L’avalanche de Motu Proprio ne faiblit pas, et certains parmi les moins « bergogliophobes primaires » ressentent de plus en plus les symptômes de l’overdose. A propos du dernier en date, Ad charisma tuendum, qui réforme le statut de l’Opus Dei (presque tous les cathos s’en fichent… et n’y a-t-il pas de problèmes plus urgents à régler dans l’Eglise? ou bien le Pape veut-il absolument laisser sa marque PARTOUT avant de prendre congé?), le rédacteur du blog argentin The Wanderer s’amuse d’un édito très critique du « tout sauf traditionaliste » directeur du quotidien espagnol La Razon (que wikipedia qualifie pourtant de « journal de droite, nationaliste, royaliste et catholique…. ‘le plus réactionnaire des quotidiens espagnols’ « , mais ce n’est apparemment pas l’avis de The Wanderer – et ce n’est pas ce que suggère le journaliste lui-même).

Je n’aime pas ce pontificat, car je déteste le populisme, son manque d’intérêt pour l’Espagne, un révisionnisme basé sur l’ignorance historique et un indigénisme mal compris. Cette obsession permanente de faire amende honorable pour ce que ses prédécesseurs ont fait ou de capituler face à ceux qui étaient considérés comme des hérétiques et qui ont causé de profonds dommages au christianisme est incompréhensible.

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Francisco Marhuenda

Editorial de La Razon, 23 juillet

Le 14 juillet 2022 le pape François modifie le statut de l’œuvre par le motu proprio « Ad charisma tuendum ». Le dicastère de référence pour l’Opus Dei ne sera plus celui des évêques mais celui du clergé. Le prélat, la plus haute autorité de l’Opus Dei ne pourra plus être nommé évêque.

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wikipedia

Depuis quelque temps, les méfaits du pape François suscitent l’antipathie de ceux qui étaient auparavant ses amis. 
Le tout sauf traditionaliste Francisco Marhuenda, directeur de La Razón (Espagne), en est un bon exemple dans 
ce savoureux éditorial .

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http://caminante-wanderer.blogspot.com/2022/07/la-palmada-pontificia-al-opus-dei.html

L’arbitraire du Saint-Père

Francisco Marhuenda
23 juillet 2022
www.larazon.es/opinion/20220723 (via The Wan,derer)

On doit reconnaître que les décisions du pape François sont aussi surprenantes qu’injustes et arbitraires. Je n’ai rien à voir, directement ou indirectement, avec l’Opus Dei, mais sa décision de modifier ce que saint Jean-Paul II a établi montre le peu de sympathie qu’il a pour cette institution de l’Église. Aucune raison objective ne justifie une telle absurdité, au-delà des phobies excentriques d’un pape jésuite pour lequel même les jésuites n’ont aucune sympathie. En tant que catholique, j’ai une énorme liberté d’exprimer mon opinion et même de critiquer les décisions prises par le Saint-Père lorsqu’elles n’affectent pas la foi. Dans ce cas, il s’agit de savoir comment il réorganise l’Eglise en contradiction avec ce que saint Jean-Paul II ou Benoît XVI ont fait. Je n’aime pas ce pontificat, car je déteste le populisme, son manque d’intérêt pour l’Espagne, un révisionnisme basé sur l’ignorance historique et un indigénisme mal compris. Cette obsession permanente de faire amende honorable pour ce que ses prédécesseurs ont fait ou de se rendre à ceux qui étaient considérés comme des hérétiques et qui ont causé de profonds dommages au christianisme est incompréhensible.

Au cours de ces années, il n’a pas eu le temps de visiter l’Espagne, qui est l’un des pays catholiques les plus importants de l’histoire. Pas même lorsqu’on célébrait l’anniversaire de Sainte Thérèse de Jésus. Ce désintérêt est aussi cinglant qu’il est révélateur de sa vision particulière du rôle de l’Église à notre époque. Il n’a ni la stature intellectuelle de son prédécesseur, ni le charisme irrésistible et la vision historique du pape polonais. L’Église est une œuvre de Dieu dirigée par des hommes qui se trompent parfois. Heureusement, les succès au cours de l’histoire ont été énormes et son héritage est le fondement de l’Europe et de sa civilisation, ainsi que d’une évangélisation, qui apparemment ne lui plaît pas et qu’il implore de pardonner, qui a permis un monde bien meilleur. Je ne suis pas surpris qu’il soit très à l’aise avec le péronisme ou sa regrettable évolution en kichnérisme. Il a mis en place une série de mesures pour imposer ses idées, aussi politiques que mondaines, qu’il ne s’applique pas à lui-même. Je comprends qu’un Pape puisse amender un prédécesseur quand la réalité le rend nécessaire, pour quelque raison que ce soit, mais je ne le comprends pas quand c’est l’expression de la désaffection qu’il ressent pour d’autres charismes.

