Covid 19 oblige, AM Valli a eu la bonne idée d’ouvrir une nouvelle rubrique « Un mot par jour »: occasion pour lui de réfléchir sur des mots que le confinement forcé nous amène à redécouvrir, en leur donnant un sens parfois inédit. Après « patience », « balcon », « rosaire », c’est aujourd’hui le tour du mot « anxiété ».

Edvard Munch, « Le cri »

L’anxiété (du latin anxi, parfait d’ango : serrer, étouffer, d’où aussi angine et angoisse) vous resserre le cœur, vous étouffe l’âme. A certains moments, l’état d’agitation est tel que vous vous sentez prisonnier.

Comme la peur, l’anxiété peut être utile, car elle fonctionne comme un système d’alarme. Mais si elle dépasse un certain seuil, elle devient un tourment et peut porter à des conséquences dramatiques.

Je ne crois pas être un anxieux, mais ces jours-ci, marqués par le coronavirus, je ressens un certain état d’étouffement dû à une exposition excessive aux nouvelles de la pandémie. Je suis partagé. D’un côté, en raison aussi de la déformation professionnelle, j’aimerais tout lire, tout suivre ; de l’autre, je me rends compte que plus j’accumule de données, plus je me sens confus. La science n’a pas de réponses précises, la politique encore moins. Et l’anxiété est au tournant.

Cela signifie-t-il qu’il vaut mieux ne pas s’informer? Bien sûr que non. Personnellement, cependant, je n’ai recours qu’à une quantité modeste d’informations.

Je dois avouer que je regarde de moins en moins les messages que je reçois par le biais des réseaux sociaux. Trop de données, trop d’hypothèses, trop de doutes. Je ne dis pas que je fais comme l’autruche, mais je sélectionne à coup sûr beaucoup. Et même, je crois que l’art de sélectionner, de discerner (de cèrnere : tamiser, séparer, cribler) est indispensable quand on est exposé à un flux surabondant de données, de nouvelles, de commentaires.

Au milieu de cette incertitude, la foi est l’ancre du salut, c’est le refuge, c’est la parole qui ne trahit pas. Et elle fait beaucoup de bien contre l’anxiété. « La lampe de mes pas est ta parole, la lumière sur mon chemin » (Ps 118 [119], 105). Il est libérateur de pouvoir faire confiance.

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