The Wanderer, relevant quelques faits, anodins ou pas, survenus récemment au Vatican, y trouve d’une part une illustration de la stratégie du Pape « qui met le clignotant à droite avant de tourner à gauche » (ou l’inverse!), et de l’autre la confirmation que son pontificat va irrémédiablement vers son déclin, et surtout dans l’indifférence générale: qui se soucie encore de ce qu’il dit?

Un (ou deux?) clown(s) au Vatican

Une BD version François (*)

The Wanderer
28 juin 2021
Traduction de Carlota

Une vignette [de BD] francisquista. Certains faits plus ou moins anodins, éventuellement quotidiens, survenus la semaine dernière, montrent clairement d’une part, quelle est la stratégie du pape François et, d’autre part, le déclin irrémédiable de son pontificat.

La stratégie, comme nous l’avons répété jusqu’à l’usure sur ce blog, est typique du péronisme, et peut être synthétisée dans une phrase du général Juan Péron lui-même: « Mettre le clignotant à gauche et tourner à droite », ou une autre de Nestor Kirchner: « Regardez ce que je fais et non pas ce que je dis. »

Lors de l’audience générale de mercredi dernier, le Saint-Père a notamment déclaré:

Effectivement, ne manquent pas non plus aujourd’hui des prédicateurs qui, surtout via les nouveaux médias, peuvent troubler les communautés. Ils ne se présentent pas en premier lieu pour annoncer l’Évangile de Dieu qui aime l’homme en Jésus Crucifié et Ressuscité, mais pour redire avec insistance, comme véritables « gardiens de la vérité », – c’est ainsi qu’ils s’appellent -,  quelle est la meilleure façon d’être chrétiens. Et ils affirment avec force que le vrai chrétien est celui auquel ils sont liés, chrétien souvent identifié à certaines formes du passé, et que la solution aux crises actuelles est de revenir en arrière pour ne pas perdre l’authenticité de la foi. Aujourd’hui encore, comme autrefois, se présente la tentation de s’enfermer dans quelques certitudes acquises dans les traditions passées. Mais comment pouvons-nous nous identifier à eux? Par exemple, l’un des traits de leur façon de procéder est la rigidité. Face à la prédication de l’Évangile qui nous rend libres, nous rend joyeux, eux ce sont les rigides. Toujours avec rigidité: il faut faire cela, il faut faire ceci…La rigidité est propre à ces gens-là.

Il s’agit d’une attaque ouverte et frontale contre nous les groupes conservateurs et traditionalistes qui,  des médias alternatifs, – c’est-à-dire des blogs et des vidéos Youtube principalement -, remettons continuellement et sévèrement en question son pontificat. Il ne lui manquait que de donner les noms que, d’autre part, nous connaissons tous. Et l’un d’entre eux, – j’en profite pour le remercier pour ses mentions continues à cette page -, c’est Specola [rédacteur du site InfoVaticana], qui nous commente quotidiennement, avec la connaissance que seul un expert peut avoir, les nouvelles du Vatican.

Quelle effet ont eu ces aboiements (ndt sic !) pontificaux à droite ou dans le monde traditionnel ? Aucun puisque presque plus personne ne lit ou n’écoute François car personne ne le croit. Fini son charme, qui fut toujours une imposture, et avec lui son pontificat. Il s’agit de verbiages qui au mieux servent à apaiser le petit reste de néo-conservatisme et à confondre avec le bruit et les lumières de feux d’artifice ce qu’il faisait en réalité.

Et le même jour Il giornale publiait un article bien informé qui annonçait que « la messe latine était blindée »; en bref, qu’il n’y aura aucun changement dans les dispositions du motu proprio Summorum Pontificum et que les choses continueront comme avant. La nouvelle circulait depuis quelques jours dans les couloirs des Sacri Palazzi, et ce n’était pas que des rumeurs. La veille, le site officiel du Vatican avait publié les nouvelles dispositions pour les célébrations liturgiques dans la basilique Saint-Pierre, celles qui avaient été pratiquement abolies par le Secrétariat d’État. Son archiprêtre, le cardinal Gambetti, ré-autorise dans la pratique la célébration de messes privées et autorise explicitement la célébration de la messe traditionnelle en affirmant que « tout doit être fait pour satisfaire pleinement le souhait des fidèles et des prêtres » qui préfèrent ce rite.

De plus, presqu’en même temps qu’était connue cette nouvelle réglementation, la Secrétairerie d’État faisait une réclamation auprès de l’État italien à propos de la fameuse loi Zan qui promeut l’idéologie du genre dans les écoles, invoquant les accords entre les deux États, ce qui, on le sait, a provoqué un tollé. 

Pour résumer, le pape François a tourné à droite mardi, et a mis le clignotant à gauche mercredi.

Je disais en commençant que l’audience de mercredi avait aussi été une claire démonstration du grotesque déclin de son pontificat. Il y a quelques années, les mots durs que nous avons reproduits, sur les rigidités de certains catholiques auraient occupé la couverture de tous les journaux du monde, les religieuses et les curés bruts de fonderie et les évêques godillots organiseraient déjà des retraites et des journées de réflexion diocésaines sur la problématique de la rigidité dans l’Église et sur les moyens de les adoucir. Mais que reste-t-il de cette audience? Quel a été le souvenir mémorable qui a fait la une des quotidiens et portails d’information et, bien sûr, des commentaires des couvents et des curies? La rencontre du successeur de Pierre avec l’homme-araignée. Ou comme on peut le lire ici Spiderman (ndt le personnage est en fait un Italien de 27 ans, qui fait bénévolement des séances récréatives auprès des enfants malades dans les hôpitaux), un personnage de dessin animé, est capable de voler toute l’attention d’un long discours pontifical agressif. Bien que, en y repensant et en tournant le regard sur les pontifes précédents, je pense que la photo dépeint non pas un mais deux personnages de dessins animés.

Post scriptum

(*) Sur son blog, AM Valli commente l’article du vagabond argentin en des termes que je fais totalement miens:

Ces derniers jours, nous avons encore eu la preuve que ce qui caractérise le pontificat de François est l’ambiguïté. Tant en ce qui concerne la loi Zan, que les célébrations vetus ordo dans la basilique vaticane, les milieux conservateurs et traditionalistes ont cru voir des signes encourageants dans les dernières décisions du Vatican, mais, comme d’habitude, il s’agit juste de mettre le clignotant à droite avant de tourner à gauche, pour paraphraser un dicton péronien typique, rappelé avec justesse dans l’article.

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En ce qui concerne la loi Zan et la question LGBT, l’orientation papale a été explicitée d’une part par la lettre manuscrite envoyée au jésuite pro-LGBT James Martin

Et aussi par les mots de François lors de l’Angélus:

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« Arrêtons de juger les autres… Ne jugez pas et laissez vivre, aimez les autres et essayez de vivre avec amour ».

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En ce qui concerne les messes vetus ordo, c’est l’os habituel jeté à une partie de l’Église pour la faire taire, mais sans changer la substance de la ligne papale.

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Quoi qu’il en soit, et quelle que soit l’opinion que l’on en ait, la parole du pape est devenue insignifiante. Elle ne fait plus les titres. En partie à cause des revirements, en partie à cause de la répétitivité, elle n’est pas prise en considération.

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Sous cet angle aussi, l’article du site caminante-wanderer parle clairement. Et nous invite à réfléchir à la crise de l’autorité papale, héritage dramatique de ce pontificat.

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https://www.aldomariavalli.it/2021/06/28/mettere-la-freccia-a-destra-e-girare-a-sinistra-il-metodo-bergoglio-e-la-crisi-dellautorita-papale/
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