Il était très significatif qu’il n’ait pas accordé le statut d’évêque au prélat de l’Opus Dei, l’un des mouvements les plus importants de l’Église, et nous savons maintenant pourquoi. Je ne suis pas du tout du côté conservateur du catholicisme, bien au contraire, mais j’ai toujours rejeté et je continuerai à rejeter l’injustice et l’arbitraire. L’arrivée du cardinal Jorge Bergoglio sur le trône papal m’a réjoui, mais il ne m’a pas fallu longtemps, après avoir vu sa sympathie pour Cristina Kirchner, pour me sentir triste, puis déçu. Mon attitude critique m’a valu de devenir immédiatement un paria dans les médias de l’Église. Les lèche bottes papaux [?? Los pelotas papales], qui ont peu ou pas de sympathie pour lui, ont décidé d’être plus papistes que le Pape. Je dois avouer qu’il me laisse indifférent et que je n’ai jamais voulu rectifier ma position critique. Bien sûr, l’argent est un puissant seigneur. Il faut faire des mérites pour plaire à l’évêque de Rome, même s’il est très faillible dans ses décisions humaines, et à ses représentants en Espagne.

L’indépendance est fondamentale. Je peux l’exercer sans avoir à dire ou à écrire ce avec quoi je ne suis pas d’accord. Ceux qui se plient à des décisions injustes devraient être plus attentifs à Jésus-Christ. Je crains que beaucoup d’entre eux n’aient qu’une connaissance superficielle des Saintes Écritures. En tant qu’historien, après avoir observé de près les décisions du pape François, je me demande ce que nous devons faire de l’œuvre de ses prédécesseurs. On peut les critiquer ou les amender, mais en revanche avec lui, on doit lui accorder une foi aveugle ? Est-il le seul à détenir la vérité révélée ? Doit-on jeter la doctrine des conciles à la poubelle ? Au-delà de l’abandon des bureaux papaux pour s’installer à Santa Marta, du fait d’être toujours prêt à rechercher la sympathie des journalistes anticatholiques et de la gauche radicale, de l’ignorance de l’Espagne ou de l’exclusion et de la marginalisation de ceux qui ne l’aiment pas, je ne sais pas quelle est l’œuvre et l’héritage du pape François.

D’emblée, j’ai suivi son travail avec grand intérêt, espérant qu’il serait le successeur de saint Pierre dont l’Église avait besoin en ces temps troublés, mais je me sens très déçu. Il est vrai qu’il reçoit les applaudissements de ceux qui n’iront jamais à l’église, des athées et des populistes, mais il a tort. Ce n’est pas la bonne voie. Il pourrait finir par obtenir le contrôle total, comme il semble le rechercher avec les nominations qu’il fait, en pensant à sa succession et en l’organisant selon sa vision particulière.

J’espère que nous serons surpris et que, le moment venu, nous aurons un pape véritablement progressiste [!!], doté de la solidité intellectuelle et du charisme dont le catholicisme a besoin pour faire avancer l’œuvre de Dieu pour le bien de l’humanité. Le monde n’a pas besoin de plus de populistes, qu’ils soient politiciens ou papes, peu importe, mais de visionnaires exceptionnels au service de l’humanité. L’histoire de la papauté nous montre qu’à un Saint-Père qui se trompe dans ses décisions, parfois prises pour des motivations excessivement humaines, succède un autre qui met l’Église sur la bonne voie au service de l’humanité. Le Pape devrait réfléchir aux raisons pour lesquelles l’Eglise recule et ne reçoit que les applaudissements de ceux qui voudraient la détruire. Tant qu’il persistera dans le populisme et l’arbitraire, je le critiquerai respectueusement, en faisant usage de mon libre arbitre, et en suivant ce que beaucoup ont fait depuis Jésus-Christ jusqu’à aujourd’hui.

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