FOR-MI-DABLE argumentaire de Riccardo Cascioli – au moment où les italiens sont à leur tour confrontés à la menace de devoir exhiber un passeport sanitaire (ici appelé Green Pass pour souligner l’alignement absolu avec les directives de l’UE), autrement dit une obligation vaccinale camouflée, pour toutes les démarches de la vie quotidienne: « Les personnes non vaccinées sont dangereuses, non pas parce qu’elles sont porteuses d’infections mortelles, mais parce qu’elles sont hors de contrôle, ce qu’une société qui se transforme rapidement en un régime totalitaire ne peut tolérer ». S’opposer au passeport sanitaire devient ainsi une bataille contre ce totalitarisme qui est en train de s’affirmer partout en Europe.

Je ne me ferai pas vacciner, venez donc me chercher

Riccardo Cascioli
La NBQ
22 juillet 2021
Ma traduction

Puisque la chasse à ceux qui ne veulent pas se faire vacciner contre le Covid est désormais déchaînée et que la campagne de haine envers ceux qu’on appelle avec mépris les « no vax » atteint des niveaux sans précédent, j’ai décidé de me dénoncer: je ne me ferai pas vacciner, venez me chercher si en plus de faire les lions de clavier ou les généraux de proclamations, vous avez le courage d’une rencontre physique, réelle.

Mais en attendant, commençons à clarifier les choses : je ne suis pas du tout « no-vax », tout comme la grande majorité de ceux qui n’ont pas l’intention de se faire vacciner contre le Covid. Non seulement j’ai reçu tous les vaccins prescrits par l’Italie, mais ayant voyagé un peu partout dans le monde, j’ai sans problème reçu tous les vaccins et la prophylaxie nécessaires. Cela ne m’a pas empêché, comme c’est logique, de garder quelques « souvenirs de santé » de ces voyages, pour me rappeler que les vaccins et la prophylaxie ne font pas de nous des surhommes immortels, mais qu’ils ont leurs marges de risque.
En outre, comme « Boussole », nous avons toujours soutenu l’importance des vaccinations essentielles dans les pays en développement, où les gens meurent très jeunes de maladies qui sont largement vaincues ici.

Mais il y a vaccination et vaccination : ces apôtres du vaccin croient-ils vraiment que les milliers d’agents de santé en Italie qui risquent leur emploi et leur carrière pour éviter la vaccination sont de dangereux extrémistes ou des crédules qui s’abreuvent à des sources peu fiables ?

Nous-mêmes, à la Bussola, avons toujours soutenu qu’il existe des catégories de personnes auxquelles on peut reconnaître l’état de nécessité et ensuite, en évaluant le rapport risque-bénéfice, recommander de se faire vacciner. Mais justement : conseiller, peut-être recommander, et en tout cas sous certaines conditions. Certainement pas obliger. Et cela ne concerne qu’une partie de la population, celle dont il a été démontré qu’elle était la plus menacée en cas d’infection par le Covid.

Mais il est clair que depuis longtemps, la question du Covid a cessé d’être un problème de santé pour devenir un instrument politique. C’est la seule façon d’expliquer la fureur, le mépris et la haine à l’encontre de ceux qui s’opposent à la vaccination obligatoire. C’est la seule façon d’expliquer l’irrationalité totale de certaines positions dogmatiques.

Je ne me fais pas vacciner pour de nombreuses raisons, trois en particulier : parce que les risques sont plus grands que les bénéfices ; parce qu’il y a un problème éthique ; parce que, vu l’objectif politique évident du Green Pass, c’est aussi devenu une bataille pour défendre la liberté.

Je résume le premier point : tout d’abord, pour autant qu’il soit souhaitable de ne pas tomber malade du Covid, et bien qu’en lisant les journaux il semblerait qu’au moins la moitié de l’Italie soit infectée, ma probabilité d’infection est très faible, tant en raison de mon style de vie personnel (j’ai une faible propension aux rassemblements) qu’en raison des données objectives : le bulletin d’hier soir signalait qu’en Italie il y a un peu plus de 51 000 infectés (infectés, pas malades), soit 0,08% de la population italienne. Et seule une très faible proportion d’entre eux a été hospitalisée pour des symptômes quelconques : 1 194 (2,3 % des personnes infectées, 0,002 % de la population italienne). Cependant, en lisant les journaux et en écoutant la télévision, les politiciens et divers influenceurs, on a le sentiment qu’une nouvelle vague a effectivement redémarré. Eh bien, on est étonné de constater que l’on assiste à une baisse considérable du nombre de patients Covid : au 1er juillet, par exemple, on comptait 1 532 « hospitalisés avec symptômes ». Cela signifie qu’en 20 jours, il y a eu une diminution de 22%. Il en va de même pour les unités de soins intensifs, qui sont passées de 229 à 158 en 20 jours (-31%).

