Comment expliquer autrement son quasi-silence lors de ses récentes apparitions publiques à propos du coronavirus dont l’Italie est l’un des foyers les plus virulents? A comparer avec ses « ronds de jambe » à la Chine à qui il a fait don de 700 mille masques (nombre certes dérisoire rapporté à la taille de la population, mais c’est le geste qui compte!), qui auraient été aussi bien à sa porte. Son « prochain » est décidément très lointain, du moins géographiquement. Commentaire (au vitriol) d’Antonio Socci.

Il y a une semaine, j’écrivais ici même, à propos de l’attitude des évêques italiens (mais les nôtres n’ont pas grand chose à leur envier!):

L’exemple vient de haut: le premier d’entre eux, l’évêque de Rome lui-même, ne s’était pas encore exprimé alors que l’Italie était déjà en état de siège. Il a attendu aujourd’hui (mercredi) pour le faire, à l’issue de l’Audience générale avec ces mots ( Desidero esprimere nuovamente la mia vicinanza ai malati del Coronavirus e agli operatori sanitari che li curano, come pure alle autorità civili e a tutti coloro che si stanno impegnando per assistere i pazienti e fermare il contagio), sans aucune référence à Dieu ni allusion à une quelconque prière (vatican.va).

J’avais oublié d’ajouter que l’Italie n’était même pas citée!
J’aurais préféré avoir un démenti. Mais là, c’est plutôt une confirmation. Hélas.


Coronavirus:

Pourquoi Bergoglio est ultra-solidaire avec la Chine mais glacial avec les italiens

llustration Antonio Socci

Antonio Socci
Libero, 2 mars 2020
Ma traduction

Le pape Bergoglio a une aversion prononcée pour l’Italie et les Italiens et elle semble croître au fil des ans. Ces jours-ci, elle se manifeste de manière déconcertante.

En effet, hier [1er mars] à l’Angélus, Bergoglio n’a pas dit un mot du drame que vit notre pays, qui s’est d’un coup retrouvé au centre de la tragédie mondiale du coronavirus, avec des semaines qui s’annoncent meurtrières et la perspective de retombées économiques catastrophiques (certains économistes prétendent même que la crise italienne pourrait déclencher une grave crise mondiale).

Bergoglio a parlé – comme toujours – des réfugiés et a également demandé de prier pour les Exercices Spirituels de la Curie Romaine d’Ariccia (ce qui ne semble pas être une urgence mondiale).

Mais il n’a pas jugé utile de prier ou de demander des prières pour la pauvre Italie, pour les morts ou les nombreux malades atteints du coronavirus (qui augmentent chaque jour), pour les médecins et les infirmières qui font de leur mieux dans une situation dramatique, ni pour les nombreux compatriotes qui paient et paieront (même avec la perte de leur emploi) les conséquences économiques catastrophiques de la situation actuelle (grâce à un gouvernement désastreux).

Pourtant, l’évêque de Rome est aussi le primat d’Italie, il n’y a donc aucune explication à une telle indifférence. Au contraire, Bergoglio est très affectueux avec la Chine.

Déjà le 26 janvier à l’Angelus, il a déclaré: « Je désire aussi être proche et prier pour les personnes malades à cause du virus qui s’est propagé en Chine. Que le Seigneur accueille les morts dans sa paix, réconforte leurs familles et soutienne le grand engagement de la communauté chinoise, déjà mis en acte pour combattre l’épidémie ».

Puis, le 3 février dernier, cette nouvelle est sortie: « Le pape François fait don de 700 000 masques sanitaires à la Chine pour lutter contre le coronavirus ». Entre parenthèses, il y a aussi une pénurie de masques en Italie, mais aucune aide n’a été reçue du Vatican.

Par ailleurs, le 12 février dernier, à l’issue de l’audience générale, Bergoglio a parlé à nouveau de la Chine et a adressé « une prière pour nos frères chinois qui souffrent de cette cruelle maladie. Qu’ils trouvent la route de la guérison le plus vite possible ».

Rien de tel pour l’Italie. Dimanche dernier a été dramatique pour l’Italie. L’épidémie dans le Nord avait explosé à l’improviste deux jours plus tôt. Bergoglio, ce dimanche 23 février, était en visite à Bari et a prononcé un discours très politique et extrémiste contre les soi-disant souverainistes (évidemment pour les migrations de masse).

Puis est venu l’Angélus, il a remercié les évêques qui avaient organisé cette rencontre pour « faire grandir la culture de la rencontre et du dialogue », mais il n’a pas dit un mot pour l’Italie qui vivait la panique du coronavirus.

Il est évident que la perplexité de nombreux fidèles a dû également atteindre ses oreilles. Ainsi, le mercredi 26 février, lors de l’audience, il a évoqué l’épidémie: « Je tiens à exprimer une fois de plus ma proximité avec les patients atteints de coronavirus et les travailleurs sanitaires qui les soignent, ainsi qu’avec les autorités civiles et tous ceux qui travaillent pour aider les patients et arrêter la contagion ».

Un discours générique, qui – avec de la bonne volonté – peut être interprété comme une référence implicite à l’Italie, mais sans la mentionner. Et sans la chaleur qu’il a quand il parle des Chinois. Hier, à l’Angelus – comme nous l’avons vu – le silence régnait encore sur l’Italie.

Bergoglio n’agit pas en tant que pasteur, en tant que père, en tant que vicaire du Christ, mais en tant qu’homme politique. En effet, ces dernières semaines, en plus des déclarations affectueuses envers la Chine et des gestes d’aide (les masques de santé), il a également voulu prendre deux décisions politiques qui ont plu au régime communiste de Pékin: la rencontre diplomatique historique du 15 février entre le ministre des affaires étrangères du Saint-Siège et celui du régime chinois (advenue au moment où le régime chinois était plus isolé en raison du coronavirus et donc d’autant plus précieuse); et la lettre empoisonnée que Bergoglio a fait écrire au doyen du collège des cardinaux contre l’héroïque cardinal Zen, « coupable », aux yeux de Pékin, de s’être opposé au traité par lequel Bergoglio a livré l’Église chinoise au régime communiste de Xi Jinping.

Il y a une autre chose qui unit Bergoglio et Xi Jinping, selon l’analyste Antonio Pilati, et qui concerne le gouvernement italien actuelC: « Le gouvernement était déjà fragile, il s’est tenu debout parce qu’il y a des forces qui le soutiennent. L’une est la Chine, l’autre est le Vatican, qui a aujourd’hui une politique très orientée vers Pékin ».

Selon Pilati, cette « passion » de Bergoglio pour la Chine « le conduit à soutenir ce gouvernement, qui a construit de très bonnes relations avec la Chine ».

Les Italiens paient la facture de ce désastreux exécutif, mais Bergoglio s’en moque. Pour lui, seule la Chine est proche.

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