Ils nous font devenir fous. La terrifiante introspection à laquelle Marcello Veneziani se livre ici offre un reflet assez fidèle de ce que chacun de nous ressent et vit encore aujourd’hui, alors que se succèdent, se superposent et parfois se télescopent informations, sur-information, contre-information et désinformation. Dont il ressort que nous ne savons rien de plus que le premier jour, au moment même où l’on croit qu’on tient un fil et qu’on a enfin compris le « mystère covid-19 ».

L’absence absolue de vérité, l’abandon sauvage aux rumeurs est atroce, car les versions officielles semblent encore moins crédibles que les fake news: le mystère qui entoure ce qui s’est passé, se passe, se passera est absolu. Il est terrible de ne rien savoir, de n’être sûr de rien et de ne plus faire confiance à personne

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M. Veneziani

L’humanité au bord de la crise de nerfs

Marcello Veneziani
(Panorama n.21, 2020)
Ma traduction

Si Vittorio Colao (pdg de Vodafone) (1) dit: « avec la 5G, on pourra injecter ou libérer une substance médicale à distance, presque instantanément », quelle est votre réaction? Vous pensez que c’est un fou, qu’il s’est mal exprimé, quelqu’un qui ne comprend rien même s’il a été parmi les leaders du secteur? ou quelqu’un qui vous dit fièrement qu’il sera possible d' »injecter » une drogue (voire un poison) à distance par des moyens qui à nous sont inconnus? Je ne sais pas comment, je n’ose pas spéculer, je dis juste que c’est troublant, même si ceux qui savent ironisent: tu n’as pas compris, on ne peut pas transmettre une substance à distance, c’est les médecins qui le feront; et alors, quelle serait la nouveauté avec le 5G? Désolé, mais je ne comprends toujours pas et je suis troublé.

L’humanité est au bord d’une crise de nerfs cosmique. Il n’a pas suffi d’une quarantaine sans fin et sans précédent, avec restrictions des droits les plus élémentaires et des libertés primordiales comme jamais auparavant. Il n’a pas suffi de l’incertitude de la prophylaxie, des divisions des experts, de la peur du virus, de l’inadéquation des classes dominantes, des systèmes administratifs et sanitaires et des gouvernements.

Mais l’absence absolue de vérité, l’abandon sauvage aux rumeurs est atroce, car les versions officielles semblent encore moins crédibles que les fake news: le mystère qui entoure ce qui s’est passé, se passe, se passera est absolu. Il est terrible de ne rien savoir, de n’être sûr de rien et de ne plus faire confiance à personne: c’est ce qui se passe quand les verdicts de la science divergent et sont contredits par la réalité, quand les décrets gouvernementaux sont grotesques et confus, et quand des intérêts économiques ou politiques peuvent être entrevus derrière des positions officielles. Quand on ne sait pas comment, où et quand le virus est vraiment né; quand on ne sait pas comment le traiter, on ne sait pas combien de temps il va durer et s’il va revenir ou rester dans le ventre de notre société, on se sent devenir fou. Vous n’avez pas d’issue, vous ne pouvez pas vous échapper. Vous êtes sous cette chape, ce système mondialiste, qui est le pire des totalitarismes, un cauchemar dont vous ne pouvez pas vous réveiller, dont la seule liberté est au fond de mourir.

Il y a une mite, ou plutôt un nid de mites qui nous ronge quotidiennement le cerveau. Et elles insinuent des doutes, des angoisses, des coulisses, qui en ce moment prennent racine, oh oui qu’elles prennent racine. Comme beaucoup d’entre vous, je suis assiégé par une forêt de nouvelles incontrôlées et extraordinaires provenant des sources les plus disparates, parfois insoupçonnées. Non seulement haters et diseurs de bonne aventure, extrémistes, as du clavier, femmes au foyer, retraités, enfants, mais aussi médecins et magistrats sérieux, informateurs scientifiques et agents secrets, prêtres et avocats, universitaires. Chacun a sa propre vérité ou en est porteur et l’intègre peut-être à la vérité de son voisin, à condition qu’elle diffère de la vérité officielle.

Il est facile de dire que tout cela n’est qu’absurdités ou demi-vérités, obscurcies, exagérées et construites en un récit diabolique. Tout ne semble pas être des âneries et il est idiot de se contenter des demi-vérités administrées par les sources officielles… Le mieux que l’on puisse dire, c’est qu’ils tâtonnent comme nous dans le noir, ils font des essais et des erreurs. Et le pire, c’est qu’ils nous cachent des choses, mais beaucoup, et graves…

Ils ont trouvé Le coupable du covid: c’est Antoine Fauci, le conseiller sanitaire de Trump en conflit avec lui. Ce serait lui, selon un certain Rashid Buttar, le coupable de la modification chimérique du coronavirus, lui qui aurait promu la recherche à Wuhan avec les expériences qui se sont avérées létales. Je reste frappé de stupeur, trouver un coupable avec un nom et un prénom, un visage et même un certain prestige, à cette catastrophe mondiale. Le bobard fait partie du catalogue des nouvelles avortées, retraitées, recyclées, puis disparues en fumée. Et alors, vous repensez à tout ce que vous avez vu et entendu ces jours-ci: le virus né en laboratoire, les dénégations et les confirmations de l’immunologiste et prix Nobel Luc Montagnier, immédiatement massacré, le secrétaire d’État américain Pompey; les intérêts sinistres de la Chine à cacher, à véhiculer pour ensuite tirer profit de la situation, les contrôles annoncés, les app sanitaires qui nous surveillent, les ombres de la 5G, les restrictions folles qui vont durer d’une autre façon, le racket des vaccins et leur obligation universelle … Et le colonel des services secrets russes, Kvachkov, qui voit dans la contagion une opération terroriste pour contrôler la population mondiale.

Il serait facile de liquider tout cela comme fake new, fantasme populaire, superstition. Le Grand Complot, les Forces du Mal, etc. Oui, des bêtises puériles, mais je ne les écarterais pas toutes de façon expéditive comme privées de fondement; certaines partent d’indices réels, d’autres touchent à des situations réelles, peut-être que la narration d’ensemble est fantaisiste, les connexions et les déductions sont psycho-pathologiques, mais reste à la base des faits dérangeants, des intérêts obscurs, une méfiance justifiée… Il est juste de passer au crible, de confronter, mais tout n’est pas fantaisiste; il faut distinguer, se documenter, garder l’esprit critique envers le pouvoir comme envers ses accusateurs.

Nous vivons dans un monde ouvert et interdépendant, plein de pièges, à quoi s’ajoutent les mystères du pouvoir, les secrets d’État, les « arcane imperii » de toujours. L’humanité n’est pas devenue pire, les moyens sont devenus plus forts, et tout moyen peut devenir un moyen de destruction. Détruire est plus facile que construire, c’est fait en un instant. Un monde global est plus facilement la proie d’un fou ou d’une secte de fous au pouvoir, dans un laboratoire, dans des lieux de contrôle et de communication.

Remonte alors le contre-chant, la nostalgie des mondes séparés, de la province, des pays oubliés par les tracés mondiaux, des solitudes champêtres, montagnardes et marines. Ce désir de récolter les fruits, ce désir de nager, ce désir de penser et de ne pas y penser.


NDT

(1) Vittorio Colao a été nommé en avril 2020 comme leader de la « task force » chargé de la mise en oeuvre en Italie de la phase 2. L’un des « imprésarios de la terreur » italiens.

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