Le sujet (polémique) de l’encyclique à peine publiée avait fait l’objet d’un petit livre publié par le jeune théologien en 1962, « Frères dans le Christ« . Pour alimenter le débat (et non la polémique), un lecteur a eu la gentillesse de m’en envoyer quelques pages, précédé de son très bref commentaire.

Voici quelques extraits du livre de Joseph Ratzinger « Frères dans le Christ », sur la fraternité chrétienne. Ils sont, hélas, très loin de ce qu’on peut lire dans l’encyclique.

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Je précise qu’il ne s’agit pas vraiment d’un résumé totalement représentatif de sa pensée, mais de quelques extraits (qui certes heurtent de front le contenu de la nouvelle encyclique), et qui sont appuyés sur une étude attentive de la Parole de Dieu.
Il me semble (je n’ai relu que mes notes et non l’ensemble de l’ouvrage) que Joseph Ratzinger ne nie pas qu’on puisse évoquer une certaine fraternité pour tous les hommes du fiat de notre création par Dieu ; mais il évoque clairement que cette fraternité est très insuffisante, et que pour être réellement profonde, elle doit être vécue dans le Fils unique, Jésus. D’où les citations ci-jointes qui montrent qu’une fraternité étendue à tous est finalement vide de sens ; en tout cas ce n’est pas ce que disent les auteurs du Nouveau Testament…

(Les caractères gras sont de moi)

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C.

Frères dans le Christ

Joseph RATZINGER, Frères dans le Christ ; l’esprit de la fraternité chrétienne,
Paris, Les éditions du Cerf, 1962, 117 pages

(Joseph Ratzinger)

« L’héritage intellectuel de l’Aufklärung [les Lumières, ndr] européenne a un rapport étroit avec cette idée d’une fraternité unique et universelle. C’est même par l’Aufklärung, doit-on dire, que les idées exposées ici sont systématisées de façon radicale et trouvent à l’extérieur une diffusion efficace. La révolution française écrit « Liberté, Égalité, Fraternité » sur ses drapeaux et fait, dès lors, de l’égalitaire sentiment fraternel de tous les hommes un programme de politique révolutionnaire. Que cette qualité de frères tire son origine de la paternité commune de Dieu, c’est là une idée qui, dans l’Aufklärung, passe à l’arrière-plan.


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