Si, toutefois, je suis infecté, je sais que je peux compter sur un traitement précoce, qui – nous en avons de nombreuses preuves – donne d’excellents résultats. Bien sûr, il n’y a aucune garantie que nous ne mourrons pas de toute façon du Covid, mais il en va de même pour les vaccins, comme nous le constatons ces derniers mois. Je dois agir avec prudence et raison, mais pas poussé par la peur de mourir. Au contraire, je dois toujours être conscient que ma vie est en définitive confiée à Dieu (il est le Seigneur de la vie et de la mort), et non aux médicaments, aux virologues, aux généraux (ou même aux prêtres).

Face à cette faible probabilité de contagion, le risque est évident pour les vaccins expérimentaux, dont les bugiardini [notices des médicament. La racine « bugiardo » – menteur – est une allusion ironique à leur faible crédibilité] sont mis à jour au fur et à mesure que les vaccinés enregistrent des effets indésirables graves, voire mortels, dont les effets à long terme sont inconnus et dont l’efficacité réelle reste à démontrer.

Sur la question éthique, il est facile de dire : il ne s’agit pas d’établir à quelle distance se trouve la coopération au mal réalisée par ceux qui ont pratiqué ces avortements dont les cellules ont été prélevées et qui, reproduites des millions de fois, ont contribué à la création de ces vaccins. Nous prenons cette distance pour acquise. Mais comme l’a rappelé le récent document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, même dans ce cas, la licéité de l’utilisation de ces vaccins est liée à l’existence de certaines conditions, dont un état de nécessité (qui ne pourrait tout au plus être le cas que pour une partie de la population) et la pression exercée sur les hommes politiques et les entreprises pharmaceutiques pour qu’ils cessent d’utiliser des cellules provenant de fœtus avortés. Ce dernier point en particulier est important car nous sommes dans un contexte – comme nous l’avons déjà expliqué en détail – où l’utilisation d’embryons pour la recherche et de cellules provenant de fœtus avortés se développe et est de plus en plus considérée comme normale. Ne rien dire à ce sujet est une grave omission.

Mais cela dit, il est clair que la question de la santé est depuis longtemps – peut-être depuis le début – reléguée au second plan, elle n’est qu’un prétexte pour affirmer autre chose. Comme l’a si bien résumé récemment le philosophe Giorgio Agamben, « dans le Green Pass, ce n’est pas la santé qui est en jeu, mais le contrôle de la population ». Parvenir à un régime d’apartheid avec le nombre de personnes infectées et malades mentionné plus haut serait une pure folie s’il n’y avait pas de projet plus ambitieux. Il serait tout aussi insensé de vacciner les jeunes et les enfants qui, pour le Covid, ont un taux de mortalité pratiquement nul.

Les personnes non vaccinées sont dangereuses, non pas parce qu’elles sont porteuses d’infections mortelles, mais parce qu’elles sont hors de contrôle, ce qu’une société qui se transforme rapidement en un régime totalitaire ne peut tolérer. Même si 100% de la population était vaccinée, le virus ne disparaîtrait pas, à la fois parce qu’il produit toujours de nouveaux variants, dont certains sont probablement causés par les vaccins eux-mêmes, et ne sont pas contrôlés par eux, et parce que le virus circule dans le monde entier.
D’ailleurs, il a toujours été clair que les vaccins ne peuvent pas éradiquer le Covid, mais peuvent en minimiser les effets. Les événements de ces derniers jours montrent que les vaccinés deviennent eux-mêmes infectés et contagieux, de sorte que les Green Pass sont tout sauf un certificat de sécurité sanitaire.

En outre, le Green Pass est valable pendant 270 jours à compter de l’inoculation de la deuxième dose de vaccin. Eh bien, en Italie, les deuxièmes doses ont commencé le 17 janvier, ce qui signifie qu’à partir du 14 octobre, les premières personnes « vaccinées » ne seront plus couvertes par le Green Pass et que, d’ici Noël, plus de trois millions de personnes vaccinées se retrouveront à nouveau découvertes et donc exclues des lieux publics, des restaurants, des trains, des avions, etc. Que va-t-il se passer ? Le Green Pass servira à pousser à la troisième dose, puis la quatrième, et ainsi de suite.

Ceux qui se font vacciner non pas en raison d’un choix sanitaire raisonné, mais en pensant retrouver leur liberté, auront bientôt une amère surprise. Au contraire, dire non au Green Pass et aux vaccins obligatoires est désormais un combat pour la liberté contre un régime qui gagne du terrain sous les applaudissements enthousiastes de ses victimes.
La pression en faveur de la vaccination présente également une analogie troublante avec l’exigence des premiers siècles de brûler de l’encens à l’empereur pour la liberté de culte. De nombreux catholiques ont déjà décidé de le faire et ils qualifient même cela de charité. Mais nous, nous ne brûlerons pas d’encens à l’empereur.

Je reste là à vous attendre.

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