C’est officiellement une « initiative œcuménique visant à encourager la réflexion sur la création ». mais en réalité, un rite païen, initié en 1989 par le patriarche œcuménique Dimitrios Ier, repris immédiatement par le Conseil œcuménique des Églises, à la recherche d’un plus petit dénominateur commun susceptible de rassembler les chrétiens en mettant si possible de côté les questions qui fâchent, et auquel l’Eglise Catholique ne s’est associée qu’en 2015, pape écolo oblige. Ironie du sort, l’Eglise qui prétendait se « démondaniser » est de plus en plus à la traîne du monde (lire: des officines de l’ONU). L’analyse de Riccardo Cascioli.

Pour mémoire

Un Temps de la Création à vivre cette année comme un “Jubilé pour la Terre”

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Dans une déclaration conjointe publiée ce mardi 25 août les présidents de la Conférence des Églises Européennes et du Conseil des Conférences Épiscopales Européennes appellent à vivre le Temps de la Création, prévu du 1er septembre au 4 octobre, comme un temps de vigilance particulière à l’environnement, en tirant les leçons de la pandémie.

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25 août 2020, https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-08/conference-episcopale-europe-temps-saison-creation-jubile-terre.html

Temps de la Création, temps de panthéisme

Riccardo Cascioli
La NBQ
26 août 2020
Ma traduction

Le temps des vacances touche à sa fin et l’on voit revenir, inexorable, le « Temps de la création », un rite substantiellement païen que les confessions chrétiennes, unies, offrent à leurs fidèles. Tout a commencé en 1989 lorsque le patriarche œcuménique Dimitrios Ier a proclamé pour les orthodoxes le 1er septembre une Journée de prière pour la création. Le Conseil œcuménique des Églises , qui regroupe 350 confessions chrétiennes, a suivi avec enthousiasme. Et, toujours à la recherche d’un point d’unité entre les chrétiens autres que Jésus Christ, elle a décidé de transformer la Journée en « Temps de la création », prolongeant la célébration du 1er septembre au 4 octobre, fête de Saint François.

Les catholiques pouvaient-ils se retirer de cette possibilité de chemin œcuménique ? Non, bien sûr: et depuis 2015, l’Église catholique a également adhéré au « Temps de la création », elle est même devenue le leader, avec l’encyclique Laudato Si‘ pour agir comme une étoile polaire.

Cette année, le thème – décidé par un ‘Comité directeur œcuménique’ – est « Jubilé pour la terre » et hier, pour en faire l’heureuse annonce, est venue la déclaration commune de la CEE (Conférence des Églises européennes) et du CCEE (Conseil des Conférences épiscopales catholiques européennes, présidé par le cardinal Angelo Bagnasco) [en français: https://www.egliseverte.org/actualites/saison-de-la-creation-2020-2/].

Dans sa banalité, la déclaration révèle deux aspects typiques du panthéisme chrétien aujourd’hui dominant, qui rendent l’approche du thème de l’environnement indissociable de celle de l’écologisme radical qui considère l’homme comme le véritable ennemi de l’environnement.

Premier problème: on parle de Création, mais le Créateur n’est cité » qu’au début. « La création est un don de Dieu pour l’humanité », lit-on dans la déclaration commune, une création déjà accomplie et définitive depuis le début. Après quoi c’est à l’homme d’y penser avec sa responsabilité de « garde ». (sous-entendu : la garder tel qu’elle nous a été livrée). C’est une position maintes fois répétée, de différentes manières, également par nos évêques, mais qui est plus proche d’une conception animiste que d’une conception catholique. Ici s’estompe le concept d’homme qui, à travers le travail, poursuit l’œuvre créatrice de Dieu (voir l’encyclique de St. Jean-Paul II Laborem Exercens, 1981), et est donc appelé à « soumettre la terre » selon le plan divin; ce qui est affirmé, par contre, c’est l’idéal animiste qui est en substance celui de préserver le monde tel qu’il nous a été donné, sous peine de la malédiction des esprits. Ce n’est pas pour rien que nos pasteurs ne manquent pas l’occasion de parler du Covid comme d’une malédiction pour avoir abusé de la nature (et non, finalement, pour avoir péché contre Dieu).

Nous traiterons bientôt de manière plus analytique de la relation de cause à effet supposée entre l’abus de la nature et la pandémie, mais un minimum de sens critique suffirait pour se rendre compte de l’incohérence absolue des arguments avancés à l’appui de cette thèse. Le fait est que le « Jubilé pour la Terre », thème de cette année, veut appeler précisément à la réparation des dommages causés par l’homme, ce qui nécessite évidemment la « conversion écologique ». Traduit, cela signifie se convertir au panthéisme : si nous voulons mieux comprendre, retournons à la relecture de ce qui a été écrit et dit au moment du Synode de l’Amazonie.

La deuxième question est étroitement liée : le mot magique pour réaliser cette conversion écologique est « développement durable » ou, en termes plus généraux, « durabilité ». Ainsi, le Jubilé, concept « enraciné dans la Bible », se traduit par « équilibre juste et durable entre les réalités sociales, économiques et écologiques ». Mais le développement durable, qui est entré de force dans le Magistère grâce à « Laudato si’« , contrairement à ce que l’on pense, est un concept né précisément en haine de l’homme, considéré comme le problème qui a créé un déséquilibre dans l’écosystème, mettant en danger la vie de la planète.

Ce n’est pas pour rien que les piliers des politiques de développement durable, depuis la Conférence internationale de Rio de Janeiro (1992), consistent à ralentir ou à bloquer l’impact de la présence humaine dans le monde. Quantitativement, avec les politiques de contrôle des naissances dans les pays pauvres; et qualitativement, avec le frein à la croissance économique dans les pays riches, accusés de consommer trop de ressources.

Depuis plusieurs années, pour nous « éduquer » sur ce concept, on a également créé le « Overshoot Day » (le jour du dépassement), le jour où la planète vit sur les « réserves », c’est-à-dire qu’elle est débitrice en termes de ressources. Avec des procédures pseudo-scientifiques, on calcule la quantité de ressources consommées par les hommes (évidemment presque toutes dans les pays riches) par rapport à celles que la nature est capable de régénérer, et donc chaque année on répète l’alarme sur une situation qui s’aggrave évidemment et de façon catastrophique. Si en 1971, le jour du dépassement tombait le 21 décembre (seulement dix jours de dette écologique), en 2019, c’était le 29 juillet.

Et cette année ? « Grâce aux mesures de confinement prises pour stopper la pandémie de coronavirus, le jour du dépassement 2020 tombe le 22 août, soit trois semaines plus tard que 2019 ».

Courage, à ce rythme, il ne faudra que sept ans de lockdown pour retrouver l’équilibre : le système économique s’effondrera, des gens mourront, mais tout cela ramènera la population mondiale à la taille souhaitée, pour sauver la planète. Avec la bénédiction des confessions chrétiennes, l’Église catholique en tête.

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