue avec les esprits », leurs pratiques chamaniques. Platon et Aristote, Sénèque et Cicéron ne connaissent rien de plus que le chaman de la forêt.

Au contraire, ces peuples indigènes sont déjà des « chrétiens anonymes », d’après la théorie de Rahner, selon laquelle l’apprentissage conceptuel de l’Évangile n’ajoute rien à l’expérience transcendantale, athématique et préconceptuelle de Dieu qu’ils possèdent déjà, exprimée dans leur religion et mythologie indigènes. Au contraire, celle-ci en est une meilleure expression, donc le missionnaire, en proclamant l’Evangile, doit s’abstenir de prétendre de l’évangélisé qu’il accepte les parties de l’Evangile qui sont incompatibles avec sa religion maternelle.

Peut-on descendre plus bas ?

Considérant l’accumulation et la multiplication, depuis le début du pontificat du Pape François, de ses actes qui ne semblent pas être, de diverses manières et mesures, conformes à ses devoirs de Pasteur universel de l’Église, dans un crescendo impressionnant qui culmine avec son récent acquiescement à la présence sacrilège de l’image de la déesse Pachamama dans les jardins du Vatican, dans la Basilique Saint-Pierre et dans l’église romaine de S.Maria in Traspontina, avec un culte annexe qui lui a été rendu par le peuple, il semblerait opportun qu’un appel fort au Saint-Père ne vienne pas de groupes léfebvristes ou ultra-conservateurs, qui, sur la base de rejet ou de malentendu dans la compréhension des doctrines du Concile, n’ont pas les papiers en règle pour des actions de ce genre.

D’autre part, on ne comprend pas pourquoi un appel argumenté, noble et faisant autorité, en pleine ligne avec le Concile et avec le pontificat des Papes de la période post-conciliaire, et en pleine communion avec le Pape régnant, ne devrait provenir que d »un très petit nombre de prélats, évêques et cardinaux dignes, et non être plutôt l’expression d’une partie importante ou visible du Collège mondial des cardinaux et des évêques, puisqu’il était évident de la part du Pape qu’il s’était éloigné, par son geste, de son devoir suprême de Grand Prêtre, officiant suprême, promoteur, gardien, et défenseur du culte divin juste, la liturgie étant, comme on le sait, fons et culmen totius vitae christianae.

Pourquoi sont-ils silencieux ?

Qu’est-ce qui empêche un grand nombre de prélats, évêques et cardinaux de faire entendre publiquement leur voix autorisée en tant que Successeurs des Apôtres, pour soutenir les très rares Confrères courageux, qui se sont opportunément exprimés avec une grande sagesse et en même temps un respect filial et sincère pour le Vicaire du Christ, pour le confort et la lumière des fidèles et pour le bien de l’âme du souverain Pontife lui-même ?

Pensent-ils qu’ils ont raison parce qu’ils représentent une très grande majorité relativement à ceux qui s’expriment? Mais la sagesse et la prudence sont-elles toujours du côté de la majorité? Peut-être qu’ils n’ont pas été capables de juger ce qui s’est passé? Mais alors qui les a promus évêques et cardinaux? Pour juger de quoi? De matchs de football ou des cours de la bourse ?

Pourquoi sont-ils silencieux? De quoi ont-ils peur? De la colère du Pape? D’être dégradés? De perdre le chapeau de cardinal ou le siège épiscopal? Et la colère divine n’existe-t-elle pas? Craignent-ils la désapprobation des modernistes? Ont-ils peur que la franc-maçonnerie leurs coupent les fonds ou suspendent leur financement? Toutes ces raisons sont abjectes et mesquines, à condition qu’elles soient vraies, comme je crains, du moins en partie, qu’elles le sont.

Coup de théâtre final

Ne perdons pas espoir. Il faut faire un effort de compréhension à la lumière de la foi. Où François conduit-il la barque de l’Église? Il vient à l’esprit le récit évangélique du Christ, qui, à bord d’une barque avec les apôtres dans une mer agitée, dort, tandis que la barque est brisée par les vagues. Cette scène représente fidèlement la situation de l’Église aujourd’hui, comme le Cardinal Burke l’avait déjà dit en son temps, mais il est allé trop loin en disant que le barreur était absent. A cette époque, le Pape l’a rétrogradé de préfet de la Cour suprême de la Signature apostolique à assistant spirituel de l’Ordre de Malte, par la suite maltraité par le Pape François lui-même.

Nous aimerions faire comme les Apôtres: « Maître, ne t’inquiètes-tu pas de notre mort ? » (Mc 4,38). Cependant, une telle question est indiscrète. Pourrait-on jamais craindre que le Christ cesse d’accomplir son œuvre salvifique par l’Église et dans l’Église? Et si un Pape n’obéit pas au Christ ?

C’est la question angoissée que les meilleurs d’entre nous se posent aujourd’hui. Mais malheureusement, il n’est pas toujours facile de distinguer clairement où le Pape peut faire des erreurs et donc être critiquable et où il ne peut pas faire d’erreurs, et donc le défier ou le contredire dans ce domaine serait de la désobéissance, du schisme ou de l’hérésie. En fait, pour certaines personnes, le Pape convient tel qu’il est, non pas parce qu’elles croient en l’infaillibilité pontificale, mais parce qu’il leur semble que le Pape les satisfait dans leurs désirs terrestres. Certains, au contraire, trouvent à redire à tout ce qu’il fait parce qu’ils sont des fauteurs de troubles. Mais ceux qui voient la situation objectivement, ce sont les vrais catholiques, et ils savent quelles sont les limites de l’autorité du Pape, ils ne peuvent que souffrir précisément parce qu’ils aiment le Pape et l’Église.

C’est vrai que le Christ scandalise, mais qui scandalise-t-il? Les Pharisiens, les hypocrites, le monde. Mais son message est en réalité divine sagesse. Au contraire, le problème est que François scandalise les bons fidèles. Et ce n’est pas vraiment édifiant. Il reste cependant que lorsqu’il nous représente réellement le Christ, il devient, pour ainsi dire, « scandaleux » comme le Christ et alors nous sommes là.

Il faut dire la même chose en référence à Jésus qui dort. Si c’est Jésus qui dort en François, alors vive le sommeil de François! Appelons François à se réveiller. Mais si nous avons la foi et que Jésus dort en François, nous devons Le laisser dormir. Ce n’est pas à nous de le réveiller. François est comme Jésus dans la barque. Il se réveillera seul au bon moment. En fait, il est déjà réveillé. C’est nous qui avons besoin d’être réveillés.

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